Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Plus de biodiversité dans les cultures, c'est possible, mais...

2 Février 2024 Publié dans #Biodiversité, #Agronomie, #Willi l'Agriculteur

Plus de biodiversité dans les cultures, c'est possible, mais...

 

Willi l'agriculteur*

 

 

Photo : bande fleurie en novembre

 

 

Cet article s'adresse en premier lieu aux lecteurs qui travaillent dans le domaine de la science et de la politique sur le thème de la biodiversité.

 

Ces derniers jours, j'ai entendu plusieurs exposés sur le sujet (notamment de l'Institut Thünen) et j'ai constaté une fois de plus qu'il manque une chose à ce thème : l'objectif !

 

Que veut-on vraiment atteindre ? Que signifie concrètement « plus de biodiversité » ? Comment cela est-il mesuré ? Un monitoring est-il effectué, dans lequel l'état de départ est relevé et les changements constatés ? Comment réagit-on si l'objectif fixé n'est pas atteint ?

 

Les réponses à toutes ces questions restent ouvertes !

 

Mais celui qui ne sait pas où il va ne doit pas s'étonner d'arriver tout à fait ailleurs.

 

En tant qu'agriculteur, je dois révéler aux lecteurs une vérité amère pour eux : je ne veux pas de biodiversité dans mon champ ! Cela peut paraître terrible au premier abord. Depuis au moins 12.000 ans (lorsque l'agriculture a été « inventée » dans le Croissant Fertile), les agriculteurs ont pour mission de ne récolter si possible qu'une seule culture dans leur champ. À l'époque déjà, mes collègues arrachaient les mauvaises herbes pour protéger les cultures de céréales. Aujourd'hui, les agriculteurs bio le font avec la herse étrille, les agriculteurs conventionnels avec des herbicides. Non, mon collègue bio ne se réjouit pas de voir des bleuets, des coquelicots et des chardons dans le blé. Lui aussi veut une culture « propre », et il y parvient avec la herse étrille et le binage. Malheureusement, ce faisant, il détruit au printemps les nichées d'oiseaux nichant au sol comme l'alouette des champs et le vanneau huppé, mais que voulez-vous, l'agriculture n'est pas sans conséquences.

 

Autre chose : même les chasseurs-cueilleurs d'il y a des dizaines de milliers d'années sont intervenus dans la biodiversité, sinon les mammouths se promèneraient encore chez nous en Rhénanie. Mais mes ancêtres les ont déjà exterminés dans la vallée de Neander près de Düsseldorf. (Certes, c'est sur la rive droite du Rhin, mais ce n'est pas beaucoup mieux sur la rive gauche.)

 

Nous autres Allemands avons l'habitude insensée de commencer par des mesures. Aux Pays-Bas, on s'y prend autrement. On y fixe d'abord les objectifs, et ce n'est qu'ensuite que l'on définit – en collaboration avec les agriculteurs – les mesures qui seront examinées à intervalles réguliers afin de déterminer si l'on se rapproche ou si l'on a atteint l'objectif. C'est ce que l'on appelle le « modèle hollandais ».

 

Mais en Allemagne aussi, il existe de bons travaux préparatoires sur la manière d'obtenir plus de biodiversité dans les cultures. J'ai pu participer à deux ateliers organisés par l'Office Fédéral allemand de la Protection de la Nature (BfN), au cours desquels quelques agriculteurs ont discuté avec de nombreux protecteurs de la nature professionnels (!). Le résultat d'un atelier de deux jours très animé a été le protocole final suivant, qui a été approuvé par toutes les parties :

 

https://www.bfn.de/publikationen/positionspapier/11-punkte-fur-einen-gemeinsamen-weg-zu-mehr-biodiversitat-im-ackerbau

 

Malheureusement, ce protocole a connu le même sort que le document de la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture et de la Commission Borchert : rien de tout cela n'a été traduit en politique pratique. La raison est toujours la même : cela coûte de l'argent. Soit cet argent n'est pas disponible, soit on ne veut pas le dépenser pour une meilleure protection de la nature. Nous, les agriculteurs, ne sommes pas les seuls à le regretter, les protecteurs de la nature aussi.

 

D'ailleurs, le résumé du compte rendu est le suivant : faites de la protection de la nature une branche de l'exploitation ! De telle sorte qu'elle puisse être intégrée dans l'exploitation et qu'elle contribue bien sûr aux bénéfices.

 

Monsieur Özdemir, Madame Lemke, les paroles ont été suffisamment échangées, nous voulons enfin voir des actes.

 

_______________

 

 

* Source : Mehr Biodiversität im Ackerbau- geht, aber... - Bauer Willi

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Complètement d'accord avec Willy. <br /> Les humains du néolithique, qui ont transformé considérablement ce qu'on appelle aujourd'hui stupidement la nature, faisaient déjà la chasse aux mauvaises herbes et à toutes plantes indésirables. <br /> C'est tellement basique qu'il faut franchement être un sacré crétin de bobo des villes pour ne pas le comprendre.
Répondre