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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Selon une nouvelle étude, l'ajout d'un additif au lisier réduit le méthane de 99 pour cent

4 Mai 2023 Publié dans #Elevage, #Climat

Selon une nouvelle étude, l'ajout d'un additif au lisier réduit le méthane de 99 pour cent

 

Jana Dahlke, AGRARHEUTE*

 

 

© stock.adobe.com/agrarmotive

L'ajout d'un additif au lisier ne réduirait pas seulement les émissions de méthane, mais empêcherait aussi le lisier de mousser, par exemple sous les caillebotis dans les étables. C'est ce qu'ont découvert des chercheurs de l'Université de Bonn. Mieux encore : il peut être mis en œuvre avec des moyens simples et peu coûteux.

 

 

L'additif doit rendre le lisier plus respectueux du climat, et ce, avec des moyens simples et peu coûteux.

 

 

L'élevage d'animaux de rente produit de grandes quantités de gaz à effet de serre, comme le méthane. Il s'échappe notamment lors du stockage du lisier. Une étude de l'Université de Bonn montre qu'il est possible de réduire les émissions de méthane de 99 pour cent par des moyens simples et peu coûteux.

 

Au cours des 200 dernières années, la concentration de méthane dans l'atmosphère a plus que doublé. Ce gaz à effet de serre est notamment émis lors de la digestion des ruminants et par les déjections produites par l'élevage. « Un tiers du méthane dans le monde provient de l'élevage. Selon les estimations, jusqu'à 50 pour cent de ce méthane est produit par des processus de fermentation dans le lisier », explique M. Felix Holtkamp, doctorant à l'Institut INRES des Sciences des Cultures et de la Protection des Ressources de l'Université de Bonn.

 

C'est pourquoi les scientifiques du monde entier cherchent des moyens d'empêcher ces processus. M. Felix Holtkamp présente une solution avec son directeur scientifique, le Dr Manfred Trimborn de l'Institut de Technique Agricole de l'Université de Bonn, ainsi que du Dr Joachim Clemens du fabricant d'engrais SF-Soepenberg GmbH. « Nous avons mélangé en laboratoire du lisier provenant d'une ferme avec de la cyanamide calcique, un produit chimique utilisé depuis plus de 100 ans comme engrais dans l'agriculture. La production de méthane s'est ainsi presque totalement arrêtée », explique M. Holtkamp.

 

 

L'ajout de l'additif au lisier promet une longue efficacité

 

Selon les résultats de l'étude, les émissions ont globalement diminué de 99 pour cent. Cet effet a commencé à peine une heure après l'ajout de la cyanamide calcique et s'est poursuivi jusqu'à la fin de l'expérience, six mois plus tard, poursuit le communiqué de presse de l'Université de Bonn. Cette longue efficacité serait particulièrement avantageuse pour le stockage du lisier pendant les mois d'hiver.

 

Pendant cette période, le lisier est transformé par des bactéries et des champignons : ils décomposent la matière organique non digérée en molécules de plus en plus petites. À la fin de ce processus, du méthane est produit. « La cyanamide calcique interrompt cette chaîne de transformations chimiques, et ce, simultanément à différents stades, comme nous avons pu le constater lors de l'analyse chimique du lisier traité. La substance réprime la dégradation microbienne des acides gras à chaîne courte, un produit intermédiaire de la chaîne de dégradation, et leur transformation en méthane. On ne sait pas encore exactement comment cela se produit », explique M. Felix Holtkamp.

 

 

L'effet fertilisant est également amélioré par l'ajout de lisier.

 

Selon les scientifiques, l'ajout de l'additif au lisier possède encore d'autres avantages : il enrichit le lisier en azote et améliore ainsi son effet fertilisant. De plus, il empêcherait la formation de ce que l'on appelle les couches flottantes. Normalement, cette croûte doit être régulièrement broyée et mélangée.

 

Autre avantage de la cyanamide calcique : elle empêche le mélange d'excréments et d'urine de mousser dans l'étable. La transformation microbienne peut faire mousser le mélange fèces-urine avec le temps et le faire remonter par les caillebottis. « Les animaux se retrouvent alors dans leurs propres déjections », explique M. Holtkamp. Il ajoute que les coûts sont en outre gérables, avec environ 0,3 à 0,5 centime par litre de lait dans l'élevage bovin.

 

 

La « loi sur la pureté » du lisier empêche actuellement l'utilisation de cyanamide calcique

 

On ne sait pas encore quel est l'impact de cette méthode sur la libération d'ammoniac du lisier. L'ammoniac est un gaz toxique qui n'est certes pas lui-même nuisible au climat, mais qui peut être transformé en gaz à effet de serre dangereux. « Nous avons les premières indications que la quantité d'ammoniac diminue également à long terme. Mais nous ne pouvons pas encore l'affirmer avec certitude », explique le Dr Manfred Trimborn de l'Institut de Technique Agricole de l'Université de Bonn.

 

En Allemagne, une loi environnementale empêche actuellement l'ajout de cyanamide calcique : une loi stricte sur la pureté s'applique actuellement au lisier stocké de manière conventionnelle.

 

Avec du matériel de l'Université de Bonn

 

______________

 

* Jana Dahlke (anciennement Semenow) travaille chez AGRARHEUTE en tant que rédactrice cross-média dans la rubrique élevage.

 

Source : Neue Studie belegt: Güllezusatz reduziert Methan um 99 Prozent | agrarheute.com

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F
Cela semble trop beau pour être vrai. Si le lisier ne se décompose pas, comment peut-il conserver (voire améliorer selon l'article) ses qualités de fertilisant?
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