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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Protection du climat : délocaliser l'élevage d'animaux de rente hors d'Allemagne ne sert à rien

8 Octobre 2022 Publié dans #Allemagne, #Elevage, #Politique

Protection du climat : délocaliser l'élevage d'animaux de rente hors d'Allemagne ne sert à rien

 

Martina Hungerkamp, AGRARHEUTE*

 

 

© stock.adobe.com/Studio Romantic

L'élevage d'animaux de rente est régulièrement cloué au pilori en Allemagne en raison de ses émissions. Mais délocaliser la production animale dans une région à faible efficacité serait contre-productif.

 

 

Dans l'élevage d'animaux de rente, il s'agit aujourd'hui de bien plus que d'utiliser au mieux des ressources rares. Il s'agit aussi de protéger l'environnement et le climat. Délocaliser l'élevage d'animaux de rente pourrait entraîner une augmentation des émissions. C'est pourquoi il devrait s'agir de le rendre encore plus durable ici, sur place.

 

En Allemagne, le débat sur la contribution de l'agriculture au réchauffement climatique ne faiblit pas. Il porte sur les émissions. Pourtant, la part de l'élevage dans les émissions de gaz à effet de serre n'est actuellement que d'environ 9 pour cent en Allemagne. Environ 35 pour cent de ces émissions proviennent directement de l'élevage, la plus grande part étant imputable à l'élevage bovin avec environ 22 millions de tonnes de CO2e.

 

Cette part semble donc faible par rapport aux autres émissions en Allemagne. Bien que la critique de l'agriculture repose souvent sur des malentendus, il n'est pas rare qu'elle débouche sur l'exigence de réduire le cheptel. On oublie souvent que l'élevage remplit de nombreuses fonctions en plus de la fourniture d'une alimentation de qualité.

 

Parmi celles-ci figurent le maintien de la fertilité des sols, la préservation des ressources non renouvelables, l'économie d'engrais minéraux, la promotion de la biodiversité dans les zones rurales et, bien entendu, la garantie du revenu familial et la contribution des zones rurales à l'économie nationale. Dans l'agriculture biologique, l'élevage est indispensable.

 

 

ONU : la demande de produits animaux va doubler au niveau mondial

 

Selon les estimations de l'ONU, la demande de produits animaux va probablement doubler dans le monde. Une délocalisation de la production animale dans des régions à faible efficacité serait donc contre-productive ; les gaz à effet de serre ne diminueraient pas, mais augmenteraient.

 

Des simulations confirment cette corrélation pour l'Europe. Il convient donc de chercher des moyens de rendre l'élevage national encore plus durable. Il existe déjà des approches encourageantes à cet égard.

 

 

Outil d'optimisation du bilan carbone

 

Ainsi, le département de conseil de CONVIS au Luxembourg a développé un outil pour les bilans C02 basé sur les surfaces et les produits, qui est déjà utilisé en Allemagne. Il permet de classer les exploitations en quatre groupes :

 

  • les exploitations extensives ;

  • les exploitations moyennement intensives à haute efficacité ;

  • les exploitations moyennement intensives à faible efficacité ; et

  • les exploitations intensives.

 

L'objectif est d'atteindre un niveau de production qui présente les meilleurs bilans carbone, tant par unité de surface que par unité de produit, et qui se rapproche ainsi de la taille cible optimale des « exploitations moyennement intensives à haute efficacité ».

 

Le chemin pour y parvenir est varié. Outre l'amélioration de la gestion de l'alimentation, de la santé animale et de la gestion de l'élevage, l'objectif peut également être atteint par des coopérations entre exploitations. Non seulement pour optimiser la gestion des nutriments pour les engrais de ferme, mais aussi pour mieux utiliser les machines ou planifier les assolements à l'échelle de l'exploitation. C'est déjà une pratique courante dans de nombreuses exploitations en Allemagne et dans l'agriculture biologique.

 

 

Accent sur l'intensification durable

 

L'agriculture devra probablement s'habituer au fait que la poursuite de l'intensification ne garantit pas un revenu d'exploitation élevé si des objectifs écologiques doivent être pris en compte en même temps. Le conseil devrait donc mettre l'accent sur l'intensification durable.

 

Dans le contexte d'une demande croissante en protéines animales, il serait fatal de réduire le nombre d'animaux en Europe, ce qui entraînerait probablement une délocalisation, voire une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Il faut soutenir les exploitations sur la voie d'une plus grande durabilité. Il existe pour cela de bons outils.

 

Avec du matériel de BRS

 

_____________

 

Martina Hungerkamp travaille chez AGRARHEUTE en tant que rédactrice cross-média dans la rubrique élevage. Elle écrit principalement sur l'élevage d'animaux de rente, de préférence sur les porcs et la volaille.

 

Source : Klimaschutz: Nutztierhaltung aus Deutschland verlagern hilft nicht | agrarheute.com

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