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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pois, féveroles, soja

20 Février 2024 Publié dans #Union Européenne

Pois, féveroles, soja

 

Willi l'agriculteur*

 

 

De gauche à droite, féverole, pois, lupin bleu, lupin blanc, soja.

 

 

Actuellement, il est question de suspendre encore une fois pour un an la mise en jachère de 4 % des terres arables d'une exploitation, pour autant que des légumineuses soient cultivées à la place.

 

Les données de rendement des essais variétaux ont été récemment publiées dans notre hebdomadaire LZ Rheinland. Normalement, les résultats des essais sont supérieurs d'environ 5 à 10 % à ceux obtenus dans la pratique. Ils donnent un bon aperçu des effets annuels.

 

Dans les liens suivants, on trouve des calculs de marge brute qui ne reflètent toutefois pas l'état actuel des prix. Si l'on se réfère aux recettes et aux prix des années jusqu'en 2022, les marges brutes des pois et des féveroles se situent depuis de nombreuses années dans une fourchette de 200 à 400 €/ha et sont donc nettement inférieures à celles des céréales, des betteraves sucrières ou du colza dans notre région de production, la Rhénanie. Actuellement, les prix se rapprochent à nouveau du niveau des années précédant 2022.

 

https://www.lfl.bayern.de/iba/pflanze/327743/index.php

 

https://www.topagrar.com/heftplus/lohnt-der-anbau-von-koernerleguminosen-13211352.html

 

Il faut encore tenir compte de l'effet de précédent des légumineuses, qui sont importantes en tant que collecteurs d'azote pour la culture suivante. Celui-ci peut être pris en compte à hauteur d'environ 100 €/ha.

 

Une restriction pourrait toutefois conduire à ce que la culture de légumineuses n'ait malgré tout pas lieu. Agrarheute écrit :

 

« La Commission propose qu'au lieu de la jachère obligatoire, les agriculteurs cultivent des plantes fixant l'azote, comme les lentilles ou les pois, ou des cultures intermédiaires sur 7 % de leurs terres arables. Ces plantes peuvent servir de fourrage ou d'engrais vert. Les agriculteurs devront renoncer à l'utilisation de produits phytosanitaires sur ces surfaces. »

 

Comme de nombreux agriculteurs ne disposent pas des machines nécessaires (herse étrille, houe) pour lutter contre les mauvaises herbes, une culture n'est guère possible, ne serait-ce que pour cette raison.

 

______________

 

 

* Source : Erbsen, Ackerbohnen, Sojabohnen - Bauer Willi

 

Ma note : L'Union Européenne semble toujours imperméable à toute rationalité.

 

Cette proposition est en grande partie une manœuvre d'apaisement. Les agriculteurs ont depuis longtemps fait leurs plans de culture et, le cas échéant, mis en place des jachères. Et je ne suis pas sûr que l'on puisse cultiver des légumineuses sans protection phytosanitaire, sans prendre de gros risques.

 

Même pour une telle manœuvre, la Commission est incapable d'écarter ses œillères ou, plus vraisemblablement, a dû faire une concession à un grand pays dont le ministère de l'agriculture est dirigé par un Vert. C'est désespérant.

 

 

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