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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

The Guardian : entre grâce et cupidité

26 Janvier 2024 Publié dans #Activisme

The Guardian : entre grâce et cupidité

 

La fine fleur de l'activisme médiatique

 

The Firebreak*

 

 

Photo : Giorgio Trovato sur Unsplash

 

 

Ma note : The Guardian est un grand diffuseur d'articles militants, sinon ouvertement propagandistes ; ainsi, Mme Carey Gillam, qui fut longtemps la plume de l'U.S. Right to Know – porte-voix et porte-flingue du biobusines et des avocats prédateurs voulant faire les poches de Bayer/Monsanto, etc. – et sévit maintenant sur The New Lede, y a son rond de serviette. The Guardian est aussi une source pour certains médias français militants et/ou paresseux. En faire connaître les dessous est quasiment un impératif de salubrité publique.

 

 

The Firebreak a récemment publié un mémorial pour les médias traditionnels, montrant comment le modèle économique avait changé, affectant la viabilité ou l'objectivité de la plupart des grandes organisations de presse. L'une des solutions de survie a été de transformer les groupes de presse en une sorte d'association à but non lucratif, recherchant des dons pour financer le journalisme indépendant.

 

En 2017, The Guardian a créé theguardian.org, une aile caritative destinée à financer des articles dans The Guardian, sur le modèle des campagnes de financement des ONG. Les sceptiques diraient qu'ils reçoivent des dons en échange d'encre, ce qui est devenu évident après un tollé public lorsqu'ils ont demandé et reçu un don important d'une fondation axée sur les droits des animaux, Open Philanthropy, en échange de multiples articles contre l'élevage. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.

 

The Guardian est devenu expert dans la vente de son âme et de son intégrité journalistique à qui veut bien lui faire un chèque. Un simple coup d'œil sur son site web montre que 52 dons totalisant au moins 20.249.000 dollars ont été collectés au cours des cinq dernières années. Le don moyen est d'environ 400.000 dollars. La plupart de ces dons ont été affectés à des articles sur les thèmes suivants :

 

  • La justice environnementale et la sécurité alimentaire : 1.750.000 dollars ;

     

  • L'Âge de l'Extinction : 1.500.000 dollars ;

     

  • La perte de biodiversité : 1.400.000 dollars ;

     

  • L'élevage industriel : 2.236.000 dollars ;

     

  • Le climat : 1.500.000 dollars ;

     

  • Océans et climat : 1.600.000 dollars ;

     

  • La violence armée : 1.000.000 de dollars.

 

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Note de l'éditeur : depuis la publication de cet article, The Guardian a supprimé la page web contenant son financement. Nous avons donc remplacée le lien par celui de la Wayback Machine. Bien qu'il s'agisse d'un comportement épouvantable de la part d'un organe de presse qui devrait s'engager à la transparence, étant donné la nature de la politique du Guardian, ce n'est pas une surprise.

 

Certaines des fondations sont perçues comme militantes et considèrent toute subvention au Guardian comme un moyen de faire avancer leurs campagnes (comme la California Wellness Foundation). Quelques subventions sont à durée indéterminée ou imprécises. Un cas curieux est celui du Leona and Harry Helmsley Charitable Trust (souvenez-vous de la reine de la méchanceté, abusive et évadée fiscale, qui a légué 12 millions de dollars à son chien). Ce groupe a donné au Guardian 1.500.000 dollars pour des articles sur les maladies non transmissibles, ce qui signifie, je suppose, le tabac, l'alcool et les aliments transformés.

 

Mais ce n'est que la moitié de l'histoire, semble-t-il. J'ai trouvé sur les pages du Guardian des articles sur Big Oil financés par la Rockefeller Brothers Foundation, qui n'était pas mentionnée sur leur page de financement, ni les contributions de la Ford Foundation et d'autres groupes, ni l'ensemble de leur programme de financement australien...

 

Il convient de noter qu'il ne s'agit pas d'une aumône gentiment offerte à un groupe de médias en difficulté qui s'efforce d'être un bon acteur social. Chaque don fait suite à un processus de demande approfondi au cours duquel The Guardian doit prouver qu'il apporte une valeur ajoutée conforme aux objectifs de la fondation. L'obtention d'une subvention implique généralement de nombreuses félicitations de la part des membres des conseils d'administration des fondations.

 

Comment cela fonctionne-t-il ? La fondation semble suggérer que les rédacteurs du Guardian font une demande de financement auprès de theguardian.org pour publier des articles ou effectuer des recherches :

 

L'organisation collecte des fonds auprès de particuliers et de fondations et les oriente vers des projets qui font progresser le discours public et la participation des citoyens sur des questions telles que le changement climatique, les Droits de l'Homme, le développement mondial et les inégalités. The Guardian peut demander des subventions à theguardian.org pour des projets éditoriaux qui correspondent aux priorités définies par le conseil d'administration de theguardian.org et qui sont conformes à sa mission caritative. C'est pourquoi un certain nombre de partenariats philanthropiques du Guardian se font par le biais de subventions à cette organisation.

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Mais cela signifie-t-il que The Guardian ne peut couvrir que des sujets pour lesquels des fonds sont disponibles ? The Guardian reçoit beaucoup d'argent de fondations liées à la perte de biodiversité et au changement climatique, ce qui explique peut-être pourquoi ces sujets dominent l'actualité. Il n'a pas reçu d'argent pour faire couler de l'encre sur les industries minières ou chimiques, de sorte que ces questions semblent avoir bénéficié d'un passe-droit.

 

Des problèmes de transparence se posent également. The Guardian a affirmé dans un grand graphique que la Society for Environmental Journalists avait versé 680.000 dollars depuis 2017. Cela m'a fait lever un sourcil, car la dernière fois que j'ai assisté à un événement de la SEJ, tout le monde a payé son propre café. Ailleurs, caché dans un texte flou, ils ont reconnu que cette contribution provenait du Fund for Environmental Journalism et que ces coûts étaient en fait pris en charge par la Gordon and Betty Moore Foundation.

 

J'ai la tête qui tourne.

 

Le mieux que je puisse conclure est que la Gordon and Betty Moore Foundation a donné plus de 110.000 dollars par an à des journalistes environnementaux pour qu'ils écrivent des articles que The Guardian pourrait ensuite publier en leur nom. En supposant que 5.000 dollars constituent une contribution généreuse pour un pigiste, cela signifierait qu'au moins 22 articles par an sont envoyés au Guardian sans aucun coût ni contribution de la part du groupe de presse (à moins que tout l'argent ne soit investi dans un film de George Monbiot).

 

Il y a tant de choses que nous ignorons ici. Un journaliste indépendant serait-il en mesure de vendre une idée à une fondation, d'obtenir un financement, puis de l'apporter au Guardian pour en faire un article ? Une fondation ou une fiducie pourrait-elle réserver elle-même un article qui servirait ses intérêts ? J'ai remarqué que le mouvement Extinction Rebellion a rapidement pris de l'importance grâce au soutien actif et à la couverture en première page du Guardian, dont le journaliste, George Monbiot, a assumé un rôle de quasi-chef de file dans cette « révolution » sans leader. Ces activités ont-elles été financées par des fondations ou l'activisme du journaliste visait-il en partie à s'assurer d'autres possibilités de financement ?

 

Comment ces mercenaires des médias peuvent-ils être considérés comme des journalistes ? Comment The Guardian peut-il continuer à être considéré comme une entité journalistique alors qu'il ne travaille sur des sujets que lorsque des groupes d'intérêts activistes l'engagent (le paient) ? Et comment cela affecte-t-il leur objectivité ?

 

The Guardian affirme qu'il accepte l'argent afin de « pouvoir continuer à produire un journalisme indépendant et de qualité dans l'intérêt du public ». Je ne vois pas très bien comment ils peuvent tenir ce discours alors que 20 millions de dollars rapportent des intérêts.

 

Il ne s'agit pas d'un journalisme indépendant et de qualité, et tout lecteur qui ouvre The Guardian se fait des illusions s'il croit cela.

 

_______________

 

* Source : The Guardian: Between Grace and Greed - THE FIREBREAK

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H
Très intéressant mais pour ma part, aucun étonnement.
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M
Pas moi. Je suis sidéré.