Une étude le prouve : les résidus de pesticides dans les aliments diminuent la mortalité ! (titre putaclic)
Titre putaclic
C'est une – disons – petite controverse qui m'a mis sur la voie de « Associations between dietary pesticide residue mixture exposure and mortality in a population-based prospective cohort of men and women » (associations entre l'exposition aux mélanges de résidus de pesticides alimentaires et la mortalité dans une cohorte prospective d'hommes et de femmes basée sur la population) d'Agneta Åkesson, Carolina Donat-Vargas, Elinor Hallström, Ulf Sonesson, Anneli Widenfalk, et Alicja Wolk.
Je m'empresse du reste de remercier platement le dénommé Factsory pour parer à toute accusation de malhonnêteté...
Mais voici le résumé de l'article :
« Contexte
On craint que les résidus de pesticides, régulièrement détectés dans les aliments, ne constituent un risque pour la santé du consommateur, mais les preuves épidémiologiques sont limitées. Nous avons évalué les associations entre l'exposition alimentaire à un mélange de résidus de pesticides et la mortalité.
Méthodes utilisées
La consommation alimentaire a été évaluée chez 68.844 participants de la Cohorte Suédoise de Mammographie et de la Cohorte d'Hommes Suédois, âgés de 45 à 83 ans au départ (1997). Les concentrations de résidus de pesticides détectés dans les aliments sur le marché suédois (1996-1998), principalement dans les fruits et les légumes, ont été obtenues par le biais de programmes de surveillance. Pour évaluer les effets de mélange, nous avons additionné pour chaque aliment les ratios de la concentration moyenne de résidus de chaque pesticide divisée par sa dose journalière admissible afin de créer pour chaque participant un Indice de Risques [hazard] Alimentaires Liés aux Pesticides (ajusté pour l'apport énergétique et exprimé par kilogramme de poids corporel). Des modèles de risques proportionnels de Cox ajustés sur plusieurs variables ont été utilisés pour estimer les rapports de risque (HR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC à 95 %).
Résultats
Au cours des 15 années de suivi (1998-2014), un total de 16.527 décès sont survenus, dont 6.238 ont été causés par des maladies cardiovasculaires (MCV) et 5.364 par le cancer. En comparant les quintiles extrêmes de l'Indice de Risques Alimentaires Liés aux Pesticides, la catégorie la plus élevée était inversement associée à la mortalité par MCV HR, 0,82 (IC à 95 %, 0,75-0,90) et à la mortalité par cancer HR 0,82 (IC à 95 %, 0,75-0,91). Dans les analyses stratifiées en fonction de l'Indice des Risques Alimentaires Liés aux Pesticides élevé/faible, des associations inverses similaires ont été observées en augmentant la consommation de fruits et légumes.
Conclusions
Rien n'indique que l'exposition alimentaire à des mélanges de résidus de pesticides soit associée à une augmentation de la mortalité, ni que les avantages de la consommation de fruits et légumes sur la mortalité soient compromis. Cependant, nos résultats doivent être interprétés avec prudence. »
Si les auteurs de l'étude avaient succombé aux réflexes pavloviens de la « science » militante, ils auraient conclu – en fanfare – que les résidus de pesticides protègent de la mortalité !
Ils ne l'ont pas fait, et cela me convient parfaitement.
Je n'ai pas une grande estime pour ce genre d'études hautement acrobatiques et leurs résultats. Les auteurs de celle-ci ont du reste bien décrit les limites de leur travail.
Il n'y a aucune raison de penser que les résidus de pesticides dans l'alimentation (ou dans l'eau de boisson) aux niveaux qui sont les leurs dans nos pays protègent de la mortalité par maladie cardiovasculaire ou par cancer.
Et inversement.
De ce point de vue, cette étude d'Åkesson et al. est particulièrement bienvenue.
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