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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Humus et la quête du Saint-Graal » d'Agricolincrédule

7 Novembre 2022 Publié dans #critique de l'information

« Humus et la quête du Saint-Graal » d'Agricolincrédule

 

Glané sur la toile 965

 

 

 

 

Notre ami blogueur canadien Colin Hélie-Harvey a produit une petite analyse sur « Humus », un documentaire de Carole Poliquin.

 

Voici un extrait de la présentation du film :

 

« Les sols partent en poussière. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), la totalité des terres arables de la planète pourraient avoir disparu d’ici 60 ans. Un sort qui guette même nos riches terres noires de la Montérégie.

 

Devant l’urgence d’instaurer un autre rapport avec la nature, François D’Aoust a choisi il y a quinze ans d’être responsable d’un petit bout de terre dans l’univers. Tournant le dos à l’approche extractiviste qui traite le sol comme une mine à ciel ouvert, ce maraîcher et sa compagne travaillent à mettre en oeuvre dans leurs jardins les grands principes de la nature, à la recherche d’une nouvelle alliance avec le vivant.

 

Des savoirs anciens et nouveaux les guident sur ce chemin, des savoirs qui réaffirment la complexité d’un monde interdépendant, fruit de milliards d’années de coévolution. »

 

Voilà, voilà...

 

On pourra sans doute le voir en France. Sa description correspond si bien aux lignes éditoriales de quelques chaînes Philippulus soucieuses de nous annoncer la fin du monde... sauf à nous repentir et, pour l'agriculture, à « changer de modèle », etc.

 

 

Mais revenons sur Terre avec Colin et son « Humus et la quête du Saint-Graal » :

 

« Le film s’ouvre sur une scène de déversement d’une montagne de compost sur la ferme de l’agriculteur François D’Aoust. Ce maraîcher biologique, qui vend ses paniers de légumes à Montréal, nous informe qu’il devra commander de cinq à huit camions supplémentaires durant la saison pour subvenir aux besoins de ses cultures. Le protagoniste du film nous explique alors qu’en s’inspirant de la nature ainsi qu’en créant sa propre fertilité, il espère, d’ici trois ans, ne plus dépendre d’aucun intrant.

 

Malheureusement, tant et aussi longtemps que les égouts du Plateau Mont-Royal ne se déverseront pas dans les champs de l’agriculteur, les 10 roues de compost devront poursuivre leurs livraisons annuelle. Car depuis toujours, tout agriculteur ayant tenté l’expérience de créer sa propre fertilité en est venu à la même conclusion : tôt ou tard, tout ce qui sort d’un champ doit être remplacé. On n’y échappe pas : se nourrir est un acte extractiviste. On peut certes ralentir l’extractivisme d’une production agricole et s’éloigner de cette mentalité qu’on nomme souvent avec mépris le productivisme. Conserver la fertilité du sol sans intrant sera alors plus facile. Il faudra toutefois reléguer à d’autres la tâche d’exporter les nutriments de leurs fermes vers les villages et les villes de ce monde. Se nourrir reste malheureusement encore à notre époque une activité indispensable à l’homme, qu’il soit productiviste ou non. »

 

Quel sens de la formule !

 

Mais on peut craindre que ce ne soit pas suffisant face aux niaiseries bien-pensantes.

 

 

 

 

« Nos systèmes agricoles doivent devenir de plus en plus complexes »... avec une demi-douzaine de camions de compost...

 

Colin a relevé cette perle :

 

« Dans le film, une intervenante propose même à notre maraîcher de ne pas récolter une partie des courges au champ, le but étant de laisser des nutriments aux courges de l’année suivante. La logique de cette intervention m’échappe. »

 

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F
ne pas récolter une partie des courges au champ, le but étant de laisser des nutriments aux courges de l’année suivante<br /> <br /> Jolie perle! Faire de l’engrais vert avec des une partie de la récolte, plutôt que la vendre… combien de kilos de compost peut on acheter avec un kilo de courge? <br /> Ou alors j’ai mal compris et c’était la courge parlait?
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H
Malheureusement, on ne peut plus guère quitter ses pénates pour aller "dans le monde" sans être confronté à des gens d'une ignorance stupéfiante quand aux basiques des sciences naturelles et débitant des délires complets. La majorité des gens est maintenant convaincue que ça pousse tout seul, sans eau, sans engrais, sans effort, (et bientôt sans graines...). Ex récent : Les graines F1 sont des OGM stériles vendus illégalement dans toutes les jardineries, si si je ne rigole pas, j'ai du intervenir dans un magasin et improviser un cours, assez compliqué quand vous êtes face à des crét... qui n'ont même pas franchi le stade du haricot qui pousse dans le coton. Je suis parvenue à expliquer ce qu'était des F1, je n'aurais pas du tenter de défendre et expliquer les OGM, ce fut des hurlements, il était impossible d'expliquer. Ils sont devenus dingues.
Répondre
M
"La majorité des gens est maintenant convaincue que ça pousse tout seul, sans eau, sans engrais, sans effort, (et bientôt sans graines...)"<br /> Pas que des gens incultes, Eric Piolle, maire de Grenoble et ingénieur diplômé a déclaré récemment que l'on pouvait nourrir 9 milliards d'individus sans intrants de synthèse et sans irrigation.
M
Ce soir "Aux arbres citoyens" sur Antenne 2 avec en tête de gondole Hugo Clément et Cyril Dion, on peut s'attendre au pire. C'est comique (ou plutôt triste?) de voir la cause de la forêt défendue par deux grands promoteurs du bio qui, par ses rendements au mieux inférieurs de 30% à l'ignoble conventionnel, productiviste, industriel,vous avez le choix des adjectifs, conduirait à une déforestation accrue pour nous nourrir. Combien de français savent que la forêt est en expansion chez nous (0,7% par an)? Vous avez raison le niveau des Français en agriculture et énergie est proche de zéro, matraqués qu'ils sont par une propagande à sens unique dans les media dits "de référence", le Monde, ARTE, LCP, Télérama... (seule exception les trop rares apparitions de Sylvie Brunel).