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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les critiques de l'agriculture sont mal dosées par les experts et les hommes politiques

9 Décembre 2023 Publié dans #Agronomie, #Climat

Les critiques de l'agriculture sont mal dosées par les experts et les hommes politiques

 

Jack DeWitt, AGDAILY*

 

 

Image : Bryan East, Shutterstock

 

 

Accuser l'agriculture d'être responsable d'une grande partie des gaz à effet de serre (GES) gagne du terrain chez les célébrités et dans les médias grand public. Récemment, j'ai cité les accusations de John Kerry. Et CNBC, dans un reportage sur le podcast Unconfuse Me de Bill Gates, cite ce dernier : « De tous les domaines liés au climat, celui dont les gens sont probablement le moins conscients est celui des engrais et des vaches, et c'est un défi ».

 

Le reportage poursuit en indiquant qu'au niveau mondial, l'Agence Américaine de Protection de l'Environnement attribue à l'agriculture, à la sylviculture et à d'autres utilisations des terres 22 % des émissions de gaz à effet de serre, dont la majeure partie provient des cultures et de l'élevage. On ne tient pas compte du fait que la majeure partie du carbone libéré par les cultures et le bétail provient de l'atmosphère et est simplement recyclé. En 2022, le Congressional Research Service a attribué 11 % des GES américains à l'agriculture et à la sylviculture, et a crédité ces industries – qui absorbent de grandes quantités de carbone atmosphérique dans les tissus végétaux et animaux – de la compensation de 13 % du total des GES américains, soit un résultat net positif de 2 % pour ces industries.

 

Globalement, l'agriculture et la sylviculture peuvent être des émetteurs nets de GES, mais pas aux États-Unis ni dans d'autres pays tels que l'Australie et la plupart des pays d'Europe, où des méthodes agricoles modernes sont utilisées. Les grandes cultures absorbent de grandes quantités de CO2. Le semis direct et le travail minimum du sol consomment moins de combustibles fossiles par hectare.

 

Il est vrai qu'il faut beaucoup d'engrais pour produire 200 boisseaux de maïs, soit environ une livre d'engrais par boisseau [environ 2 kg/quintal]. Et environ deux livres de CO2 sont émises pour produire une livre d'engrais azoté. Mais une culture de maïs de 200 boisseaux [126 quintaux/hectare] capturera 25.000 livres de CO2 [11,3 tonnes] et incorporera le carbone dans les tissus végétaux (et nourrira quelques bactéries et champignons autour des racines) au prix de 400 livres de CO2 libérées [180 kg] lors de la fabrication de l'engrais. Ce n'est pas un mauvais rendement à mon avis.

 

 

 

 

Et chaque année, de plus en plus d'azote est produit par électrolyse, ce qui n'entraîne aucune émission de carbone tant que l'on utilise de l'électricité verte (hydroélectrique, éolienne, solaire). L'hydrogène, dont trois atomes sont nécessaires pour se combiner avec un azote et former l'ammoniac (NH3), provient de l'eau dans le processus d'électrolyse au lieu des combustibles fossiles à partir desquels la plupart de l'ammoniac est fabriqué aujourd'hui.

 

Les experts agricoles qui n'ont aucune expérience directe de l'agriculture ou de l'élevage ne cessent de répéter qu'il faut réduire la taille des exploitations. Les agriculteurs doivent cesser les rotations de maïs ou de soja, qu'ils appellent à tort « monocultures », et alterner avec des cultures qui n'ont que des marchés de niche. Il faut ramener le bétail et les pâturages pour que les animaux fournissent l'engrais nécessaire aux cultures céréalières. Peu importe que la majeure partie de l'azote épandu sur le sol par les animaux s'évapore. Peu importe que les bovins élevés uniquement à l'herbe mettent deux fois plus de temps que les animaux des parcs d'engraissement à atteindre leur poids de marché, tout en rejetant davantage de méthane dans l'atmosphère. Ils disent qu'il faut cultiver plus de légumes, sans se rendre compte qu'il ne faut que 5 % des terres cultivées pour produire les légumes du pays. Et la plupart de ces terres sont occupées par des pommes de terre.

 

 

 

 

Les petites exploitations biologiques situées à proximité des villes, qui cultivent des dizaines de produits en faisant appel à une main-d'œuvre abondante, peuvent peut-être bien gagner leur vie (et c'est tant mieux), mais elles ne suffiront pas à nourrir une Nation ou le monde entier. En outre, des études ont montré que les aliments cultivés à proximité des villes et distribués en petites quantités aux clients ne sont pas plus efficaces, en termes de consommation de carburant, que les gros camions qui transportent les produits à travers le pays pour les distribuer aux épiceries.

 

Il est vrai que les produits locaux sont généralement plus frais, mais ils ne sont pas toujours plus savoureux. Et il est vrai que le fait d'acheter local et de connaître son agriculteur permet de se sentir bien.

 

L'année dernière, j'ai lu de nombreux ouvrages qui répètent que notre système alimentaire est défaillant et que nous devons réduire la taille de nos fermes, nous diversifier, élever des animaux dans de petits troupeaux, devenir 100 % biologiques et tout cultiver localement, même les céréales. Je ne comprends pas pourquoi l'efficacité est louée par les experts de tous les secteurs, sauf celui de l'agriculture.

 

Je pense souvent aux paroles du président Dwight D. Eisenhower : « L'agriculture semble très facile lorsque votre charrue est un crayon et que vous êtes à mille kilomètres du champ de maïs. »

 

____________

 

Jack DeWitt est un agriculteur-agronome dont l'expérience agricole s'étend sur plusieurs décennies, depuis la fin de l'élevage de chevaux jusqu'à l'âge du GPS et de l'agriculture de précision. Dans son livre « World Food Unlimited », il raconte tout et prédit comment nous pouvons avoir un monde futur avec une nourriture abondante. Une version de cet article a été republiée à partir d'Agri-Times Northwest.

 

Source : Pundits, politicians scale their criticism of agriculture incorrectly | AGDAILY

 

 

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