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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une étude le confirme : les animaux d'élevage en Allemagne émettent moins de méthane qu'autrefois

27 Février 2023 Publié dans #Élevage, #Climat

Une étude le confirme : les animaux d'élevage en Allemagne émettent moins de méthane qu'autrefois

 

Jana Dahlke, AGRARHEUTE*

 

 

© stock.adobe.com/Sina Ettmer

Les chercheurs estiment qu'il est possible de réduire davantage les émissions de méthane chez les bovins.

 

 

Des scientifiques ont comparé les émissions de méthane des animaux d'élevage à la fin du 19e siècle avec les valeurs actuelles.

 

 

Il existe déjà de nombreuses études et publications sur les émissions actuelles de méthane des animaux d'élevage. Nous savons peu de choses sur la situation au 19e siècle, où le début du réchauffement climatique est déjà démontrable selon les scientifiques. Les deux scientifiques Dr Björn Kuhla et Dr Gunther Viereck de l'Institut de Recherche sur la Biologie des Animaux d'Élevage (FBN – Forschungsinstitut für Nutztierbiologie) ont saisi l'occasion pour comparer les émissions de méthane des animaux d'élevage agricoles à la fin du 19e siècle avec les valeurs actuelles.

 

« Nous avons analysé les données des recensements du bétail effectués dans toute l'Allemagne en 1872, 1883 et 1892. A partir des poids corporels, nous avons pu calculer la consommation de nourriture. Dans d'autres sources, nous avons trouvé des informations sur l'alimentation et la production de viande et de lait au 19e siècle. Grâce à ces informations, il a été possible de calculer les émissions de méthane à l'aide d'équations d'estimation standardisées. Les changements territoriaux depuis la création de l'Empire allemand en 1871 ont également été pris en compte », a expliqué M. Kuhla. « Nous avons ainsi constaté avec étonnement que les émissions de méthane issues de la digestion des animaux d'élevage en Allemagne sont plus faibles depuis 2003 qu'en 1892. Notre étude montre que les objectifs climatiques visés par le gouvernement fédéral dans le domaine des animaux d'élevage sont à portée de main. »

 

Les émissions annuelles de méthane provenant de l'élevage du bétail s'élevaient à 898.000 tonnes en 1883 et à pas moins de 1.060.000 tonnes en 1892. L'objectif d'émission de 853.000 tonnes pour 2030 est donc inférieur de 207.000 tonnes au niveau d'émission de 1892. Depuis 2003, le bétail en Allemagne émet même moins de méthane qu'en 1892. Entre 1990 et 2021, les émissions de méthane provenant de la digestion des animaux d'élevage ont diminué de 390.000 tonnes pour atteindre 930.000 tonnes.

 

 

Moins d'émissions de méthane : le cheptel actuel est moins important qu'il y a plus de 100 ans

 

Les deux chercheurs voient une raison à cela dans la forte diminution du nombre de bovins, de moutons et de chèvres. Bien que la population du territoire de l'Allemagne actuelle, qui était d'environ 34 millions d'habitants à l'époque, ait considérablement augmenté au cours des 130 dernières années pour atteindre 84 millions d'habitants, l'augmentation de la productivité des animaux et l'efficacité de l'élevage ont permis d'assurer leur subsistance avec un nombre d'animaux inférieur, ce qui s'est accompagné d'une baisse des émissions de méthane.

 

Ainsi, en 1892, les statistiques faisaient état d'un total de 12,45 millions de « vaches et autres bovins », 8,93 millions d'ovins, 2,53 millions de caprins et 2,33 millions de chevaux. Actuellement, l'Allemagne compte 11 millions de bovins, 1,5 million d'ovins, 140.000 caprins et 1,3 million de chevaux (source : bmel-statistik.de und AWA-analyse).

 

 

Comment l'Allemagne peut-elle atteindre ses objectifs en matière d'émissions ?

 

Les chercheurs du FBN voient des approches de solution pour une nouvelle réduction réussie des émissions de méthane surtout dans l'élevage porcin. Certes, les porcs produisent relativement peu de méthane, mais d'un autre côté, un porc sur cinq en Allemagne n'est pas nécessaire à l'alimentation de la population. Une réduction de 20 pour cent des effectifs permettrait d'économiser 5.000 tonnes de méthane par an. A cela s'ajouteraient des économies de plusieurs milliers de tonnes de dioxyde de carbone – également un gaz à effet de serre nocif – liées à l'importation d'aliments à base de soja. Le soja étant également adapté à l'alimentation humaine, une réduction de son utilisation comme aliment pour animaux réduirait la concurrence entre l'auge et l'assiette.

 

Il existe également des possibilités de réduire les émissions de méthane chez les bovins. En Allemagne, le taux d'autosuffisance en lait est de 112 pour cent. Selon les chercheurs, une réduction du cheptel ne mettrait pas en danger la sécurité alimentaire et ne remettrait pas en question les habitudes alimentaires. De même, l'alimentation avec de la biomasse disponible au niveau régional, qui ne convient pas à l'alimentation humaine, réduirait les émissions en supprimant les importations de fourrage, sans pour autant entrer en concurrence avec l'alimentation humaine.

 

Pour en savoir plus sur cette étude, cliquez ici.

 

_______________

 

* Jana Dahlke (anciennement Semenow) travaille chez AGRARHEUTE en tant que rédactrice cross-média dans la rubrique élevage.

 

Source : Studie bestätigt: Nutztiere in Deutschland stoßen weniger Methan aus | agrarheute.com

 

Ma note : La première partie de l'article est intéressante.

 

La deuxième est sans doute navrante. Le gouvernement a un objectif ? Il oublie – ou ne sait pas – que le méthane issu de l'élevage s'inscrit dans un cycle. Ce cycle a été relevé dans des commentaires.

 

On pourrait... Certes, mais réduire la production de porcs ou de lait est susceptible d'engendrer une augmentation de la production ailleurs, pour satisfaire la demande, de sorte que le résultat obtenu serait une délocalisation des émissions. Mais qu'importe... l'objectif n'est-il pas de passer pour un bon élève ?

 

Tout aussi problématique, au moins potentiellement, est l'idée qui consiste à produire les protéines (le soja) au niveau national. Y aurait-il un bénéfice climatique lié à la réduction des transports intercontinentaux ? Rien n'est moins sûr a priori si on tient compte de l'ensemble des données. Quel serait le bilan carbone d'une production de soja en milieu favorable en Amérique Latine et d'une production de blé pour l'exportation en Allemagne comparé au bilan d'une production de soja en milieu moins favorable en Allemagne et, éventuellement, une production accrue de blé en Amérique Latine pour une exportation vers un autre continent ?

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