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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Sciences et Avenir s'est (plutôt bien) penché sur les NGT

16 Avril 2024 Publié dans #NGT, #critique de l'information, #CRISPR

Sciences et Avenir s'est (plutôt bien) penché sur les NGT

 

Glané sur la toile 994 (et en kiosque)

 

 

Dans son numéro d'avril 2024, Sciences et Avenir s'est penché sur les nouvelles techniques génomiques avec « Nouveaux OGM – La révolution verte » (derrière un péage sur Internet).

 

Le titre est ambigu : « Nouveaux OGM », c'est le gonfanon de tout ce que le monde comprend d'opposants au progrès génétique, à la chimie agricole, à la libre entreprise, au commerce international, etc. « La révolution verte » renvoie aux bénéfices attendus des nouvelles techniques génomiques.

 

En chapô :

 

« L'assouplissement de la réglementation européenne sur les nouvelles techniques génomiques (NGT) pourrait permettre de produire des plantes plus résistantes à l'augmentation des températures, à la sécheresse, aux maladies et, donc, de réduire le recours aux pesticides et aux engrais. Mais la pertinence de ces outils génétiques plus ciblés que les classiques OGM fait encore débat chez les scientifiques. »

 

De fait, l'article et ses compagnons, dont : « Pour retrouver le goût de la tomate », font dans le « he says, she says ».

 

« He says », c'est M. François Parcy, directeur de recherche au CNRS. C'est le côté optimiste, raisonnablement enthousiaste.

 

« She says », c'est Mme Isabelle Goldringer, directrice de recherche à l'INRAE. C'est le côté pessimiste et, pour tout dire, obscurantiste.

 

« Même avec CRISPR, tout n'est pas si simple et si rapide que certaines promesses le laissent croire. D'abord, il n'y en a pas tant que ça de gènes identifiés permettant la création de variétés avec des caractères très intéressants. Pour l'instant, on retrouve souvent des caractères simples, en particulier ceux de résistance aux herbicides. »

 

Le sophisme de l'homme de paille (« certaines promesses »)... Le sophisme de la solution parfaite... Le refus du progrès à venir... Et pour parfaire, le sophisme du déshonneur par association (la résistance aux herbicides... qui n'est pas vraiment ce que l'on recherche avec les NGT, tout au moins actuellement).

 

On a, bien sûr, aussi droit au couplet sur les effets « hors cible », toutefois tempéré par un propos de Mme Mathilde Causse, aussi directrice de recherche à l'INRAE (oui, il y a encore de l'espoir pour l'INRAE).

 

Qu'en dit M. François Parcy ?

 

« Il faut bien comprendre que les méthodes de croisements ou de mutagenèse aléatoire – qui ne sont pas régulées comme des OGM – introduisent plusieurs milliers à plusieurs millions de mutations dans le génome. Et que toutes ces plantes, génétiquement modifiées de fait, ont toujours été considérées sans risques sanitaire ou environnemental. […] Grâce aux NGT, on sait introduire une poignée de variations à des endroits définis du génome. C'est toujours la même chose : insérer et sélectionner des mutations, mais de façon rapide et choisie, en se fondant sur des connaissances scientifiques. Par ailleurs, les plantes NGT seront toujours génétiquement bien plus proches de leurs parents que celles provenant de croisements ou mutées aux rayons X. »

 

D'autres aspects sont encore abordés dans cet article de bonne facture.

 

Il est fondamentalement pédagogique et optimiste. Un propos de M. François Parcy – qui aura eu droit à un pavé avec sa photo – en conclusion :

 

« […] je fais le pari que d'ici cinq à dix ans, nous aurons de nombreuses variétés NGT cultivées en France. »

 

C'est, à mon sens, à condition que l'Union Européenne nettoie la chienlit produite par un projet de règlement sous-optimal et un Parlement Européen très mal inspiré.

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