Des chercheurs veulent refroidir la Terre – un essai en plein air est déjà en cours
Peter Laufmann, AGRARHEUTE*
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© stock.adobe.com/weedezign
Des nuages artificiels pour se protéger du soleil ? C'est tentant, mais cela comporte des risques.
Un essai en plein air dans la baie de San Francisco doit apporter des solutions pour faire baisser les températures. Ce que l'on appelle la géo-ingénierie ne fait pas l'unanimité ; les conséquences sont difficiles à évaluer.
Ma note : C'est un article intéressant car il apporte deux informations : sur ce qui se fait dans la baie de San Francisco et sur la position allemande en matière de géo-ingénierie. Et c'est aussi un article décevant. Envoyer du sel dans la basse atmosphère ? Houla ! Cela fait pourtant des décennies qu'on utilise des canons anti-grêle et qu'on envoie de l'iodure d'argent dans les nuages.
Un porte-avions désaffecté, la baie de San Francisco et des scientifiques qui pulvérisent des aérosols dans l'atmosphère. Le tout sans en informer le public. Ce qui ressemble à l'intrigue d'un film de James Bond s'est déroulé exactement de cette manière il y a quelques jours. Des chercheurs de l'Université de Washington avaient initié l'essai en plein air. Leur approche est le « Solar Radiation Management » (gestion du rayonnement solaire).
Dans le cadre du projet Coastal Atmospheric Aerosol Research and Engagement (CAARE), les chercheurs ont pulvérisé des particules de sel microscopiques dans l'air. De cette manière, ils veulent augmenter la densité et donc la réflectivité des nuages marins. Ces nuages devraient agir comme un parasol et finalement refroidir l'atmosphère. Il est prévu que l'essai en plein air se poursuive jusqu'à fin mai. C'est du moins ce qui ressort d'un formulaire portant sur un changement de temps (météo) que l'équipe a déposé auprès des autorités fédérales.
Au préalable, les chercheurs étaient restés très discrets. Cela semble avoir été voulu, rapporte le New York Times. Le journal avait obtenu, avec un journal local, un accès exclusif pour couvrir le premier tir des canons à pulvérisation. « L'idée d'intervenir dans la nature est si controversée que les organisateurs du test [...] ont gardé les détails secrets, craignant que les critiques ne tentent de l'arrêter », écrit le Times. Rien d'étonnant à cela, puisque la géo-ingénierie, en tant que véritable intervention majeure dans le système terrestre, ne fait pas l'unanimité. Et cette action a de nouveau soulevé la question de savoir comment des technologies climatiques prometteuses peuvent être étudiées de manière efficace et éthique.
Car il y a toujours des idées pour stopper ou inverser le réchauffement de la planète. Les aérosols et la modification de la formation des nuages qui en découle sont une approche qui peut paraître séduisante au premier abord. Le modèle naturel est l'éruption du volcan Pinatubo au début des années 1990. Les grandes quantités de particules qui ont alors été libérées dans l'atmosphère ont fait baisser la température moyenne mondiale de 0,5 °C. Comme nous l'avons dit, c'est tentant. Mais du côté des risques, il y a les conséquences imprévisibles. Que se passe-t-il avec les systèmes météorologiques existants lorsque l'on modifie les nuages ? Que font les aérosols artificiels, comme les sulfates, à la couche d'ozone et aux écosystèmes ?
Il n'est donc pas étonnant que de nombreux scientifiques, activistes et gouvernements rejettent de telles mesures. Le gouvernement fédéral allemand en fait également partie. Pour justifier son refus des mesures de modification du rayonnement solaire (SRM) en particulier, le gouvernement fédéral évoque « les incertitudes, les risques et les dangers existants ». Ainsi, la mesure SRM la plus souvent discutée, l'injection d'aérosols de sulfate, pourrait avoir des effets négatifs sur la couche d'ozone. De plus, les SRM ne s'attaquent pas à la cause du changement climatique, mais tentent uniquement d'en atténuer les symptômes, peut-on lire dans un document gouvernemental. De plus, les mesures ne sont que temporaires. « Si elles prenaient fin, la température globale augmenterait brusquement ». C'est pourquoi le gouvernement ne prévoit pas non plus de soutenir des projets de développement et de recherche qui visent une « éventuelle utilisation à grande échelle ».
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* Peter Laufmann travaille comme chef de texte à la rédaction d'AGRARHEUTE. Le rédacteur et auteur travaille depuis de nombreuses années dans le journalisme environnemental et scientifique. Son intérêt porte régulièrement sur le grand écart entre l'utilisation et la protection des ressources naturelles.
Source : Forscher wollen Erde abkühlen - Freilandversuch läuft schon hier | agrarheute.com
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