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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Un sociologue de l'INRAE « explique » pourquoi nous n’arrivons pas à nous passer de pesticides

6 Décembre 2022 Publié dans #critique de l'information, #Pesticides, #Activisme

Un sociologue de l'INRAE « explique » pourquoi nous n’arrivons pas à nous passer de pesticides

 

 

(Source)

 

L'Obs a publié derrière un péage « Pesticides : pourquoi est-ce que nous n’arrivons pas à nous en passer ? », un entretien avec M. François Dedieu, sociologue à l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement (INRAE) et, paraît-il, spécialiste des pesticides.

 

Cet article vient en relation avec la sortie de son ouvrage, « Pesticides. Le confort de l’ignorance ». On trouvera par exemple ici des pages de ce volumineux ouvrage – 400 pages... il faut bien ça pour expliquer pourquoi nous ne pouvons pas nous passer de pesticides (sans nul doute : « de synthèse »). La partie « Introduction » résume bien l'approche de l'auteur, déjà suggérée par le titre.

 

En chapô de l'article de l'Obs :

 

« Les stratégies déployées par les industriels pour entretenir le doute sur les effets des pesticides sur la santé constituent une des raisons du statu quo actuel. Mais il ne s’agit que de la partie émergée du problème, estime le sociologue François Dedieu. »

 

L'article s'ouvre aussi, sans surprise, sur une photo d'un tracteur et d'un pulvérisateur. En légende : « La France est le troisième consommateur mondial de pesticides ». C'est faux, même limité à l'Europe ! Mais ça alimente l'esprit général de l'article.

 

 

(Source)

 

 

On n'entrera pas trop dans le détail de l'article.

 

Comme on pouvait s'y attendre, il y aurait un intense lobbying des agrochimistes qui « développent des stratégies pour influencer la recherche, l’expertise et la décision publique, et ainsi entretenir le doute sur les effets des pesticides sur la santé ».

 

Avec une référence aux « Monsanto Papers », cette stratégie des avocats prédateurs qui ont voulu faire les poches de Bayer-Monsanto et se sont appuyés notamment sur des journalistes niais ou complaisants, voire complices. Et une autre référence, incontournable, au tabac...

 

Mais ce ne serait pas la raison la plus importante :

 

« La focalisation de l’attention du grand public et des médias sur les manœuvres des "marchands de doute" masque en effet le rôle, plus fondamental, que jouent les instances officielles d’expertise et les pouvoirs publics dans cette fabrique de l’ignorance. Si le doute sur les effets des pesticides sur la santé parvient à se maintenir aussi durablement, c’est d’abord parce que le dispositif d’homologation des pesticides est insuffisant. L’ensemble de la machinerie administrative, réglementaire et scientifique en charge du contrôle de ces substances entretient une forme d’aveuglement en grande partie involontaire, en encourageant les différents acteurs – fonctionnaires, experts, agriculteurs – à mésestimer les dangers des pesticides. »

 

Notez bien le « en grande partie involontaire » qui implique que les instances ainsi mises en cause se livreraient – volontairement – à des manœuvres condamnables.

 

On se surprend à lire :

 

« Quant aux contrôles a posteriori, on s’aperçoit qu’ils ne remettent jamais en cause les conclusions des contrôles a priori, notamment parce qu’ils dépendent beaucoup des remontées faites par les agriculteurs. »

 

Il faut donc croire que les nombreuses substances retirées de la circulation à l'issue d'une procédure de réautorisation l'ont été pour des motifs futiles...

 

Les autorités pratiqueraient aussi le déni et l'escalade d'engagement :

 

« […] Reconnaître que les tests réalisés jusque-là sont perfectibles viendrait fragiliser l’image et la réputation des instances d’expertise. Car c’est admettre que de nombreuses substances potentiellement dangereuses ont été mises en circulation pendant des années. Imaginez le scandale ! C’est tout l’édifice administratif et scientifique du contrôle des risques qui pourrait s’effondrer. »

 

Bref, on aura du mal à trouver l'explication basique du recours aux produits de protection des plantes : ils rendent de distingués services aux agriculteurs, dans la production agricole, c'est-à-dire essentiellement alimentaire. Sécuriser les productions, en quantité et qualité, semble être un objectif inconnu dans certains départements de l'INRAE...

 

Mais on la trouve implicitement, par référence au « modèle de la production agricole française » et « sa dépendance forte à ses produits ».

 

On admirera aussi la logique interne du propos. Durcir les tests serait notamment

 

« une catastrophe pour les industriels, bien entendu, mais aussi pour les filières agricoles, qui verraient leurs récoltes mises en péril et leurs rendements chuter. »

 

Ah, quand même ! Il suffisait donc de creuser un peu la question pour vérifier que « nous n'arrivons pas à nous en passer » pour de bonnes raisons pragmatiques – et pas à cause des prétendus complots des industriels et de l'incurie alléguée des autorités – et que la réduction des usages ne se décrète pas d'un coup de crayon.

 

Mais, bien sûr, la situation actuelle est intolérable selon les conceptions de l'auteur (et une opinion largement diffusée et partagée). Donc :

 

« Tant que l’on ne freinera pas le nombre de substances chimiques mises en circulation, on ne s’en sortira pas. »

 

Arrêtons-nous ici, bien qu'il y en ait encore sous le capot : c'est le même principe que Farm to Fork et la volonter d'imposer aux forceps une réduction de 50 % du recours aux produits de protection des plantes à l'horizon 2030.

 

 

(Source)

 

 

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M
Bonjour, pour être salarié à l'INRAE, il faut être dans la mouvance Bio et critiquer tout ce qu'ont pu faire les anciens de l'Inra ! Notre économie agricole a devenir largement importatrice ce rythme !
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H
Qu'un sociologue qui n'y connait rien débite un tel tissu d'absurdités n'a rien d'étonnant, mais qu'il pointe à l'INRAE est tout simplement hallucinant. Cette autrefois grande institution est tombée bien bas.<br /> On notera les allusions à une théorie du complot très à la mode quand on a pas d'arguments honnêtes et rationnels.<br /> Il a déjà écrit sur les intoxications des agriculteurs par les pesticides et n'a pas du tout l'air au courant des conclusions de l'énorme enquête AGRICAN qui montre la bonne santé générale des agriculteurs par rapport au reste de la population française. Ou peut-être pense t-il à un complot de plus ?
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