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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Protection des plantes : des scientifiques mettent en garde le Bundestag contre le règlement de l'UE

21 Février 2023 Publié dans #Pesticides, #Allemagne, #Union Européenne

Protection des plantes : des scientifiques mettent en garde le Bundestag contre le règlement de l'UE

 

Johanna Michel, AGRARHEUTE*

 

 

© Landpixel

Hier (6 février 2023), des scientifiques et des experts ont mis en garde les responsables politiques agricoles au Bundestag contre les conséquences du projet de règlement européen sur l'utilisation durable des produits phytosanitaires.

 

 

La majorité des experts présents à une audition publique hier (6 février 2023) au Bundestag ont évalué de manière critique le projet de règlement européen sur l'utilisation durable des produits phytosanitaires.

 

 

Quatre des sept experts invités par les groupes parlementaires à l'audition publique ont exprimé de nettes réserves quant à la proposition de l'UE sur l'utilisation durable des produits phytosanitaires.

 

La stratégie farm-to-fork de l'UE prévoit notamment une réduction de 50 % de l'utilisation des produits phytosanitaires dans l'UE d'ici 2030. Une motion de l'Union [CDU/CSU] visant à empêcher la réduction forfaitaire de l'utilisation des produits phytosanitaires a servi de base à l'audition publique.

 

 

Tiedemann : la proposition de règlement de l'UE n'est pas justifiable scientifiquement

 

Du point de vue du professeur Andreas von Tiedemann, directeur du département de pathologie végétale et de protection des plantes de l'Université Georg-August de Göttingen, la politique phytosanitaire se fonde sur de mauvaises approches. Selon Tiedemann, les plans de l'UE reposent sur une évaluation erronée des avantages et des risques de la protection des plantes.

 

Selon le scientifique, une protection phytosanitaire encore plus efficace sera nécessaire à l'avenir en raison de l'augmentation de nouveaux agents pathogènes invasifs. Mais si les produits phytosanitaires d'importance systémique peuvent être utilisés de manière plus limitée, cela réduira également le nombre de cultures qui peuvent être produites de manière rentable. De plus, la tendance à l'agrandissement des exploitations se poursuivra et les importations agricoles de l'Allemagne augmenteront.

 

Au lieu de cela, les réglementations devraient s'orienter vers les facteurs causaux – notamment la diversité des habitats – selon Tiedemann. En revanche, on ne peut pas augmenter la biodiversité en réduisant l'utilisation de produits phytosanitaires.

 

Bernhard Krüsken, secrétaire général de l'Union Allemande des Agriculteurs (DBV), estime lui aussi que les mesures prévues par l'UE ne sont pas appropriées. En outre, la sécurité alimentaire n'est pas prise en compte dans la proposition de règlement. La proposition de l'Union [CDU/CSU] a été soutenue par la DBV.

 

 

Promouvoir l'innovation dans la protection des plantes

 

Frank Gemmer, directeur général de l'Industrieverband Agrar (IVA), a également critiqué le manque de bases scientifiques dans les objectifs de réduction de l'UE. Selon lui, en outre, les alternatives à la protection phytosanitaire chimique de synthèse ne sont pas prises en compte. M. Gemmer a rappelé que le plan de l'UE entraînerait actuellement la perte de 3,5 millions d'hectares de terres arables rien qu'en Allemagne, selon une étude du Thünen-Institut. La mutation structurelle de l'agriculture vers des exploitations plus grandes s'en trouverait accélérée.

 

D'autre part, les grandes exploitations pourraient jouer un rôle important dans l'utilisation future des produits phytosanitaires, a expliqué le professeur Jens Karl Wegener, directeur de l'Institut Fédéral de Recherche sur les Cultures à l'Institut Julius Kühnen. Ainsi, les innovations techniques telles que la pulvérisation ponctuelle dans les champs et l'extension de la numérisation des processus d'exploitation seraient mieux mises en œuvre dans les grandes exploitations. Tewes Tralau, de l'Institut Fédéral d'Évaluation des Risques, a lui aussi déclaré que les petites et moyennes exploitations en particulier ne pourraient pas se passer de produits phytosanitaires du jour au lendemain.

 

 

Bellingrath-Kimura : ne pas considérer uniquement une mesure ponctuelle

 

Sonoko Dorothea Bellingrath-Kimura, professeur au Leibniz-Zentrum für Agrarlandschaftsforschung, a déclaré que le potentiel de réduction des produits phytosanitaires n'avait pas encore été étudié de manière systématique et complète. Une réduction de 30 à 50 pour cent des produits phytosanitaires est étudiée au Centre Leibniz depuis 2020. Les résultats obtenus jusqu'à présent indiquent que les relations spatio-temporelles entre les différents types de cultures jouent un rôle important. En revanche, l'étude d'une seule culture sur une parcelle au cours d'une saison ne serait pas suffisante.

 

Le professeur Josef Settele du Centre Helmholtz pour la Recherche Environnementale a fait référence aux résultats de la conférence des Nations Unies sur la protection des espèces tenue à Montréal en décembre dernier. Des objectifs ont été fixés, qui ont également des répercussions sur l'agriculture. Ainsi, l'objectif de protéger au moins 30 pour cent de la surface terrestre et maritime mondiale d'ici 2030 a été formulé. De tels accords doivent servir de repères.

 

_____________

 

Johanna Michel travaille depuis 2020 comme rédactrice cross-média chez AGRARHEUTE. Employée spécialisée dans les services des médias et de l'information, elle a d'abord travaillé dans l'administration du Bundestag allemand et a suivi, en parallèle, des études d'agronomie à l'Université Humboldt de Berlin. Au sein du Département Exploitation et Marché, elle s'intéresse particulièrement à la mise en œuvre des décisions de politique agricole en raison de ses connaissances en matière de législation.

 

Source : Pflanzenschutz: Wissenschaftler warnen im Bundestag vor EU-Verordnung | agrarheute.com

 

 

 

 

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