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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Vu d'Allemagne : trop de lait bio en France : 40 % de lait bio commercialisé en conventionnel

13 Janvier 2023 Publié dans #Agriculture biologique, #économie

Vu d'Allemagne : trop de lait bio en France : 40 % de lait bio commercialisé en conventionnel

 

Olaf Zinke, AGRARHEUTE*

 

 

© stock.adobe.com/Stéphane LEITENBERGER

Depuis un an, toutes les entreprises laitières françaises ont beaucoup de mal à vendre leur lait bio – Lactalis, Sodiaal, Agrial et Biolait sont les quatre principaux acheteurs et commercialisateurs de lait bio. La consommation n'augmente plus aussi vite que la production. Pour la première fois, les ventes baissent également en France. Faute de débouchés, le lait bio subit une pression et est « déclassé ».

 

 

Le géant français des produits laitiers Lactalis vend jusqu'à 40 % de son lait bio comme du lait normal. D'autres grandes laiteries françaises procèdent de la même manière. Elles déclassent le lait bio tant au niveau du prix que de la valorisation, rapportent les médias français.

 

 

© stock.adobe.com/Stéphane LEITENBERGER

Faute de débouchés, le lait bio subit une pression et est « déclassé », rapporte le portail médiatique français Basta ! Concrètement, les grandes laiteries qui collectent le lait bio et conventionnel auprès des agriculteurs mettent le lait dans le même tank.

 

 

Cela se fait apparemment parce qu'il n'y a plus assez de demande de la part des consommateurs. Malgré cela, la production annuelle continue d'augmenter et a récemment atteint 250 millions de litres par an. On estime que 40 pour cent de cette production n'est pas commercialisée en bio, rapportent les médias français. Selon les derniers chiffres, la demande des consommateurs en lait bio a baissé d'environ 10 pour cent, bien que l'agriculture biologique soit de plus en plus développée en France, rapporte également le portail agricole néerlandais nieweoogst.

 

Jusqu'en 2019, Lactalis versait encore des bonus et des subventions aux producteurs laitiers français qui passaient du conventionnel au bio. Mais ces derniers mois, il n'en est plus question, pas plus que des garanties d'achat qui existaient jusqu'à présent. De plus, Lactalis renonce aux pénalités contractuelles et au remboursement des subventions en cas de reconversion, mais l'offre n'est malgré tout que modérément acceptée.

 

Alors que les prix des produits bio sont trop élevés pour de nombreux consommateurs, les prix à la production ne couvrent pas les coûts pour de nombreux agriculteurs bio. Dans les rayons des supermarchés, les bouteilles de lait bio coûtent toujours plus cher que le lait conventionnel. Selon les médias français, une bouteille de lait bio Lactel coûtait jusqu'à 2,80 euros en milieu d'année, contre 1,40 euro pour une brique de lait conventionnel.

 

Mais à l'autre bout de la chaîne, certains producteurs français de lait bio ne touchaient plus que 40 à 50 centimes par litre, soit jusqu'à sept fois moins ! Cette situation est sans précédent : les agriculteurs bio étaient parfois moins bien payés que leurs collègues conventionnels.

 

 

Le lait bio est tout simplement déclassé – les prix chutent

 

En France aussi, la production de lait bio a évolué parallèlement à l'augmentation de la consommation de produits bio. Entre 2015 et 2021, la quantité de lait bio produite en France a doublé, passant de 600 millions de litres à 1,2 milliard de litres. D'ici fin 2022, 100 millions de litres de lait bio supplémentaires devraient avoir été collectés en raison des conversions en cours, constate la Fédération Française des Industries Laitières.

 

Contrairement à leurs collègues conventionnels – dont les prix sont très fluctuants – les producteurs de lait bio bénéficiaient en fait de prix stables et en constante augmentation. Mais depuis un an, toutes les entreprises laitières françaises ont beaucoup de mal à vendre leur lait bio – Lactalis, Sodiaal, Agrial et Biolait sont les quatre principaux acheteurs et commercialisateurs de lait bio. La consommation n'augmente plus aussi vite que la production. Après dix ans de croissance à deux chiffres, la croissance du bio ralentit nettement.

 

Pour la première fois, les ventes baissent également en France. Faute de débouchés, le lait bio est sous pression et « déclassé », rapporte le portail média français Basta ! Concrètement, les grandes laiteries qui collectent le lait bio et conventionnel auprès des agriculteurs mettent le lait dans le même tank. En octobre 2021, Lactalis avait déjà fait savoir qu'elle déclassait environ 30 % du lait bio qu'elle collectait.

 

La situation est similaire pour d'autres laiteries comme Biolait : le prix de 1000 litres de lait bio est passé de 500 euros à 385 euros, rapporte le portail d'information Basta ! En 2021, le prix moyen du lait bio se situait entre 462 et 472 euros les 1000 litres, mais la tendance est clairement à la baisse, avec des différences plus ou moins importantes selon les laiteries et les régions, poursuit le journal.

 

____________

 

Olaf Zinke travaille pour AGRARHEUTE en tant que rédacteur cross-média pour les opérations et les marchés. Il analyse les marchés agricoles et des produits de base nationaux et internationaux depuis trois décennies et a travaillé à ce titre pour diverses institutions.

 

Source : Zu viel Biomilch in Frankreich: 40 % Biomilch konventionell vermarktet | agrarheute.com

 

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D
Un point qu'il faut rappeler: le lait bio se vend surtout sous forme de lait, et non pas sous forme de produits transformés.<br /> Or, la valeur ajoutée du lait est beaucoup plus faible que celle des produits transformés (fromages, beurre etc).<br /> Les producteurs de lait qui ont décidé de s'affranchir des industriels (par ex C'est qui le patron) s'aperçoivent vite que sans transformation, il est difficile de capter la VA.<br /> Les produits transformés estampillés bio trouvent difficilement leur public. Et les temps sont venus dans les GMS de réduire l'offre commerciale; bref, ça sent la fin de partie et le retour au marché de niche.<br /> Il faudrait peut être prévenir la Commission européenne.
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