Les régulateurs africains affirment que le continent dispose du régime juridique approprié pour superviser l'utilisation sûre des OGM
Joseph Opoku Gakpo*
Ma note : Quelles manifestations d'autosatisfaction ! Que de temps perdu à mettre en place des usines à gaz de réglementation ! Et quelle responsabilité avons-nous – nous les Européens repus – dans ce désastre lié à notre refus hystérique des OGM et à la propagande que nous avons déroulée, par gouvernements, institutions et ONG interposées, en Afrique ?
Les régulateurs africains de la biosécurité ont déclaré à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité qui s'est tenue à Montréal, au Canada, en décembre 2022 que les pays africains disposent d'un régime juridique approprié pour réglementer l'application de la technologie des organismes génétiquement modifiés (OGM) à la production agricole.
Les régulateurs du Ghana, du Kenya, du Malawi et du Soudan ont déclaré que leurs pays ont établi des systèmes de réglementation appropriés qui garantissent que les consommateurs bénéficient des OGM.
Ils s'exprimaient à l'occasion d'un événement parallèle organisé par un consortium universitaire dirigé par le Service International pour l'Acquisition d'Applications Agricoles Biotechnologiques (ISAAA), lors de la conférence des Nations Unies sur la biodiversité. La 15e réunion de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique a débattu d'un nouveau cadre pour la protection de la biodiversité (Forum Mondial sur la Diversité Post-2020), y compris le rôle que les biotechnologies (les OGM) peuvent jouer dans la protection de la planète.
Le Dr Naazik Ahmed, directeur du Département de la Biosécurité du Soudan au Conseil Supérieur de l'Environnement et des Ressources Naturelles, a déclaré que son pays avait des lois régissant l'approbation de l'utilisation des OGM depuis 2005, à la suite de la ratification du Protocole de Cartagena. Ce protocole, qui complète la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique, vise à protéger la diversité biologique des risques potentiels posés par les OGM. Environ 173 pays l'ont ratifié à ce jour.
Mme Ahmed a déclaré qu'à la suite de la ratification du Protocole de Cartagena, le Soudan a approuvé un cadre pour une loi nationale sur la biosécurité. Il a ensuite mis en place un Conseil National pour la Biosécurité, à la suite de quoi il a approuvé sa première culture GM, le cotonnier Bt.
« Le gouvernement a adopté le cotonnier Bt après un long processus d'évaluation des risques et de consultation des communautés », a-t-elle déclaré. « Tous les agriculteurs du Soudan ont maintenant adopté le cotonnier GM parce qu'il est meilleur que le cotonnier conventionnel et ils ont déclaré qu'ils ne cultiveraient plus d'autres variétés à nouveau. »
Le Dr Ahmed a ajouté que les processus d'approbation pour d'autres cultures GM sont en cours et que des efforts sont faits pour mettre en place des mécanismes de suivi et d'évaluation appropriés.
Le Dr Roy Mugiira, de l'Autorité Nationale de Biosécurité du Kenya, a également indiqué que le Kenya a été l'un des premiers pays à ratifier le Protocole de Cartagena. « Par la suite, nous avons élaboré la Politique Nationale de Développement de la Biotechnologie. Il s'agissait d'un document de politique pour un cadre sur la façon dont le pays va interagir avec cette nouvelle technologie », a-t-il déclaré.
Le Kenya a ensuite approuvé une Loi Nationale sur la Biosécurité en 2009 et a créé une Autorité Nationale de Biosécurité. En 2011 et 2012, le Kenya a publié des règlements pour régir la conduite des affaires en matière d'utilisation confinée, de recherche, d'essais, de dissémination dans l'environnement, d'exportation, d'importation, de transit et d'étiquetage des OGM.
« En 2019, nous avons approuvé la culture du cotonnier Bt génétiquement modifié. Nous avons également approuvé le maïs Bt dont les agriculteurs disposeront lors de la prochaine campagne en mars. Nous sommes heureux de constater que nous progressons bien », a ajouté le Dr Mugiira.
Mme Lilian Chimphepo, qui est Registraire de la Biosécurité au Ministère des Ressources Naturelles et du Changement Climatique du Malawi, a également déclaré que le Malawi a ratifié le Protocole de Cartagena en 2009.
« Nous avons élaboré notre Loi sur la Biosécurité en 2002 et notre Règlement sur la Biosécurité en 2007. Puis la Politique Nationale en Matière de Biotechnologie et de Réglementation en 2008. À une époque, nous avons connu une crise alimentaire et nous avons reçu un don de maïs GM » dit-elle.
« Mais comme nous n'avions pas de cadre juridique, nous en avons créé un pour nous permettre de gérer les questions liées aux OGM. Jusqu'à présent, nous avons approuvé le cotonnier génétiquement modifié pour sa commercialisation. En 2019 et 2020, les agriculteurs ont cultivé du cotonnier Bt. Outre le cotonnier Bt, nous avons procédé à des essais en champ confiné pour le niébé Bt et des bananiers transgéniques. »
M. Eric Okoree de l'Autorité Nationale de Biosécurité du Ghana a également déclaré que son pays a ratifié le Protocole de Cartagena en 2003. En 2011, la Loi Nationale sur la Biosécurité a été approuvée pour régir l'application des OGM à la production agricole.
Depuis, le Ghana a approuvé sa première culture génétiquement modifiée, le niébé GM. « Le Ghana n'a pas été lent à approuver les OGM. Nous avons été très déterminés », a-t-il déclaré, ajoutant que « les pays africains qui ont participé à la Conférence des Nations Unies sur la Biodiversité ont voulu négocier ce dont le continent avait besoin et non ce qui lui était dicté. ».
« L'Afrique est organisée et préparée. Nous savons ce que nous sommes venus chercher ici. Nous avons des délégués engagés qui peuvent argumenter sur n'importe quelle plate-forme sur les OGM » a-t-il ajouté.
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