Selon une étude, les Kenyans subissent la pire désinformation au monde sur les OGM
Paul Roberts*
Les Kenyans subissent la pire désinformation au monde en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM), selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Alliance pour la Science.
L'étude a examiné les reportages des médias sur les OGM pendant trois mois, entre octobre et janvier. Un impressionnant 40 % des articles publiés sur les OGM par 14 grands médias contenaient des informations erronées qui n'étaient pas réfutées dans les articles.
Le niveau de mésinformation et de mensonges purs et simples sur le sujet est susceptible de polariser le débat politique, alors que le gouvernement est confronté à des contestations politiques et juridiques de sa récente décision d'autoriser la culture et l'importation d'OGM au Kenya.
Les récentes sécheresses – les pires depuis des décennies – et la flambée des prix alimentaires sont à l'origine de la décision du gouvernement d'autoriser des variétés de plantes cultivées qui peuvent mieux résister à la sécheresse et aux parasites et maladies.
C'est extrêmement préoccupant. Il sera très difficile pour les citoyens kenyans de prendre des décisions correctement informées sur les OGM face à cette tempête de mésinformation.
L'étude de l'Alliance pour la Science a examiné 376 articles de presse, dont 40 % contenaient des informations erronées sur les OGM.
Les informations erronées en faveur des OGM n'ont été trouvées que dans un pour cent des articles, ce qui démontre que les informations erronées sont fortement orientées contre les OGM.
La plupart des articles de presse qui contenaient des informations erronées non réfutées reprenaient des affirmations fausses sur les OGM faites par des hommes politiques de premier plan.
Le chef de l'opposition Raila Odinga, par exemple, a fait de nombreuses déclarations fausses sur les effets négatifs des OGM sur la santé. Tout comme le chef du parti Roots, George Wajackoyah, qui affirme de façon ridicule que les OGM font pousser des seins aux hommes et des barbes aux femmes.
Il ne suffit plus de rapporter ce que quelqu'un a dit. Les journalistes et les organes de presse doivent faire plus que simplement rapporter la controverse. En se limitant à cela, ils risquent de diffuser involontairement des informations erronées.
Des organisations à but non lucratif telles que la Kenyan Peasants League et la Food Rights Alliance ont également fait des déclarations sur les effets des OGM sur la santé qui n'ont aucun fondement scientifique, et ces déclarations ont été reprises par les médias sans être réfutées.
Mme Sheila Ochugboju, directrice de l'Alliance pour la Science, a déclaré : « Cette situation est extrêmement préoccupante. Il sera très difficile pour les citoyens kenyans de prendre des décisions correctement informées sur les OGM face à cette tempête de mésinformation.
« Nous n'avons pas mené cette étude pour montrer du doigt, mais pour aider les médias à mieux demander des comptes aux personnalités et aux ONG qui font des déclarations infondées sur les OGM et d'autres sujets de controverse scientifique.
« Il ne suffit plus de rapporter ce que quelqu'un a dit. Les journalistes et les organes de presse doivent faire plus que simplement rapporter la controverse. En se limitant à cela, ils risquent de diffuser involontairement des informations erronées. »
La mésinformation n'est pas seulement un problème pour le Kenya, ou l'Afrique. Elle ne se limite pas non plus à la question des cultures génétiquement modifiées.
Les informations erronées sur les effets du tabagisme sur la santé, le changement climatique et la sécurité des vaccins ont proliféré au fil des ans, même si, avec l'essor des réseaux sociaux, la mésinformation est sans doute plus facilement accessible aujourd'hui.
Nous n'avons pas mené cette étude pour montrer du doigt, mais pour aider les médias à mieux demander des comptes aux personnalités et aux ONG qui font des déclarations infondées sur les OGM et d'autres sujets de controverse scientifique.
Une étude antérieure de l'Alliance pour la Science (examinant la période 2019-2021) avait révélé des taux de désinformation sur les OGM dans les médias mondiaux de neuf pour cent, avec des taux en Afrique atteignant 20 pour cent. Le taux de 40 pour cent du Kenya en fait le pire au monde.
Des recherches antérieures menées par l'Alliance pour la Science ont révélé que le président Donald Trump était la plus grande source unique de désinformation sur la Covid pendant la pandémie et que les médias américains répétaient ses affirmations infondées sans contexte expert suffisant ni réfutation.
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* Plus d'informations ici :
GMO misinformation in the kenyan media: A quantitative study by the Alliance for Science (la mésinformation sur les OGM dans les médias kenyans : une étude quantitative de l'Alliance pour la Science)
Summary: GMO misinformation in the kenyan media: A quantitative study by the Alliance for Science (résumé : la mésinformation sur les OGM dans les médias kenyens : une étude quantitative de l'Alliance pour la Science)
Press Release: Media misinformation on GMOs “worst in the world” in Kenya, study finds (communiqué de presse : selon une étude, la mésinformation des médias sur les OGM est la pire au monde au Kenya)
https://allianceforscience.org/wp-content/uploads/2023/02/Press-Release-Closing-the-GAP.pdf
Source : Kenyans subjected to world’s worst misinformation on GMOs, study finds - Alliance for Science
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