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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La déclaration sur l'alimentation et l'agriculture à la COP28 est une étape importante pour les négociations sur le climat

3 Décembre 2023

La déclaration sur l'alimentation et l'agriculture à la COP28 est une étape importante pour les négociations sur le climat

 

Mark Lynas, Alliance pour la Science*

 

 

 

 

Pour la première fois lors d'une Conférence des Parties (COP) sur le climat, l'alimentation et l'agriculture semblent être prises au sérieux. Le 1er décembre, 134 dirigeants mondiaux ont signé une déclaration historique sur l'agriculture, l'alimentation et l'action climatique, qui vise à réduire les émissions dues à l'agriculture tout en améliorant la sécurité alimentaire et en protégeant les moyens de subsistance des agriculteurs. Parmi les pays signataires figurent les grands noms de l'agriculture que sont le Brésil, les États-Unis et la Chine, représentant 5,7 milliards de personnes.

 

La Déclaration des Émirats Arabes Unis sur l'Agriculture Durable, les Systèmes Alimentaires Résilients et l'Action Climatique, adoptée lors de la COP28, marque le passage à l'âge adulte d'un secteur historiquement négligé dans le processus des COP, bien qu'il représente jusqu'à un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les scientifiques s'accordent à dire que si l'on ne se préoccupe pas de l'alimentation et de l'agriculture, il y a peu de chances que le monde atteigne les objectifs de 1,5 à 2 °C fixés par l'Accord de Paris.

 

 

Soutenir les travailleurs agricoles et leurs moyens de subsistance

 

La déclaration engage les dirigeants mondiaux à renforcer l'aide à l'adaptation pour les agriculteurs, à promouvoir la sécurité alimentaire, à soutenir les travailleurs agricoles et leurs moyens de subsistance, à renforcer la gestion de l'eau et à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'agriculture. En particulier, l'agriculture devrait désormais être incluse dans les CDN, les plans nationaux d'adaptation et les autres stratégies climatiques nationales.

 

Les dirigeants se sont également engagés, d'ici à 2025, à « accélérer et généraliser les innovations fondées sur la science et sur des données probantes – y compris les connaissances locales et autochtones – qui augmentent la productivité et la production durables de l'agriculture ». Cependant, la déclaration ne dit rien sur la nécessité de réduire la consommation de viande et de produits laitiers dans les pays riches ou de se concentrer sur l'utilisation parcimonieuse des terres dans la production alimentaire, deux éléments qui, selon les écologistes, sont essentiels pour réduire la perte de biodiversité et restaurer les écosystèmes.

 

Mme Sheila Ochugboju, directrice de l'Alliance pour la Science, a réagi à la déclaration : « Il est extrêmement positif pour le début de cette COP de voir que l'alimentation et l'agriculture figurent déjà en bonne place à l'ordre du jour. Je suis très encouragée de voir des mentions spécifiques pour la science et les innovations fondées sur des preuves dans le contexte d'une déclaration qui reconnaît fortement les défis continus de l'insécurité alimentaire et la nécessité de s'attaquer à la situation critique des petits exploitants agricoles à travers le Sud mondial à mesure que le changement climatique s'accélère. »

 

 

Accélérer le développement des innovations

 

Un partenariat entre les Émirats arabes unis et la Fondation Bill et Melinda Gates (qui finance en partie l'Alliance pour la Science) a également été annoncé lors de la COP. Ce partenariat prévoit l'affectation de 200 millions de dollars à l'accélération du développement d'innovations qui aideront les petits exploitants agricoles d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud à renforcer leur résilience et à s'adapter au changement climatique.

 

La Fondation appelle également les donateurs à soutenir l'objectif d'investissement du réseau mondial de recherche agricole CGRAI (CGIAR en anglais), qui l'aidera à atteindre 500 millions d'agriculteurs d'ici à 2030 et à réduire les émissions du secteur d'une gigatonne par an.

 

Le co-président de la Fondation, Bill Gates, a également prononcé un discours lors de la COP le 1er décembre, dans lequel il a vanté les avantages des variétés de maïs tolérantes à la sécheresse et résistantes à des maladies, qui aident déjà les agriculteurs du Zimbabwe à récolter suffisamment de maïs supplémentaire « pour nourrir leurs familles pendant neuf mois ». M. Gates a déclaré : « Les pays doivent respecter l'engagement qu'ils ont pris il y a deux ans à Glasgow de doubler le montant du financement de l'adaptation d'ici à 2025, y compris en soutenant l'objectif du GCRAI de lever 4 milliards de dollars », et il a rappelé aux délégués qu'« aucun autre effort d'adaptation au changement climatique n'aura autant d'impact ».

 

 

Variétés améliorées de cultures naturellement tolérantes au stress

 

« Nous sommes prêts à développer rapidement des innovations qui ont fait leurs preuves et qui aident déjà les agriculteurs des régions vulnérables comme l'Afrique et l'Asie du Sud à s'adapter à des conditions climatiques plus difficiles », a déclaré le professeur Lindiwe Majele Sibanda, présidente du conseil d'administration du GCRAI. « Il s'agit notamment d'améliorer l'accès aux variétés améliorées de cultures naturellement tolérantes au stress, comme le manioc et le millet, d'employer de nouveaux outils et stratégies que les agriculteurs utilisent pour soutenir des écosystèmes sains en réhabilitant les terres dégradées, et de fournir des prévisions climatiques à long terme qui aident les agriculteurs à anticiper et à gérer les extrêmes météorologiques et les changements de régimes pluviométriques. »

 

« Il n'y a pas de voie pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat et maintenir 1,5 °C à portée de main qui ne prenne pas en compte de manière urgente les interactions entre les systèmes alimentaires, l'agriculture et le climat », a déclaré S.E. Mariam bint Mohammed Almheiri, ministre des Émirats Arabes Unis chargée du changement climatique et de l'environnement et chef de file des systèmes alimentaires de la COP28.

 

« Les pays doivent placer les systèmes alimentaires et l'agriculture au cœur de leurs ambitions climatiques, en s'attaquant à la fois aux émissions mondiales et en protégeant les vies et les moyens de subsistance des agriculteurs qui vivent en première ligne du changement climatique. L'engagement pris aujourd'hui par les pays du monde entier contribuera à la mise en place d'un système alimentaire mondial adapté à l'avenir », a-t-elle ajouté.

 

_________________

 

Mark Lynas est un auteur et un militant de la lutte contre le changement climatique. Il est conseiller de l'ancien président des Maldives, Mohamed Nasheed. Il est responsable de la recherche et du climat au sein de l'Alliance pour la Science, où il a coécrit des articles évalués par des pairs sur les vaccins, le climat et les OGM, en mettant l'accent sur le consensus scientifique et la désinformation.

 

Source : Food and farming declaration at COP28 a milestone for climate talks - Alliance for Science

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J
"variétés améliorées" => OGM est toujours un gros mot visiblement et malheureusement...
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