« Se désagricultiriser » ? Un néologisme de Mme Sylvie Brunel dans Atlantico
Glané sur la toile 975
Le Salon International de l'Agriculture est l'occasion pour certains médias de convoquer – dans le cas d'Atlantico encore plus que d'habitude – des plumes en soutien de l'agriculture française, autrement dit de notre alimentation.
Voici donc « Sylvie Brunel : "Après s’être désindustrialisée, la France semble bien partie pour se désagricultiriser" ».
Nous formerons le vœu – sans retenir notre souffle – qu'elle se trompe...
En chapô :
« Les agriculteurs nous ont garanti une nourriture sûre et de qualité, qui est devenue tellement évidente à nos yeux que nous ne cessons de mettre des entraves à leur métier, à leur imposer des normes, des interdictions, des contrôles qui les découragent. »
Mme Sylvie Brunel a répondu aux questions suivantes :
« Atlantico : Vous publiez "Nourrir : Cessons de maltraiter ceux qui nous font vivre !" aux éditions Buchet Chastel. A l’occasion de l’ouverture du Salon de l’Agriculture, et alors que nous n’avons jamais eu autant besoin des agriculteurs, pourquoi sont-ils autant maltraités ? Pourquoi sont-ils devenus des boucs émissaires ? Est-ce lié à l’idéologie des activistes pour le climat les plus radicaux ?
Si l'on regarde le monde agricole au sens large, quelles sont les principales erreurs commises en la matière ?
A quel point est-ce problématique ? Qui sont les responsables ?
Comment remettre l'agriculture sur de bons rails et arrêter de commettre les erreurs qui peuvent encore être réparées ?
La troisième question n'est intelligible que si on connaît la réponse à la deuxième :
« Leur interdire les traitements alors que la pression parasitaire s’aggrave avec la mondialisation et le changement climatique. Mais aussi le génie génétique pour trouver rapidement les variétés les plus adaptées aux nouvelles conditions de culture. Pour nous les vaccins ARN, pour eux la binette !
Proscrire l’irrigation alors que l’eau va se perdre dans la mer et que nous sommes le pays record au monde pour le nombre de piscines privées (d’ailleurs traitées …). Parler de megabassines là où il s’agit de réserves de substitution qui apportent de l’eau pour tous, pour les oiseaux, les insectes, la biodiversité … et surtout une alimentation de qualité en stockant le carbone. C’est une erreur tragique que de vouloir une agriculture uniquement pluviale, locale, de petite taille et traditionnelle… »
Et voici la réponse à la dernière question :
« Tout d'abord, ceux qui nous nourrissent et nous font vivre doivent être respectés. Nous devons aller à leur rencontre pour comprendre la technicité et la difficulté de leur métier, et leur être reconnaissants de nous protéger de maladies mortelles comme les mycotoxines, de nous assurer une alimentation sûre, saine, variée, de qualité … et accessible financièrement. Tout en apportant des réponses énergétiques, paysagères et climatiques. Et nous devons privilégier l’origine France dans nos achats, pour rester cohérents avec nos exigences sociales et environnementales ! Sans cette indispensable réconciliation, la France, après s’être désindustrialisée, mais être revenue au principe de réalité dans l’énergie, se désagriculturalisera inéluctablement et rejoindra l’immense groupe des pays sans souveraineté alimentaire. Qui dépendent de Biden ou de Poutine pour se nourrir. La France a encore la chance de faire partie du tout petit groupe de pays exportateurs de céréales mais aussi de semences et de pommes de terre, où elle occupe la première place mondiale. Sans évidemment parler des produits laitiers, des vins et spiritueux, de notre gastronomie d’exception. Ce serait une faute grave de perdre cette puissance. Toutes les agricultures sont complémentaires et nécessaires mais surtout il faut rendre à nouveau ce métier attractif. Instaurons un service civique agricole pour que les jeunes qui veulent sauver la planète comprennent qu’ils peuvent y contribuer dans l’agriculture, pleinement engagée dans sa révolution verte ! »
Ce discours n'est pas nouveau. On peut avoir envie d'ajouter : « Hélas ! » Mais qu'il est bon de le réentendre !
On peut aussi l'écouter dans C dans l'Air.
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