Une proposition de loi capillotractée...
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Le besoin d'exister dans cette cour de récréation qu'est devenue l'Assemblée Nationale mène à toutes les dérives. Tout comme le besoin de d'exploiter sa présence à l'Assemblée Nationale pour faire du clientélisme.
Pauvre démocratie !
Une palanquée de députés de diveres fractions a déposé une « Proposition de loi visant à reconnaître et à sanctionner la discrimination capillaire ».
En voici, pour la postérité, les auteurs :
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M. Olivier Serva, député de Guadeloupe (Régions et Peuples Solidaires – Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT))
« Olivier SERVA, Bertrand PANCHER, Christophe NAEGELEN, Mathilde PANOT, Stéphane LENORMAND, Nathalie BASSIRE, Estelle YOUSSOUFFA, Paul André COLOMBANI, Michel CASTELLANI, Jean Félix ACQUAVIVA, Paul MOLAC, Jean Louis BRICOUT, David TAUPIAC, Fanta BERETE, Damien ADAM, Cécile RILHAC, Christopher WEISSBERG, Sandrine JOSSO, Mansour KAMARDINE, Danièle OBONO, Rachel KEKE, Caroline FIAT, Jean Hugues RATENON, Matthias TAVEL, Mathilde HIGNET, Emeline K/BIDI, Frédéric MAILLOT, Davy RIMANE, Christian BAPTISTE, Jiovanny WILLIAM, Steve CHAILLOUX, Tematai LE GAYIC, Murielle LEPVRAUD, Hadrien CLOUET, Philippe NAILLET, Perceval GAILLARD, Jean Philippe NILOR, Sandrine ROUSSEAU, Eva SAS, Hubert JULIEN LAFERRIÈRE, Elie CALIFER, Fatiha KELOUA HACHI, Sylvie FERRER, Karine LEBON, Marcellin NADEAU, Jean Victor CASTOR, Farida AMRANI, Florian CHAUCHE, Carlos Martens BILONGO, Léo WALTER, Jean François COULOMME, David GUIRAUD ».
Oui, il est question de couper les cheveux en quatre...
Voici le début de l'exposé des motifs :
« Alors que les discriminations liées au style et à la texture capillaires sont des problématiques largement traitées aux États Unis et au Royaume Uni, ces dernières sont largement ignorées en France. Les différentes décisions de justice rendues récemment corroborent ce constat.
La plus récente concerne un steward salarié chez Air France. En effet, la compagnie Air France, dans son manuel du port de l’uniforme, autorisait les « tresses africaines » pour les femmes à condition d’être retenues en chignon. Or, ce même manuel indiquait que, pour les hommes, "Les cheveux devaient être coiffés de façon extrêmement nette. Limitées en volume, les coiffures doivent garder un aspect naturel et homogène. La longueur est limitée dans la nuque au niveau du bord supérieur de la chemise.". Sur le fondement de ce règlement interne, l’un des stewards de la compagnie qui portait des tresses nouées en chignon, a été sanctionné pour avoir refusé de s’y conformer, puis a été licencié pour inaptitude et impossibilité de reclassement au sein de l’entreprise. »
Déjà, en ce qui me concerne, particulièrement en ces temps de wokisme effréné, se prévaloir de la situation aux États-Unis d'Amérique et au Rpyaume-Uni, ça me fait dresser les cheveux sur la tête...
On y lit encore :
« Par ailleurs, ces constats ne concernent pas uniquement une communauté ethnique. En Grande Bretagne, une étude réalisée en 2009 montrait par exemple qu’une femme blonde sur trois se colorait les cheveux en brun afin d’augmenter ses chances professionnelles et d’ "avoir l’air plus intelligente" en milieu professionnel. »
Une étude réalisée en... 2009... Et quand on sait les blagues anglo-saxonnes sur les blondes (non, il ne s'agit pas des petites amies des Québécois)...
Ces gens proposent – au terme d'un long exposé qui ne manque pas de citer aussi les risques accrus de cancers liés à l'utilisation de produits de défrisage des cheveurs – un article unique tendant à insérer dans divers textes de loi et règlement, après le mot « physique », les mots « notamment la coupe, la couleur, la longueur ou la texture de leurs cheveux ».
Le premier texte cité n'est pas le Code pénal et sa définition de la discrimination – ces gens ont vraiment le sens des priorités... –, mais l’article L. 131 1 du code général de la fonction publique. Cet article se lirait comme suit dans la version révisée proposée (c'est nous qui graissons) :
« Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, notamment la coupe, la couleur, la longueur ou la texture de leurs cheveux, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7.
Qu'est-ce que ça change ? À un cheveu près (la dysenterie législative), rien !
Espérons que les honorables député(e)s ne se feront pas des cheveux blancs et ne se prendront pas aux cheveux lors de l'examen de ce texte.
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