Le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme lance une nouvelle stratégie opérationnelle
Organisation Mondiale de la Santé*
Photo Une mère et son bébé à côté d'une moustiquaire imprégnée d'insecticide distribuée par l'UNICEF. [UNICEF/Jan Grarup]
À l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril, le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme de l'OMS a publié une nouvelle stratégie opérationnelle décrivant ses priorités et ses principales activités jusqu'en 2030 pour contribuer à modifier la trajectoire des tendances du paludisme et à atteindre les objectifs mondiaux en la matière. La stratégie définit quatre objectifs stratégiques sur lesquels l'OMS concentrera ses efforts, notamment l'élaboration de normes et de standards, l'introduction de nouveaux outils et d'innovations, la promotion d'informations stratégiques pour l'impact, et la direction technique de la riposte mondiale au paludisme.
Ces dernières années, les progrès vers les cibles essentielles de la stratégie technique mondiale de l'OMS contre le paludisme 2016-2030 ont marqué le pas, en particulier dans les pays où la charge de morbidité est élevée. On estime à 608.000 le nombre de décès liés au paludisme en 2022 et à 249 millions le nombre de nouveaux cas de paludisme dans le monde, les jeunes enfants d'Afrique étant les plus touchés par la maladie.
Des millions de personnes continuent d'être privées des services dont elles ont besoin pour prévenir, détecter et traiter le paludisme. En outre, les progrès de la lutte mondiale contre le paludisme ont été entravés par le manque de ressources, les crises humanitaires, le changement climatique et les menaces biologiques telles que la résistance aux médicaments et aux insecticides.
« Il est urgent de modifier la riposte mondiale au paludisme dans l'ensemble de l'écosystème du paludisme afin de prévenir les décès évitables et d'atteindre les objectifs de la stratégie mondiale de lutte contre le paludisme de l'OMS », note le Dr Daniel Ngamije, directeur du Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme (PML). « Ce changement doit viser à s'attaquer aux causes profondes de la maladie et s'articuler autour de l'accessibilité, de l'efficacité, de la durabilité, de l'équité et de l'intégration. »
Le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme de l'OMS joue un rôle important dans la conduite de l'action visant à contrôler et à éliminer la maladie dans le monde entier. Grâce à ses actions directes et à ses réseaux, dont une présence dans 150 pays, le programme est bien placé pour façonner l'écosystème du paludisme et avoir un impact au niveau des pays.
La nouvelle stratégie opérationnelle comprend quatre objectifs stratégiques.
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Élaborer et diffuser des normes et des standards. Les recommandations techniques fondées sur des données probantes sont la pierre angulaire de la lutte contre le paludisme. Les orientations normatives permettent de traduire ces données en actions en alignant les pays et les partenaires sur une vision technique et une orientation stratégique communes. Le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme a pour responsabilité essentielle d'orienter le programme de recherche et d'analyser les données probantes susceptibles d'éclairer la politique mondiale.
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Stimuler le développement et l'introduction en temps utile de nouveaux outils et d'innovations. Bien que des progrès supplémentaires puissent être réalisés avec les outils actuellement disponibles, de nouvelles interventions sont nécessaires pour accélérer les progrès et contrer les menaces émergentes. Le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme joue un rôle essentiel en facilitant l'évaluation et l'introduction de nouveaux outils de lutte contre le paludisme. Il travaille en étroite collaboration avec de multiples partenaires afin de fournir une base de données probantes pour éclairer l'efficacité de leur mise à l'échelle.
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Promouvoir l'utilisation d'informations stratégiques à des fins d'impact. Le travail du Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme qui consiste à surveiller, à évaluer et à rendre compte des tendances en matière de fardeau, de contrôle et d'élimination du paludisme, oriente les priorités et la prise de décision à tous les niveaux, des acteurs nationaux aux donateurs internationaux et aux autres partenaires. Le travail de l'OMS comprend également le suivi de l'équité au niveau mondial et national, ainsi que le soutien à l'évaluation des obstacles locaux afin de mieux comprendre qui est exclu des interventions antipaludiques.
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Assurer la direction technique de la riposte mondiale au paludisme. L'OMS dirige et coordonne le programme sanitaire des Nations Unies aux niveaux nationaux et mondial. L'Organisation a pour responsabilité essentielle de réunir les principales parties prenantes, de définir et de défendre les activités prioritaires et de donner aux communautés et aux individus les moyens d'accéder à des services de santé de qualité. Le Programme Mondial de Lutte contre le Paludisme incarne cette fonction essentielle de l'OMS dans l'écosystème du paludisme.
Trois principes axés sur l'équité guident la nouvelle stratégie opérationnelle :
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L'appropriation et la direction par les pays, avec une approche de l'ensemble du gouvernement et de l'ensemble de la société. Les efforts de lutte contre le paludisme doivent être entièrement pris en charge et dirigés par les pays, avec un investissement adéquat des ressources nationales et une réponse multisectorielle. Une réponse menée par les pays favorise en outre une gouvernance inclusive, la responsabilisation et des interventions spécifiques adaptées aux contextes locaux.
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Des systèmes de santé résilients pour assurer le succès des actions nationales de lutte contre le paludisme. La fourniture de services de lutte contre le paludisme repose sur un système de soins de santé primaires solide, capable de répondre aux nouveaux besoins et de fournir des soins de qualité à toutes les personnes, y compris celles qui sont infectées par le paludisme.
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L'équité dans l'accès à des services de santé de qualité. Tous les efforts de lutte contre le paludisme doivent être ancrés dans les principes d'équité, d'égalité des sexes et de droits de l'homme afin de garantir que les plus vulnérables soient protégés et aient accès à des services de santé de qualité, y compris aux interventions et à l'information sur le paludisme.
L'équité dans l'accès aux services antipaludiques est au cœur de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme de cette année, dont le thème est « Accélérer la lutte contre le paludisme pour un monde plus équitable ». Il s'agit également d'un principe central de la déclaration de Yaoundé, signée en mars 2024 par les ministres africains de la santé de certains des pays les plus durement touchés par le paludisme.
En signant cette déclaration, les ministres se sont engagés, entre autres mesures, à faire en sorte que toutes les populations exposées au risque de paludisme reçoivent systématiquement les outils appropriés, y compris celles qui vivent dans des zones difficiles d'accès et dans des contextes humanitaires conflictuels.
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* Source : Global Malaria Programme launches new operational strategy - Alliance for Science
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