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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Mercredi 9 novembre 2022 : journée « portes ouvertes » chez Télérama

20 Novembre 2022 Publié dans #critique de l'information

Mercredi 9 novembre 2022 : journée « portes ouvertes » chez Télérama

 

 

 

 

Télérama a ouvert son site web pour 24 heures le mercredi 9 novembre 2022.

 

J'ai visité et j'ai cherché – dans un hasard bien organisé – « OGM ». Le site m'a affiché 104 résultats, mais seuls les premiers semblent intéressants. Florilège...

 

 

 

 

 

L'aguiche :

 

« Attention défi : Frédéric Castaignède tente de démêler le vrai du faux dans le débat passionné sur la culture des OGM. Une enquête dense et fouillée qui parvient à des conclusions loin des idées reçues. [...] »

 

On peut être pris de fou-rire...

 

La description du chef-d'œuvre est expédiée en deux paragraphes par M. Marc Belpois. Qu'on se rassure : on ne sort pas des idées reçues... Le réalisateur aura par exemple livré

 

« ici le fruit d'une longue et rigoureuse enquête, qui plonge aussi bien dans l'histoire de la transgénèse (le tripatouillage des génomes) que dans le monde merveilleux des animaux génétiquement modifiés (AGM) ». Monsanto est le « champion américain du brevetage du vivant »...

 

 

 

C'est l'article compagnon du précédent, du même auteur. Avec une curieuse photo floue censée montrer un champ d'essais de riz – sans doute de l'Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) si l'on se fie aux désignations « IR » – sans séparation claire des parcelles et, au fond, une pancarte « IR OGM 143 »... On doit parler le français aux Philippines... Ici, on nous apprend que les droits d'auteur appartiennent à la Compagnie des Taxis-Brousse.

 

 

 

 

Là, on peut se rouler par terre... Pourquoi un nouveau film ?

 

« Parce que les nombreuses enquêtes déjà réalisées sur les OGM sont des films militants, une approche tout à fait honorable mais qui favorise les raccourcis scientifiques. Or les pro-OGM se saisissent de la moindre petite inexactitude pour décrédibiliser l'ensemble de ces travaux. »

 

Nous comprenons que ces gens – Arte en particulier – ont considéré que les films précédents étaient... anti-OGM, militants !

 

M. Frédéric Castaignède joue ensuite les naïfs :

 

« Primo, je n'imaginais pas que le débat était à ce point polarisé : il y a ceux extrêmement pour, ceux extrêmement contre, et quasiment personne au milieu pour penser cette thématique de manière dépassionnée et impartiale. »

 

Si vous avez visionné le « document... », ou simplement en lisant ces lignes, vous vous serez rendu compte que l'on est resté dans la catégorie « extrêmement contre ». Voici – rappelons que nous sommes en 2016 – un morceau de choix :

 

« […] Résultat, comme dit le professeur Gilles-Eric Séralini nous avons créé des "éponges à pesticides". Difficile de croire que ces "éponges à pesticides" ne font courir aucun risque au consommateur... »

 

Ou encore :

 

« Non seulement Monsanto poursuit en justice les agriculteurs qui sèment leurs graines sans même le savoir, leurs champs ayant été contaminés à leur insu. Mais la firme attaque aussi certains scientifiques dont les travaux lui déplaisent, en témoigne les cas célèbres des biologistes Ignacio Chapela et Gilles-Eric Séralini. Elle cherche à ternir leur réputation pour décrédibiliser leurs résultats. »

 

Concluons pour notre part :

 

« Au final, votre film livre pourtant des conclusions dans la veine des discours anti-OGM...

 

Absolument, mais la démonstration est implacable. Si j'avais trouvé des arguments favorables aux OGM, juré, je les aurais cités... »

 

 

 

L'aguiche :

 

« Avec “Bientôt dans votre assiette (de gré ou de force)”, le journaliste d'investigation signe une remarquable enquête sur les effets dévastateurs du combo “OGM-herbicides”, le cocktail préféré du géant agrochimique américain. Flippant et écœurant. »

 

Nous resterons prudents sur ce coup : notre critique (toujours sur la toile) du « document... » a fait l'objet d'une procédure bâillon... Mais nous pouvons nous en remettre à l'avis sus-mentionné : « ...les nombreuses enquêtes déjà réalisées sur les OGM sont des films militants... »

 

Pour Télérama, l'enquête est – évidemment – « remarquable ».

 

 

« Sur Arte, les docs font de la désintox » (Publié le 21/02/14)

 

C'est un entretien avec Mme Hélène Coldefy, responsable de l'unité découverte et connaissance.

 

Le couplet sur les OGM ?

 

« Nous démarrons en effet un projet dont le titre de travail est OGM, vérités et mensonges. Notre ambition est d'enquêter de la manière la plus objective sur ce sujet qui fait débat, en abordant la question de la sécurité alimentaire, qui préoccupe tout le monde, mais aussi l'inquiétude des scientifiques quant à la propagation des OGM dans la nature. »

 

De la manière la plus objective... en posant les jalons de la partialité la plus crasse...

 

Oh ! L'illustration ? Trois personnages posant en combinaison de protection intégrale contre les risques chimiques...

 

 

 

On s'en doute... septembre 2012... l'ignoble photo de trois rats... Les extraits ne sont plus visibles.

 

 

 

Vous avez bien fait... Ah non ! Pas pour Télérama :

 

« Debout les étourdis qui n’ont toujours pas vu l’excellent documentaire de Marie-Monique Robin sur les méthodes crapuleuses de la multinationale de biotechnologie ! Arte, stupéfié par son succès (mérité), le rediffuse samedi matin à 9h15. On ne le répétera pas. Non mais. »

 

Citons tout de même la fin de l'articulet :

 

« Sa démonstration permet aussi de saisir les moyens crapuleux ou retors employés par la firme pour désarmer ses opposants et obtenir des gouvernements qu’ils lui permettent d’étendre son empire. »

 

La « firme » est tellement puissante que ses OGM ne sont pas cultivés dans l'Union Européenne (sauf le MON810 en Espagne et un peu au Portugal) et dans de nombreux pays.

 

On touche là un phénomène assez extraordinaire : une partie de l'opposition aux OGM est fondée sur des hommes de pailles qui, si on réfléchit un tout petit peu, sont outrageusement grossiers : les opposants déploient leur argument de vente... et les médias gobent et nous la vendent.

 

 

 

En chapô :

 

« Pour dévoiler les méthodes retorses de cet empire tentaculaire, leader mondial des OGM, la journaliste a sillonné la planète. Mais aussi mené une enquête poussée sur le Web. Et pris pas mal de risques… Son documentaire est diffusé à 21h sur Arte»

 

Poussée ? Sans doute comme l'autre « enquête » dans laquelle elle a proféré des accusations ou, au mieux des insinuations à mon égard (voir « L'espion de Monsanto vous salue bien, Mme Robin ! »).

 

C'est un article en accès libre. Vous pouvez donc vérifier par vous-même combien il est remarquable par l'à-plat-ventrisme de son auteur, tout acquis aux thèses de MMR :

 

« "C'est la première fois que je construis toute une enquête sur la seule base de recherches Internet, explique cette journaliste de terrain, distinguée en 1995 par le prix Albert-­Londres. [...]" »

 

Il y a comme une incohérence avec le chapô. Et ce prix Albert Londres...

 

 

« Intox aux OGM » (Publié le 23/02/2007)

 

Cet article vaut vraiment le détour. Il relate une formidable infox qui a formidablement bien marché :

 

« Un mail pressé, pressant, intrigant, accompagné d'une vidéo : une enquête montrant les méfaits des OGM (organismes génétiquement modifiés) sur les organismes vivants, et donc les humains. D'après ce mail, l'enquête aurait été censurée, n'aurait jamais été diffusée sur Canal+. C'est faux : le film est bien passé, en 2005, dans le cadre de l'émission 90 minutes, sans aucune censure, comme nous l'a confirmé son responsable de l'époque, le journaliste Paul Moreira. […] à l'heure où nous écrivons, près de trois millions de personnes se sont connectées sur Google Images pour regarder la vidéo. [...] »

 

 

 

C'est à propos de « L’Afrique, les OGM et Bill Gates », d'un manichéisme et d'un complotisme sidérants.

 

Voici le premier paragraphe :

 

« Le philanthrocapitalisme est-il l’avenir de l’homme ? Quelques milliardaires américains en semblent convaincus. À l’image de Bill Gates, dont la fondation investit massivement dans la santé ou la recherche médicale. De "bonnes œuvres" drainant des millions de dollars, incluant toujours plus de pays et d’intermédiaires et s’invitant dans les politiques publiques internationales. Tout cela sans avoir à rendre de comptes, comme le démontre la brillante enquête L’Afrique, les OGM et Bill Gates, diffusée mardi 21 juin sur Arte. On y découvre notamment comment la quatrième fortune mondiale (en 2021) développe un programme de plantation d’OGM en Ouganda avec le concours de Bayer-Monsanto, au prétexte de combattre la famine ou les pénuries. Un philanthrocapitalisme sauvage et assumé que décrypte Auriane Guilbaud, chercheuse et maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris-VIII, autrice notamment de Business Partners. Firmes privées et gouvernance mondiale de la santé (éd. Presses de Sciences Po, 2015). »

 

Non, il n'y a pas de programme de plantation d'OGM en Ouganda... Le Président Yoweri Museveni est trop sensible à la désinformation et aux pressions anti-OGM venant notamment d'ONG et d'instances politiques de l'Union Européenne. Mais, il y a eu des réalisations sur le bananier matooke et la pomme de terre résistante au mildiou.

 

Non, Bayer-Monsanto n'est pas impliqué dans ces programmes...

 

On en est dans ce « document... » quasiment au niveau de Tintin au Congo, avec des sortes de victimes du « philanthrocapitalisme » n'ayant pas leur mot à dire ou, pire, incapables de s'exprimer :

 

« Le problème est que seule la volonté des philanthrocapitalistes compte. Tout part de femmes et d’hommes qui ont décidé de dépenser leur argent comme ils l’entendent en fonction de leurs centres d’intérêt, de leur vision du progrès social et de leur propre modèle de société. Ils choisissent et il n’y a aucun mécanisme de contrôle, notamment démocratique. »

 

Notez que ce sont là aussi des thèses qui sont professées dans nos universités (rappel : il est fait référence ci-dessus à une « chercheuse et maîtresse de conférences en science politique »...

 

 

L'entre-soi d'une coterie

 

Nous avons fait un petit tour de l'« information » par des œuvres audiovisuelles (au sens du droit d'auteur), complaisamment relayée par un média électronique et papier, et enseignée dans nos écoles.

 

Télérama a certes pour vocation de nous informer sur les programmes de télévision. Mais le titre sert la soupe sans esprit critique.

 

On peut faire la même démonstration avec des mots-clés comme « Roundup », « glyphosate », « pesticides », « bio », etc.

 

Relevons un titre particulièrement infame : « 20% de bio à la cantine : les sénateurs préfèrent attendre (qu'on soit tous morts ?) ».

 

Et si vous cherchiez par exemple « Mac Lesggy » ou « e = M6 » ? Ils sont particulièrement ciblés par M. Samuel Gontier. Vous aurez par exemple « France 2 et M6 aux petits oignons avec les annonceurs », « Quand “E = M6” sourit à la pub ».

 

Cherchez « Mac Lesggy + agriculture », en visant cette formidable émission avec M. Serge Zaka, qui a fortement déplu à d'aucuns... traitée par l'indifférence et le mépris.

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H
Excellente synthèse complètement édifiante…<br /> <br /> Il faut connaitre un peu le monde des journalistes de TV (j’en ai côtoyé pendant un quinzaine d’années) pour savoir ce qu’est réellement un documentaire ou ce qu’on appelle une enquête d’investigation. Ce ne sont ni des documentaires objectifs, ni des enquêtes d’investigation. A la TV, publique ou privée, tout est question d’audimat, parce que l’audimat, c’est de l’argent. <br /> En conséquence, les ténors qui dirigent ces « séries » d’investigation ou de documentaires ciblent, en fonction de l’ambiance du moment, des thématiques susceptibles d’intéresser un large public, et à partir de ces thématiques, on réfléchit à ce que l’on dire, toujours en fonction de l’audimat. <br /> Ce qui dope l’audimat et donc fait de l’argent , ce sont les scandales (parfois) vrais ou (souvent) faux et la peur. Regardez comme les superproductions cinématographiques catastrophes ont un immense public (Le Titanic)… <br /> Il est donc impératif de faire peur, d’angoisser et de dénoncer quelque chose, même si c’est totalement ou partiellement mensonger. <br /> A partir de là, on construit un scénario, exactement comme dans une superproduction cinématographique et on va aller chercher les images qu’il faut pour cadrer avec le scénario. Une pseudo enquête d’investigation qui va faire 20 minutes ou maxi une heure à la TV, ce sont plusieurs centaines d’heures de rush (des images enregistrés) dont on ne gardera qu’un tout petit fragment dument sélectionné. Bien entendu, ces rush sont du travail de professionnel. Ce sont des gens qui savent cadrer pour que vous ne puissiez voir que ce qu’ils veulent vous faire voir et uniquement ce qu’ils veulent vous faire voir. Le cadrage ciblé est un grand art…<br /> Les intervieweurs sont également des professionnels formés pour littéralement « torturer » les personnes qui acceptent d’être interviewées. Un interview peut durer 1 ou 2h, peu importe la teneur générale ou le fond de l’interview, ce qui compte c’est les une ou deux petites phrases clés arrachées à l’interviewé, et qui seront bien sûr sorties de leur contexte, parfois manipulées au montage en raccrochant des phares qui n’allaient pas à la suite. Bref d’un long interview, on va tirer une ou deux minutes maxi mais qui vont « coller » avec le scénario. <br /> Si la personne que l’on voulait interviewer refuse de parler car elle a une idée très claire des manipulations liés à ce genre d’interview, on va la filmer par exemple dans sa voiture, refusant de parler et on laissera entendre fortement que ce refus de parler est un aveu de culpabilité. <br /> Un certain nombre d’images qui sont contenues dans ces reportages proviennent de stocks » de rush (enregistrés dans d’autres circonstances) et qui cadrent avec le message à faire passer. <br /> Vous avez d’ailleurs exactement la même chose dans les journaux TV, quand les journalistes n’ont pas d’images pour le sujet d’actualité, ils puisent dans les stocks de rushs, et on met le commentaire qui va dessus, le cerveau humain va retenir les commentaires mais très rarement analyser les images. Il faut avoir été entrainé à le faire. <br /> On rajoute des musiques d’ambiance destinées à soulever l’émotion, l’angoisse, la peur et c’est un véritable métier également. Bien sûr le ton de la voix off est particulièrement travaillé et là aussi c’est du grand professionnalisme.<br /> Tout est construit de façon très méthodique pour vous faire croire à une enquête ou à un documentaire objectif, mais il n’en est absolument rien puisque le scénario a commencé par la conclusion et tout a été construit à partir de la conclusion souhaitée. Et bien entendu les conclusions doivent soulever une forte émotion dans le public. Plus l’émotion est grande, plus il y aura de replay. <br /> Les sujets choisis surfent en principe sur des sujets peu ou mal connus du grand public tout en étant à la mode comme l’agribashing, l’écologie ou le catastrophisme climatique, les cerveaux étant déjà préformatés, il est plus facile d’enfumer tout le monde. Bref, les séries d’investigations journalistiques et les documentaires, à 70-80% au moins, ce sont bullshit et shitbull.<br /> <br /> Un autre aspect est à prendre en compte dans les choix qui sont faits par les médias est que le monde journalistique, est à 80% de gauche ou d’extrême gauche et les anciens marxistes ont enfourché les causes du climat et de l’écologie pour détruire le monde occidental libéral. Seule la ruine provoquée de nos sociétés peut induire une situation insurrectionnelle susceptible de les porter au pouvoir. Il en fut toujours ainsi avec les marxistes, historiquement ils ne sont jamais parvenus au pouvoir par les urnes.<br /> <br /> Les patrons de presse et de TV peuvent être de puissants capitalistes extrêmement riches, peu leur importe, ils marchent dans la combine .Pour s’enrichir ils ont investi dans la terreur climatique, les productions éco-responsables, parfois même la viande végétale ou de synthèse, bref le néo capitalisme vert. <br /> La différence entre le néo capitalisme vert et le capitalisme de nos grands parents, est que les capitalistes du passé rêvaient d’enrichir tout le monde afin que tous les gens achètent leur produit. Donc tout le monde s'enrichissait et tout le monde vivait de mieux en mieux.<br /> Les néo capitalistes verts n’ont aucun d’état d’âme. Pour s’enrichir, ils sont prêts à tout, même à collaborer à la destruction de notre civilisation occidentale et à la réduction à la misère d’une grand partie des populations. <br /> <br /> Voir tout spécialement Al Gore et le tentaculaire et ultra juteux business de la terreur climatique qu'il a construit : 45 millions d'euros empochés à titre personnel en 2022, ce qui en fait l'homme politique le mieux payé de la planète. Réfléchissez y en baissant votre chauffage, en payant votre caddie au supermarché et en regardant la lumière s'éteindre faute d'électricité...
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