Manifestations en Allemagne: comment faire sortir la vache de la glace ? (Wie kommt die Kuh vom Eis?)
(Wie kommt die Kuh vom Eis?)
Willi l'agriculteur*
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Image créée par une IA. Il manque beaucoup de choses... (la bouse, la mamelles...).
Dans le contexte des protestations des agriculteurs, on entend beaucoup de compréhension de la part de nombreuses personnes. Mais le contraire est également vrai : ceux qui fréquentent les réseaux sociaux n'ont jamais vu ou entendu autant de haine envers les agriculteurs que ces derniers jours. Ce qui est amer pour certains, c'est qu'aucun des scénarios d'horreur que les milieux politiques et les médias nous ont dépeints sous les couleurs les plus chatoyantes ne s'est encore réalisé.
Mais une question se pose désormais : comment orienter la protestation dans une voie constructive ? Comment pouvons-nous tous « faire sortir la vache de la glace » ?
Il y a des citations d'Olaf Scholz dans lesquelles il dit que celui qui demande un leadership obtient un leadership.
Je ne peux pas le constater. Depuis plusieurs jours, on n'a ni vu ni entendu le chancelier. Celui qui s'est exprimé, c'est Robert Habeck, avec un discours vidéo qui semble très bien au premier abord, mais qui fait comprendre ensuite que le gouvernement est le bon, mais que le peuple n'est pas le bon. Tout doute selon lequel les protestations pourraient avoir un lien avec le (mauvais) travail du gouvernement est éludé dans cette vidéo. Le terme de « fantasmes de renversement », que Cem Özdemir avait déjà à la bouche, est désormais utilisé par lui aussi, discréditant ainsi la protestation démocratiquement légitime et pacifique.
Lors de l'émission « Maischberger » (du 9 janvier), trois journalistes ont été interrogés. Ils étaient tous d'accord pour dire que les agriculteurs n'étaient certainement pas des révolutionnaires et qu'ils s'étaient « même arrêtés aux feux rouges » lors des manifestations. Je considère que la rhétorique de Habeck, Özdemir et d'autres est dangereuse, car elle confirme l'impression que le gouvernement n'a pas compris de quoi il s'agit en réalité : on veut être pris au sérieux et ne pas être constamment sous tutelle. Et c'est ce que fait ce gouvernement – et tout particulièrement le parti des Verts – depuis le début.
En ce qui concerne le SPD, quatre ministres régionaux du SPD ont entre-temps proposé un retrait complet des plans : du Mecklembourg-Poméranie Occidentale, du Brandebourg, de la Basse-Saxe et de la Sarre. C'est surprenant, car cela confère une mauvaise image à leur propre chancelier.
Le FDP devrait avoir définitivement perdu la face avec les agriculteurs. La déclaration de M. Lindner, « Les agriculteurs se sont trompés, rentrez xhez vous », a été une gifle pour les agriculteurs qui avaient encore voté pour ce parti libéral et orienté vers l'économie lors des dernières élections fédérales. Tant d'hubris, c'est quand même trop.
Lundi prochain (15 janvier), une grande manifestation doit avoir lieu à Berlin. Reste à savoir s'il s'agira d'une manifestation de clôture de la semaine d'action. En préparation de cette manifestation, il serait bon que :
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le gouvernement revienne entièrement sur tous les plans de réduction des dépenses ;
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que tout le monde se fasse à l'idée que les propositions de la Commission Borchert et de la Commission Avenir de l'Agriculture sont inapplicables et impossibles à financer dans des marchés ouverts ;
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la stratégie « Farm-to-Fork » soit enterrée ;
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soit établie pour l'Allemagne une égalité de concurrence au moins avec les États de l'UE ;
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le gouvernement et l'agriculture manifestent leur intention de mener des discussions constructives (avec tous les groupes d'intérêts agricoles) ;
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le gouvernement reconnaisse et admette qu'un changement fondamental est nécessaire dans les relations entre les deux parties (il s'agit de bien plus que du gazole agricole), ce qui inclut des insinuations telles que « infiltration extrémiste » et « symboles populistes ». Cette rhétorique est contre-productive et doit cesser !
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tous les politiciens de tous les partis (y compris la CDU/CSU et l'AfD) cessent de manifester leur solidarité avec de grands mots, sans que cela ait le moindre effet tangible pour les agriculteurs. Même la CDU n'a pas mené une bonne politique agricole par le passé (exemple : le « paquet agricole »).
Tout cela ne doit pas et ne peut pas être mis en œuvre du jour au lendemain mais les discussions à ce sujet doivent être entamées – peut-être même après une longue pause dans les discours.
Je veux le dire très clairement : la confrontation actuelle est bonne, juste et peut éventuellement encore être améliorée. Mais il faudra ensuite trouver un moyen de sortir des tranchées et d'entamer des pourparlers de paix. Sinon, cela se terminera comme cela se termine dans les guerres de position. De manière terrible.
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* Source : Wie kommt die Kuh vom Eis? - Bauer Willi
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