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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Être stagiaire à l'ONU...

28 Février 2024 Publié dans #Divers

Être stagiaire à l'ONU...

 

 

 

 

Petit retour à ce qui fut, dans un passé maintenant distant, une de mes activités : le syndicalisme ou, en termes plus policés de la fonction publique internationale (du système des Nations Unies), la représentation du personnel.

 

La Tribune de Genève a publié le 21 février 2024 un article, « Les stagiaires de l’ONU manifestent pour obtenir un salaire », avec en chapô : « Dans certains services, aucune rémunération n’est offerte. Une quarantaine de stagiaires se sont mobilisés sur la place des Nations mardi. » Le texte complet, via MSN, est ici.

 

En voici le début :

 

« Ce mardi midi, six tentes de camping sont dressées au pied de la "Broken chair", sur la place des Nations. Elles symbolisent les conditions précaires dans lesquelles disent vivre certains stagiaires de l’ONU, qui travaillent sans être rémunérés. Une quarantaine d’entre eux se sont rassemblés pour exiger des salaires équitables et l'égalité des chances.

 

En 2015, un stagiaire néo-zélandais non payé contraint de dormir sous tente à Genève avait orchestré la médiatisation de son histoire et créé le buzz à l’international. Neuf ans plus tard, de nombreuses agences onusiennes ont introduit et/ou augmenté une "allocation de subsistance" pour leurs stagiaires. Mais pas toutes.

 

"Le Secrétariat général de l'ONU, pourtant une entité clé du système onusien, n'offre toujours rien à ses stagiaires alors que le coût de la vie est énorme", dénonce Baptiste, stagiaire à Genève et membre de la Fair Internship Initiative (FII), un réseau de jeunes bénévoles qui réunit des stagiaires actuels et anciens, et qui plaide en faveur de stages équitables au sein des Nations Unies. »

 

Cette question des stagiaires n'apparaissait pas sur mon radar quand je sévissais dans la défense des intérêts du personnel, il y a maintenant plus de 20 ans. En fait, il n'y en avait quasiment pas – mais j'ajoute ici « quasiment » pour protéger mes arrières.

 

En matière de droits fondamentaux, mon premier sujet avait été l'abus des contrats temporaires de collègues qui étaient « permanently temporary and temporarily permanent ».

 

Pour la petite histoire, j'avais utilisé cette expression lors de ma première intervention dans une assemblée du personnel organisée par l'administration pour des remises de médailles d'ancienneté. Le Directeur général avait écouté, impassible, était remonté dans son bureau, avait convoqué sur le champ les responsables de la gestion du personnel et avait demandé : « Qui sont ces gens auquels M. Heitz a fait allusion ? » Et le problème de « ces gens » a été réglé avec célérité.

 

Mais c'était Arpad Bogsch, un homme d'une carrure intellectuelle et morale remarquable.

 

Cela n'a du reste pas empêché les pesanteurs administratives de se manifester à nouveau par la suite.

 

J'ai été rendu attentif au problème des « stagiaires » dans les années 2000, lors de mon séjour à Bruxelles, où certaines entités onusiennes – et beaucoup d'autres – « offrent » des stages qui, pour beaucoup, relèvent d'un emploi « normal ».

 

Je trouvais cela scandaleux. Je n'ai pas changé d'avis.

 

Certes, l'ONU annonce clairement la couleur :

 

« Il est important de noter que les stagiaires des Nations Unies ne sont pas rémunérés. Tous les coûts liés au voyage, à l'assurance, au logement et aux frais de subsistance doivent être pris en charge par les stagiaires ou par les institutions qui les parrainent. Les stagiaires seront également chargés d'obtenir et de financer les visas nécessaires et la couverture d'assurance médicale universelle. »

 

Certaines entités de l'ONU et des agences spécialisées offrent des stages rémunérés. La TdG cite l'Organisation Internationale du Travail qui accorde 2.495 francs suisses. Mon ancienne organisation accorde une indemnité de 1.645 francs suisses ou 2.170 francs suisses selon le niveau d'études, avec un remboursement des frais de voyage à concurrence de 1.500 francs suisses dans certains cas.

 

Selon l'article de la TdG, l'Assemblée Générale des Nations Unies a demandé en mars 2023 au secrétariat d'élaborer une nouvelle politique visant à indemniser les stagiaires.

 

Il semble que les choses n'aient pas beaucoup avancé... Je ne suis pas étonné...

 

En fait...

 

Le 10 août 2015, la TdG signalait l'action d'un stagiaire néozélandais avec « Stagiaire non rémunéré à l'ONU, David vit sous tente ». C'était, certes, une mise en scène, mais il la fallait sans doute pour faire bouger le « machin ».

 

 

Le 18 août 2016, la TdG titrait pourtant : « Stagiaires de l'ONU non payés: un an après, rien n'a changé ».

 

 

 

 

Le 29 février 2019, c'était : « Les stagiaires de l'ONU veulent être payés ».

 

 

 

 

Le 8 mars 2021, c'était encore : « Stagiaires exploités, l’ONU sous pression ».

 

 

Au sein du système onusien il y a une entité qui s'intitule « Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme ». Il est un peu plus disert sur les conditions de stage. Avec un lien vers une instruction administrative du Secrétariat des Nations Unies de... janvier 2014.

 

Le HCDH, le phare des Droits de l'Homme... C'est un peu l'histoire du cordonnier... Mais un cordonnier ne fait pas la leçon.

 

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F
Aucune loi n’oblige qui que ce soit à faire un stage à l’ONU il me semble. Si certains souhaitent travailler gratuitement, tant pis pour eux…
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M
Quelle idée aussi d'aller faire un stage à l'ONU, organisme politique par essence, bureaucratisé à l'extrême et qui ne fonctionne que par la bonne volonté et la générosité de certains pays, toujours les mêmes.<br /> Aucune surprise pour moi dans cet article.<br /> Tout au plus j'y enverrai un élève de troisième qui habiterait à côté.<br /> <br /> Pour le reste, ça ne concerne que les idéologues ou des activistes qui veulent se construire une carrière d'agitateur, on a en a beaucoup dans notre paysage politique français...
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