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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les gens s'inquiètent hystériquement des substances cancérigènes à faible risque. Et puis ils boivent !

22 Février 2023 Publié dans #Santé publique

Les gens s'inquiètent hystériquement des substances cancérigènes à faible risque. Et puis ils boivent !

 

Josh Bloom*

 

 

Un verre de cancer ? Photo : Amazon

 

 

Grâce en grande partie à la presse et à certains groupes environnementaux radicaux, la plupart des gens sont terrifiés par les produits chimiques parce qu'ils peuvent nous donner le cancer. La plupart de ces craintes sont fausses, mais l'une d'entre elles concerne un produit chimique très apprécié : l'alcool. Contrairement à un soda light, un verre d'alcool présente un vrai risque.

 

 

L'un de nos défis à l'ACSH est d'essayer d'informer le public sur l'évaluation du risque relatif. La plupart des gens sont incapables de faire cette évaluation. Ils s'inquiètent de prendre l'avion mais conduisent en envoyant des SMS. Ou bien ils refusent de prendre du Naproxène parce qu'ils « n'aiment pas les médicaments » [« drugs » en anglais, comme pour les drogues] mais fument de la marijuana tous les soirs. Cette déconnexion n'est nulle part plus évidente que dans l'évaluation des craintes, réelles ou imaginaires, de cancer. Mais vous ne pouvez pas blâmer le public pour cette confusion. Il est constamment manipulé par ce qu'il entend et lit et ne sait pas quoi ou qui croire. La presse, certains groupes de défense de l'environnement et un trop grand nombre de vendeurs de suppléments sur Internet sont connus pour diffuser des affirmations fausses ou exagérées sur les alertes au cancer.

 

Par exemple, peut-il y avoir une publication plus importante que le New York Times pour transmettre des informations, exactes ou non ? Malheureusement, le Times est un récidiviste dans la diffusion d'avertissements effrayants sur le cancer fondés sur des preuves fragiles ou inexistantes, en partie parce qu'il s'appuie sur Nicholas Kristof, un journaliste par ailleurs excellent qui ne connaît rien à la chimie ou à la toxicologie. Mais cela ne l'empêche pas d'écrire sur le sujet. Kristof s'est accroché à certains produits chimiques présents à l'état de traces dans les plastiques et « se dresse contre le cancer du sein », selon un article de 2014. En particulier, Kristof a tellement peur du bisphénol-A (BPA) qu'il ne touche pas aux tickets de caisse. Tout ce bruit à propos d'un produit chimique qui a été étudié ad nauseam mais qui est toujours considéré par certains comme étant à peu près équivalent à se tenir nu dans un bac en acier rempli d'eau salée au sommet du Chrysler Building tout en tenant un fer 7 pendant un orage électrique. Et cette crainte persiste malgré les résultats d'une étude exhaustive de deux ans parrainée par la FDA sur la substance chimique, laquelle a conclu que :

 

 

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La FDA reconnaît l'intérêt que de nombreux consommateurs portent à l'utilisation sûre du bisphénol A (BPA) dans les emballages alimentaires. La FDA a effectué des recherches approfondies et examiné des centaines d'études sur la sécurité du BPA. Nous rassurons les consommateurs sur le fait que les utilisations actuelles approuvées du BPA dans les récipients et emballages alimentaires sont sûres.

Questions et réponses sur l'utilisation du bisphénol A (BPA) dans les applications en contact avec les aliments (2018)

 

Et il n'y a pas que le BPA. L'Environmental Working Group, dont la science est contestée, voudrait vous faire croire que si vous utilisez des produits (sauf ceux qui sont approuvés par l'EWG, bien sûr) comme les écrans solaires, le maquillage, le shampoing, les nettoyants ménagers, ou même si vous buvez de l'eau du robinet, vous n'êtes qu'à un pas des soins palliatifs.

 

Oui, il est difficile de savoir ce qui va vous arriver. Mais la distorsion la plus flagrante de l'évaluation rationnelle des risques provient peut-être de personnes qui reculent d'horreur devant le coca light, le glutamate monosodique, les conservateurs ou les arômes chimiques, mais qui boivent pourtant quelques verres de vin chaque soir.

 

En effet, contrairement au BPA ou aux insecticides, le lien entre l'alcool et certains cancers (dont le cancer du sein) est solide. Selon l'American Cancer Society, la consommation d'alcool est liée aux cancers suivants :

 

  • Bouche ;

  • Gorge ;

  • Larynx ;

  • Œsophage ;

  • Foie ;

  • Colon et rectum.

 

Et il ne s'agit pas d'une simple association ; il existe une dépendance à la dose. Pour chacun des cancers susmentionnés, plus la consommation d'alcool est importante, plus le risque de cancer est élevé. La dépendance à la dose est une preuve assez solide de cause à effet plutôt qu'une simple corrélation. Ceci est vrai pour tous les cancers de la liste, à l'exception du cancer du sein. Une école de pensée soutient que pour le cancer du sein, il n'existe aucun niveau d'alcool sans danger (bien que cela me semble un peu tiré par les cheveux).

La consommation d'alcool, même en petites quantités, est liée à un risque accru de cancer du sein chez les femmes. L'alcool peut augmenter le taux d'œstrogènes dans l'organisme, ce qui peut expliquer en partie l'augmentation du risque.

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Mais boire davantage est pire.

Une analyse groupée des données de 53 études a révélé que pour chaque boisson alcoolisée consommée par jour, le risque de cancer du sein augmentait d'environ 7 %. Les femmes qui consomment deux à trois boissons alcoolisées par jour ont un risque de cancer du sein 20 % plus élevé que les non-buveuses.

Source : Komen.org [1}

 

Des conseils ? En dehors de ce qui est évident, je dirais que toute personne qui, par souci de sécurité, boit un rhum-coca mais pas un rhum-coca light, est peut-être un peu perdue.

 

________________

 

[1] Drinking Alcohol in Moderation – Is the Glass Half-Full or Half-Empty? - Komen Perspectives - Susan G. Komen®

 

Josh Bloom, directeur des sciences chimiques et pharmaceutiques.

 

Josh Bloom, vice-président exécutif et directeur des sciences chimiques et pharmaceutiques, vient du monde de la découverte de médicaments, où il a fait de la recherche pendant plus de 20 ans. Il est titulaire d'un doctorat en chimie.

 

Source : People Worry Hysterically About Low Risk Carcinogens. And Then They Drink | American Council on Science and Health (acsh.org)

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