SlimeGate 4.2.1 : Entrons dans la boue – une critique du film Into the Weeds
Un nouveau genre : le lobbymentaire
David Zaruk (Risk-monger)*
Cet article est dédicacé à Klaus Ammann. Il l'aurait apprécié.
Le lobby de l'industrie de l'alimentation biologique battait le pavé à Bruxelles avec sa Semaine StopGlyphosate. Un collectif d'ONG a organisé une semaine entière d'actions pour les gens obsédés par la la chimie afin de montrer comment le glyphosate, un herbicide relativement bénin et moins toxique qu'une tasse de café, est à l'origine de tous les maux de l'humanité. Le point d'orgue de la Semaine StopGlyphosate a été la projection d'un film sur les victimes de Monsanto intitulé Into the Weeds [littéralement : dans les mauvaises herbes ; get into the weeds signifie aussi entrer dans le détail, aller à la racine d'un problème]. Ce film était présenté comme l'histoire de la bataille héroïque de DeWayne « Lee » Johnson contre un fléau de la cupidité du monde des entreprises : Monsanto (parfois appelé Bayer-Monsanto puisque le Dark Maul [un personnage de fiction de l'univers de Star Wars] n'existe plus techniquement).
Pour rédiger cette critique, j'ai abordé le visionnage d'un documentaire militant sur la façon dont le glyphosate tue tout, non pas en fonction des attentes typiques du cinéphile (un besoin d'être motivé, inspiré et de repartir avec la satisfaction d'une victoire claire du bien contre le mal), mais pour mesurer la façon dont les militants perçoivent la science, les avantages et les politiques liés à cet outil essentiel de protection des cultures. Cela s'inscrit parfaitement dans la section 4 du SlimeGate [le scandale de la boue] sur les menteurs à gages [liars for hire], en tant que démonstration de la manière dont les activistes travaillent pour le compte de l'industrie américaine du contentieux de la responsabilité civile.
Dès la première scène suivant l'introduction, Into the Weeds met en lumière les véritables héros de la bataille contre Monsanto : les avocats américains spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile, qui ont utilisé tout le temps disponible dans le film pour dire à quel point ils ont travaillé dur, qu'ils se sont endettés constamment et qu'ils n'ont fait cela que pour obtenir justice pour les petites gens qui avaient souffert du fait de ces grandes entreprises qui se moquent d'elles comme d'une guigne et qui ne changeront jamais si ce n'était pas pour ces martyrs. Into the Weeds montre également comment Monsanto est censé ignorer les conséquences de ses poisons et comment elle aurait tenté d'acheter des scientifiques, des auteurs et des spécialistes de la réglementation.
Curieusement, le film ne parle pas vraiment du protagoniste, DeWayne « Lee » Johnson, qui était le plaignant dans la première affaire du glyphosate. Environ les deux tiers du film sont consacrés au point de vue des avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile, dans ce qui était la véritable « histoire de David et Goliath » de la réalisatrice Jennifer Baichwal. Les scènes inconfortables avec M. Johnson n'ont servi que d'intermèdes émotionnels pour amplifier l'indignation.
Au moins sept avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile ont été présentés dans le film (dont deux scientologues impitoyables). Tous leurs commentaires ou réflexions sont présentés comme héroïques, vertueux et sacrificiels. Il n'y a eu aucune discussion sérieuse sur le montant des honoraires qu'ils prélèvent, sur l'ampleur des sommes siphonnées par l'écosystème du contentieux de la responsabilité civile ou sur l'escroquerie scandaleuse pratiquée par les organismes non transparents de financement des litiges, qui permettent à ces avocats de se déplacer en jet privé alors que les victimes ne reçoivent pratiquement rien. Le huitième avocat du film, qui a eu le plus de temps à l'écran, était Timothy Litzenburg, mais sa voix n'a pas été entendue. C'est compréhensible étant donné que, peu après le verdict, le pauvre Tim a été vendu et envoyé en prison pendant deux ans pour avoir tenté d'extorquer 200 millions de dollars à une autre société fabriquant un adjuvant présent dans le Roundup.
Into the Weeds prétend être un documentaire, mais un tel genre est censé documenter des faits. Ce film et sa réalisatrice, Jennifer Baichwal, présentent une campagne visant à interdire le glyphosate et, à partir de là, ont tissé 90 minutes d'images émotionnelles. Il n'y a pas eu d'équilibre ou de présentation des problèmes sous plusieurs angles. Le film cherche simplement à susciter l'indignation, tandis que les sites web et les comptes de réseaux sociaux du film tentent ensuite d'inciter les spectateurs à saisir de multiples occasions d'agir. Ces projections cherchant à obtenir un impact et ces sites web liés au film diffusent des points de vue extrémistes, comme le fait que le glyphosate provoque des malformations congénitales ou tue les abeilles... mais sans fournir de preuves solides.
Into the Weeds doit être reclassé comme un « lobbymentaire » plutôt que comme un documentaire.
La « projection d'impact » d'Into the Weeds à Bruxelles a commencé par une introduction de la réalisatrice, Jennifer Baichwal. Elle a tenu à ce que le public sache que ce qu'il allait voir est la vérité (« Ce n'est pas comme un film de Michael Moore où il se contente de débiter des opinions qui peuvent être vraies ou fausses »). Elle s'est efforcée d'expliquer comment, pour se conformer aux conditions de certaines assurances intervenant en cas de litige, chaque point devait être rigoureusement vérifié et comment leur avocat a passé chaque déclaration au peigne fin. C'était rassurant, surtout dans un film sur Monsanto où nous avons été amenés à croire que rien de ce qu'ils disent n'est vrai... jamais.
Mais qu'en est-il de l'omission de faits ? Ont-ils également été vérifiés ? Est-il important que vous choisissiez de ne pas inclure certains faits susceptibles d'influencer la perception que vous voulez donner aux téléspectateurs ? Si Mme Monger veut savoir ce que j'ai fait pendant mon week-end et que je choisis de ne lui raconter que les faits qui me font passer pour un bon mari fidèle, elle peut croire ce que je veux qu'elle croie, mais si je tais 90 % des faits, je ne peux guère prétendre au titre de « mari de l'année ». De ce point de vue, le film Into the Weeds a été infidèle à la réalité (même si on a soigneusement vérifié les petites choses qu'on a choisi de dire).
Le glyphosate, par exemple, est présenté comme un herbicide utilisé uniquement par les agriculteurs pour désherber les champs à 100 % et comme un dessicant qui se retrouve directement sur notre table. Si ce sont là tous les usages, alors très peu d'agriculteurs s'inquiéteraient de son retrait du marché. Le film a choisi d'omettre la valeur écologique des herbicides dans l'agriculture sans labour et dans l'élimination des cultures de couverture complexes et plurispécifiques. Ces deux applications permettent aux agriculteurs de pratiquer une agriculture beaucoup plus durable, de promouvoir la biodiversité et de protéger les sols (ce que les agriculteurs biologiques ne peuvent pas concurrencer). Omettre ces faits n'est pas rien, et la réalisatrice aurait peut-être dû s'entourer d'un meilleur conseiller en matière de contenu que Carey Gillam, qui se préoccupe de son propre sort.
De nombreuses séquences montrant des employés de Monsanto en train de se contredire comportaient de longues pauses. Les séquences ont été commodément coupées par le monteur du film avant que les employés n'aient eu l'occasion de terminer leurs phrases ou de s'expliquer. Lorsque Donna Farmer, par exemple, a déclaré que Monsanto ne pouvait pas confirmer que le Roundup était totalement sûr, elle a en réalité ajouté qu'elle savait que le glyphosate était sûr, mais qu'elle n'avait pas testé tous les autres ingrédients actifs. La réalisatrice a, de manière trompeuse et fallacieuse, coupé le clip avant qu'elle n'ait donné la réponse complète et ne s'est concentrée que sur une partie d'un courriel. Ironiquement, les cabinets d'avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile ont essayé de minimiser le message de Farmer, car les preuves montrant qu'un adjuvant comme le POEA est le principal risque du Roundup détruiraient leur plan de jeu sur le glyphosate et permettraient à Bayer de se tirer d'affaire. Il suffit donc d'omettre ce fait.
Quand l'omission d'un fait devient-elle un mensonge ? C'est un problème courant chez les fanatiques dogmatiques. S'ils veulent croire que quelque chose est bon, ils déforment volontiers la réalité pour l'adapter à leur idéologie (comme les alternatives au glyphosate totalement non durables que PAN-Europe a essayé de promouvoir dans son récent rapport). S'ils détestent une organisation comme Monsanto (ou tout autre groupe industriel), ils se plieront en quatre pour produire une perception négative. Si les fanatiques passent la réalité au hachoir de la justice sociale, ils ne considèrent pas cela comme un mensonge, mais plutôt comme la réparation d'un monde horrible. Quelle que soit la manière dont ils justifient leurs mensonges, n'appelez pas cette tirade de 90 minutes sur le lobbying un « documentaire ». Jennifer Baichwal n'a fait que démontrer son étroitesse d'esprit et son intolérance.
Le super-héros R. Brent Wisner s'est exprimé lors de la soirée d'ouverture du film.
L'une des omissions les plus stupéfiantes d'Into the Weeds est que le film n'a pas documenté la corruption extrême, le vol, le financement secret, les mensonges et les injustices perpétrés jour après jour par l'industrie du contentieux de la responsabilité civile. Baichwal n'a pas ménagé sa peine pour présenter ces salauds impitoyables, rusés et cupides comme les héros de son histoire. La première scène après le générique de début montre une convention d'avocats à Las Vegas discutant du fait que les avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile [tort law] sont le seul moyen de corriger le dysfonctionnement du système judiciaire américain. Je me demande si Baichwal croit vraiment que ces Predatorts sont des martyrs désintéressés qui renoncent à tant de choses (argent, temps, opportunités...) afin de s'assurer que la justice est rendue pour le petit homme contre l'entreprise maléfique et le gouvernement corrompu.
Into the Weeds est devenu ridicule lorsqu'il a essayé de justifier avec bienveillance pourquoi les avocats spécialisés dansle contentieux de la responsabilité civile sont obligés de prendre environ 40 % des règlements judiciaires. 40% ??? Essayez plutôt 80-90 % et dans les cas des litiges multidistricts à grande échelle où les entreprises règlent leurs litiges à l'amiable, c'est plutôt 98 % qui sont reversés dans l'auge. La réalisatrice a choisi d'omettre les recherches sur l'ensemble de l'écosystème des profiteurs qui tirent profit des plaignants : des marchands de misère qui échangent des personnes comme des marchandises à la bourse des victimes des Predatorts, aux chasseurs d'ambulances, en passant par les consultants en publicité et en marketing qui diffusent sur les ondes des promesses irrésistibles de gros paiements.
Au cours des cinq dernières années, dans la série SlimeGate nous avons patiemment tracé le financement obscur et non transparent de l'industrie du contentieux de la responsabilité civile, l'utilisation de comptes offshore, les systèmes de financement de litiges relevant de la pyramide de Ponzi, les jets privés et les fêtes somptueuses où tout le monde se fait de l'argent et où il ne reste plus grand-chose à donner aux victimes. Loin des caméras, les avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile tentent régulièrement d'extorquer des centaines de millions aux entreprises pour eux-mêmes ou d'alimenter des caisses noires pour soutenir des politiciens et des juges corrompus dans des paradis judiciaires comme le comté de Cook ou le district de San Francisco où s'est déroulée l'affaire Johnson contre Monsanto. Jennifer Baichwal aurait peut-être dû lire la série SlimeGate plutôt que de se fier à la vision myope de son conseiller en contenu, l'égocentrique Carey Gillam. (Note secondaire amusante : Carey Gillam, dans son blog sur Carey Gillam, a annoncé qu'elle avait vendu les droits cinématographiques de ses livres à Mme Baichwal. Restez donc à l'écoute pour un biopic épique sur nulle autre que Carey Gillam).
Dans ce tsunami de boue, de cupidité et de corruption, les avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile se rendent régulièrement à Bruxelles pour faire pression sur les décideurs politiques de l'UE afin qu'ils les aident à augmenter le nombre de leurs affaires. Ils financent des ONG pour susciter l'indignation du public à l'égard des entreprises (jury priming) et paient des scientifiques de la cabale Ramazzini pour qu'ils se rendent au CIRC afin de produire des monographies qu'ils pourront ensuite convertir en machines à cash prêtes à l'emploi. Cette corruption de la science par un groupe d'intérêts secret, à l'éthique contestée, qui dispose de milliards d'argent invisible pour financer des recherches ciblées, semer la peur et désinformer, est l'une des plus grandes crises auxquelles sont confrontés les systèmes judiciaires occidentaux (les Predatorts ne règlent pas le problème, ils SONT le problème).
Q : Quel est le point commun entre les avocats et les spermatozoïdes ?
R : Seul un sur 380 millions a une chance de devenir un être humain.
Il n'est guère surprenant que lors du panel « Impact Screening » d'Into the Weeds, nous ayons trouvé un boursier de Ramazzini, Daniele Mandrioli, demandant des fonds pour son étude sur le glyphosate. Il retournera bientôt à Lyon pour rendre la pareille au groupe de travail du CIRC sur la monographie de l'aspartame, sans doute pour produire une évaluation des risques sur mesure pour les Predatorts qui lie l'aspartame à divers cancers. Ces avocats s'en sortiront très bien grâce à lui. (Conseil boursier : vendez vos actions Coke avant que ces vandales ne frappent à nouveau).
Le débat qui a suivi le film a mis l'accent sur la nécessité d'une science indépendante. Je vous en prie, Jennifer, avec ces Predatorts qui financent secrètement des milliards à des scientifiques corrompus pour qu'ils se rendent au CIRC afin de produire des résultats favorables aux litiges qui augmenteront leurs portefeuilles d'affaires, comment cela peut-il être qualifié de « science indépendante ». Je suppose que si vous êtes un fanatique dogmatique, vous ferez l'impossible pour cautionner quiconque est en position d'en mettre plein à l'industrie, mais fallait-il que vous dépeigniez ces Predatorts comme des héros ? Sérieusement ?
Jennifer Baichwal a-t-elle compris cela lorsqu'elle a développé son script ou s'est-elle tout simplement trompée en faisant confiance au conseiller en contenu égocentrique du film, Carey Gillam ? Un autre héros du film est l'ami personnel de Gillam, Chris Portier, qui s'était également rendu à Bruxelles pour toute la semaine de festivités connue sous le nom de #StopGlyphosateWeek (j'aimerais bien l'inventer). Le film s'est concentré sur son témoignage auprès de l'avocat du plaignant (mais pas sur le contre-interrogatoire, où les choses se sont effondrées pour le pauvre Chris). Il y a également eu une omission de fait lorsque la réalisatrice a choisi de ne pas souligner comment Portier a dû admettre, sous serment, qu'il était grassement payé en tant que consultant en litiges par des cabinets d'avocats qu'il avait rencontrés juste avant de se rendre au CIRC pour faire partie du panel sur le glyphosate, qu'il n'a pas révélé ce financement des Predatorts pour son activisme politique et qu'avant le panel du CIRC, il n'avait jamais travaillé sur la recherche sur le glyphosate.
Le film a révélé un triste fait : DeWayne « Lee » Johnson n'a pas encore reçu ses 289 millions de dollars (montant réduit en appel et déjà dérobé par son équipe d'avocats). Mais l'ironie du sort veut que le scientifique héroïque du film, Chris Portier, ait déjà empoché plusieurs millions (et tout ce qu'il avait à faire, c'était de se présenter et de ne dire à personne qui le finançait). Et Portier a eu le culot de se tenir aux côtés de Lee lors de la table ronde à Bruxelles.
S'il s'agissait de faits que Jennifer Baichwal devait vérifier, je comprendrais qu'elle ait voulu commodément les omettre dans son récit. Mais n'appelez pas cela la « vérité ».
Imaginez le Risk-monger quittant son sous-sol poussiéreux pour se rendre à Bruxelles afin d'assister à une « projection d'impact » d'un film sur les méfaits du glyphosate. Assis là, tout seul, dans une salle avec environ 300 activistes qui détestent les pesticides, attendant que les lumières s'éteignent (le pop-corn est terminé), supportant les regards et les chuchotements désapprobateurs de ceux qui l'entourent tout en espérant tranquillement que, contrairement aux précédentes fêtes de la haine des activistes auxquelles il avait assisté, il ne serait pas physiquement traîné dehors ou qu'on ne lui cracherait pas dessus. Heureusement, il n'a eu à subir que les coups de pied répétés du militant de PAN-Europe derrière lui... jusqu'à ce que le film commence.
Une partie du film, inutilement longue, explique comment Monsanto a acheté le monde, en payant les gouvernements, les scientifiques et les groupes de médias. L'accent était juvénile et se concentrait sur ce courriel fatigué et surutilisé d'un directeur de Monsanto à propos de l'American Council on Science and Health (ACSH). Leur petit don n'a aucune importance par rapport au budget total de l'organisation, mais ces faits peuvent être déformés pour ajouter au drame. L'écran a ensuite affiché des articles avec des noms de personnes ayant écrit pour l'ACSH, des personnes que la conseillère en contenu égocentrique d'Into the Weeds, Carey Gillam, déteste passionnément. Encore une tentative de vengeance de la part de cette personne tragiquement rancunière qui a désespérément besoin de se remettre de sa croyance que Monsanto l'a, prétendument, fait renvoyer de Reuters.
Le film passe ensuite à une voix off de Christopher Portier qui se plaint de ne pas connaître cette personne qui a dit des choses si horribles à son sujet et qui se demande qui le finance. Au même moment, quatre articles de Risk-monger défilaient à l'écran. Le site web de Risk-monger figure même au générique de fin du film ! Imaginez un peu ! Le Risk-monger n'avait plus de pop-corn et se demandait pourquoi il n'avait pas été invité à l'avant-première mondiale du film. Tous les Predatorts étaient là. Curieusement, après avoir vu ses articles sur grand écran, la première chose qui a traversé l'esprit du Risk-monger a été de savoir comment il devait améliorer ses polices de caractères et la mise en page de son site web...
Il est clair que Chris voulait que cette attaque insignifiante soit ajoutée au film (et la réalisatrice ne s'est pas posé de questions sur la logique d'accorder autant d'attention à un petit blogueur isolé vivant dans un sous-sol poussiéreux dans un petit royaume rétrograde). Franchement, je ne comprends pas pourquoi ce garçon est si amer. Il devrait m'offrir un verre. Après tout, c'est apparemment moi qui l'ai rendu célèbre.
Chris souffre d'un état d'esprit typiquement activiste : il croit que tout le monde est acheté et payé par quelqu'un qui y a un intérêt. La principale raison pour laquelle les activistes méprisent l'industrie n'est pas ce qu'elle fait, mais le fait qu'elle peut payer un prix plus élevé pour l'intégrité de quelqu'un (jusqu'à ce que les activistes découvrent qu'ils peuvent se lier d'amitié avec des « sugar daddies » du contentieux de la responsabilité civile). Je suppose que je dois être la seule personne à n'avoir reçu aucun de ces millions de Monsanto (je n'ai même pas reçu l'un de ces T-shirts FFS). Le texte de Portier a soigneusement évité de déclarer directement que le Risk-monger était un agent de Monsanto, mais la suggestion, au milieu d'une séquence sur la façon dont Monsanto a acheté le monde, a habilement promu cette fiction.
L'ironie est que Chris Portier se sente blessé. Tout ce que j'ai fait, c'est lire sa déposition (que sa chère amie, Carey Gillam, avait mise en ligne) et commenter quelques captures d'écran que j'avais faites sur une version gratuite de Macromedia Fireworks. Les informations prétendument scandaleuses portaient sur ce que Chris avait fait subir à sa propre personne, à la crédibilité du CIRC et à la réputation de la science. Et il voulait 35 secondes de film pour me juger ??? Ne comprend-il pas à quel point il a détruit la confiance du public dans la science réglementaire (et tout cela pour quelques millions de dollars) ?
Le Risk-monger a donc écrit à la réalisatrice du film pour l'informer de la désinformation et de la diffamation personnelle. Jennifer Baichwal n'a pas daigné répondre. Lorsqu'elle s'est présentée devant le public avant le film pour déclarer qu'elle avait méticuleusement vérifié toutes les informations contenues dans le film, elle mentait manifestement comme une arracheuse de dents. Jennifer sait que les suggestions selon lesquelles j'ai été payé par Monsanto sont fausses, c'est pourquoi elle les a habilement formulées (et elle sait aussi ce que Chris Portier a dû admettre sous serment), mais je suppose qu'elle s'en moque. Où est son intégrité ?
Mais cela soulève une question intéressante : qui a financé cet épouvantable film d'avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile et abondé tous les budgets alloués aux activistes pour qu'ils voyagent dans le monde entier afin d'en faire la promotion ?
Le financement de la production et de la promotion de Into the Weeds est curieux. Le générique du film indique seulement, en petites lettres clignotant rapidement en blanc, que le Utah Film Center est leur « partenaire fiscal ». Ce n'est pas tout à fait Hollywood, mais pourquoi l'Utah ? Qui est le Utah Film Center ? Et quelle a été sa contribution à la production et à la promotion du film ?
L'Utah est unique dans le monde du cinéma car il offre de généreuses incitations fiscales pour financer les films dans l'État. L'Utah Film Center, bien qu'il s'agisse d'une toute petite structure aux frais de fonctionnement minimes, est parvenu à réunir 10 millions de dollars US de financement pendant l'année de production de ce film. Cela s'explique par le fait que l'Utah Film Center offre à des tiers intéressés la possibilité d'affecter anonymement des fonds à certains projets. D'aucuns parleraient d'un filtre de purification pour cacher les sources de financement désagréables.
Comme le Risk-monger estime que la transparence ne s'applique pas seulement à l'industrie, il a contacté le Utah Film Center. On lui a répondu qu'il fallait « respecter la vie privée des donateurs », mais la gentille dame m'a assuré que de nombreuses personnes et fondations avaient fait des dons pour ce film. Ainsi, plutôt que de rechercher et de publier des sources de financement de manière transparente, Into the Weeds a fait appel à une tierce partie pour agir en tant que partenaire fiscal et cette organisation a prélevé une partie des fonds des donateurs pour effacer l'arrière-goût et garantir l'anonymat. Hmm !
Permettez-moi donc de mettre les choses au clair, car cela touche directement à la question de l'intégrité de la réalisatrice. Le Utah Film Center a canalisé un montant non divulgué de fonds provenant de sources non divulguées vers la production et la promotion d'Into the Weeds de Jennifer Baichwal et personne n'a songé à approfondir la question ?
Étant donné que l'une des principales plaintes contre Monsanto est que l'entreprise a secrètement financé des scientifiques, des décideurs politiques et des médias, il serait purement hypocrite de la part de la réalisatrice de ne pas divulguer de manière transparente ses propres sources de financement et les montants reçus. Le Risk-monger a donc écrit à la réalisatrice du film pour lui poser cette question. Jennifer Baichwal a refusé de répondre. Hmm !
Étant donné que le film glorifie les avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile en tant que super-héros luttant contre le grand Satan, et que les cabinets d'avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile ont furtivement payé des scientifiques, des journalistes et des ONG par le passé, peut-on supposer que ce film a reçu un financement de tiers de la part de ces cabinets d'avocats ? David a-t-il secrètement financé quelqu'un pour réaliser un film sur l'excellence de David lorsqu'il a battu Goliath ? Ce financement a-t-il permis de promouvoir le film à Bruxelles pendant la semaine StopGlyphosate, organisée par les activistes ?
Ce n'est pas vraiment une surprise. Partout où va le Carey and Chris Show, la bave semble suivre.
Il ne s'agit que de spéculations puisque la réalisatrice n'a pas été transparente, mais le générique du film exprime, pour une raison ou une autre, sa gratitude envers certaines personnes, dont Robert F. Kennedy Jr, un avocat du cabinet BaumHedlund (aujourd'hui WisnerBaum) qui a gagné l'affaire DeWayne « Lee » Johnson. Cet anti-vax forcené (et aujourd'hui candidat à la présidence des États-Unis d'Amérique) a-t-il donc fait un don pour le film ? Combien d'autres prédateurs de WisnerBaum ont-ils contribué à cet outil de financement anonyme ? (Les scientologues peuvent être très généreux lorsqu'une campagne est dans leur intérêt.)
Et c'est là le plus gros problème des cabinets d'avocats américains spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile. Personne n'est au courant des jeux auxquels ils se livrent, des personnes qu'ils paient ou des organisations qu'ils soutiennent (sauf si cela apparaît dans les documents judiciaires lorsqu'ils se retournent les uns contre les autres). Il ne s'agit pas de secret professionnel. Il s'agit plutôt d'un lobbying rusé et furtif de la part de l'industrie du contentieux de la responsabilité civile. Tous les autres doivent être transparents, sauf eux. Tout le monde doit respecter le processus scientifique (et ne pas payer les scientifiques), sauf eux. Tous doivent divulguer leurs revenus et leurs sources de revenus, sauf eux.
Non ! Ce film, et tous les frais des activistes qui parcourent le monde pour en faire la promotion, sont payés par le Utah Film Center, et c'est tout. Va-t-en, Monger le stupide, et arrête de poser autant de questions – nous savons tous que tu n'es qu'un méchant agent de Monsanto.
Comment se fait-il que le moindre soupçon de financement de l'industrie puisse ruiner des carrières, mais que le financement de l'industrie du contentieux de la responsabilité civile, l'argent basé sur des mensonges et de la poudre aux yeux, ne pose aucun problème ? Pourquoi les ONG peuvent-elles recevoir de l'argent de tout le monde (fondations anti-vax, lobbies de l'industrie alimentaire biologique, avocats spécialisés dans le contentieux de la responsabilité civile...) sans que personne ne bronche ? J'ai attiré l'attention sur ce problème et j'ai payé cher pour cela au cours des huit dernières années. C'est de l'hypocrisie... quelqu'un dans le mouvement à but non lucratif oserait-il un jour faire son autocritique ? Malheureusement, ils dépensent toute leur énergie et leur argent à critiquer les autres.
Le film Into the Slime (dans la boue) explore en profondeur, et de manière tragique, l'hypocrisie du mouvement activiste vert. Je vous recommande vivement de le regarder si vous souhaitez assister à une démonstration de la superficialité et de la facilité avec laquelle ces menteurs à gages sont corruptibles.
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* David pense que la faim, le SIDA et des maladies comme le paludisme sont les vraies menaces pour l'humanité – et non les matières plastiques, les OGM et les pesticides. Vous pouvez le suivre à plus petites doses (moins de poison) sur Twitter ou la page Facebook de Risk-monger.
Source : SlimeGate 4.2.1: Into the Slime. A Film Review of Into the Weeds – The Risk-Monger
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