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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La résignation...

5 Octobre 2022 Publié dans #Divers

La résignation...

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Ma note : Willi a le blues ! La réponse des agriculteurs allemands à la consultation de l'UE sur la réduction de l'usage des pesticides a été importante, massive en comparaison de celles venant d'autres États membres.

 

 

Qu'il s'agisse d'une prise de position écrite auprès de l'UE ou d'une manifestation, le nombre d'agriculteurs participant à de telles actions est devenu très limité. Fini le temps où des milliers de personnes se rendaient à Berlin avec ou sans tracteur.

 

 

Pourquoi le calme est-il revenu ?

 

À mon avis, il y a plusieurs raisons à cela. L'une d'entre elles est la Covid-19. Pendant de nombreux mois, il était difficile de se rencontrer personnellement. C'est pourtant indispensable si l'on veut s'organiser. Lorsqu'il y avait des réunions, elles étaient en distanciel et donc beaucoup plus impersonnelles. La créativité et la spontanéité ne peuvent pas s'y développer et le sentiment d'appartenance en pâtit.

 

Une autre raison du calme relatif qui règne dans le secteur agricole est le nouveau gouvernement fédéral. Le nouveau ministre fédéral de l'Agriculture déçoit sur toute la ligne. Force est de constater qu'il ne prend manifestement pas ses tâches au sérieux. Comment expliquer autrement le fait que son site personnel www.oezdemir.de ne mentionne que depuis peu qu'il est ministre de l'Agriculture ? En revanche, il se vante de son discours lors de la Journée Mondiale de la Femme ou se fait photographier lors du Christopher-Street-Day dans sa ville natale de Stuttgart. Sans oublier son engagement pour le cannabis ou le bretzel allemand. Tout cela est même surpassé par sa vidéo sur le gilet de sécurité pour les poules. Quand on fait preuve d'un désintérêt aussi manifeste pour les agriculteurs, il ne faut pas s'étonner que ces derniers se mettent en colère.

 

Contexte : Cette vidéo est une réponse à une vidéo précédente sur la légalisation du cannabis et doit être comprise comme un clin d'œil. Dans la vidéo précédente sur la légalisation du cannabis (« Happy 420, Cem Özdemir ! Interview interrompue : quand le cannabis sera-t-il légal ? »), Cem tient brièvement un gilet de sécurité pour poules devant la caméra. Vous nous avez alors demandé ce qu'était un gilet de sécurité pour poules. Voici donc un petit complément d'information à ce sujet.

Cliquez ici pour voir la vidéo 420 précédente : https://youtu.be/5YvAergWqWI

 

 

Mais ce qui est bien plus décevant, c'est que jusqu'à présent, très peu de personnes ont réussi à obtenir un entretien avec lui. Il reste dans sa bulle berlinoise, entouré de ses trois secrétaires d'État, dont seule Silvia Bender est vraiment à prendre au sérieux. Elle est également la véritable tête pensante du BMEL et prend en charge les rendez-vous politiques importants. Et en arrière-plan, Renate Künast agit encore...

 

 

Manque de possibilités de planification

 

La frustration s'installe aussi parce que la politique est devenue imprévisible, et pas seulement depuis décembre 2021. Chaque parti est trop soucieux de s'adapter au courant dominant. Les prédécesseurs au pouvoir n'étaient guère mieux. Exemple : sous le mandat de Mme Merkel, deux commissions ont été créées en réaction aux grandes manifestations d'agriculteurs. La Commission Borchert, qui devait faire avancer la transformation de l'élevage, et la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture. Les résultats sont sur la table, personne n'est prêt à financer la « transformation » de l'agriculture. Özdemir veut maintenant ressusciter les deux commissions, c'est-à-dire utiliser le même stratagème que Mme Merkel : convoquer la commission et faire ainsi taire les agriculteurs. Les représentants de la Commission Borchert l'ont déjà remarqué et ont déclaré qu'ils laisseraient leur travail en suspens jusqu'à ce qu'une mise en œuvre de leurs propositions soit clairement visible.**

 

https://www.landundforst.de/landwirtschaft/agrarpolitik/borchert-kommission-erteilt-oezdemir-abfuhr-568073

 

Il serait bon que la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture agisse de même. Mais en arrière-plan, on entend déjà Mme Künast dire que les documents des commissions sont très bien, mais qu'ils ne vont pas encore assez loin. Je peux comprendre tous ceux qui, au vu de ces conditions, ne pensent pas une seule seconde à mettre de l'argent dans la transformation d'une étable ou dans d'autres investissements. Au contraire, nombreux sont ceux qui envisagent d'arrêter. Et l'élevage part ainsi à l'étranger, sans que personne ne puisse influer sur le bien-être des animaux.

 

À lire à ce sujet, cet article dans lequel le professeur Kussin parle de « l'hypocrisie organisée » de la politique verte et voit le danger que les membres de la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture «divergent » à nouveau.

 

https://www.topagrar.com/management-und-politik/news/ohne-investitionsbereitschaft-brechen-die-alten-konflikte-wieder-auf-13192429.html

 

Ce qui préoccupe actuellement de nombreuses personnes et de nombreux concitoyens, c'est l'inquiétude face aux semaines et aux mois qui nous attendent. La hausse extrême des prix de nombreux biens et le manque de disponibilité des produits de la vie quotidienne en font craindre beaucoup pour l'avenir. Pourtant, beaucoup de choses ne font que commencer. Les prix des denrées alimentaires vont certainement encore augmenter, et la question de savoir si certains produits peuvent encore être fabriqués se pose de plus en plus. Qui peut encore payer 1 € pour un simple petit pain ? Qu'adviendra-t-il de la restauration si les prix doivent être constamment augmentés ? De nombreux ménages devront consacrer la totalité de leur revenu à la nourriture, au logement, à la mobilité et – oui – à l'alimentation. Les files d'attente devant les banques alimentaires s'allongent chaque semaine, nous aidons avec les courgettes et les tomates excédentaires du jardin. Mais cela aussi, à cause du temps qu'il fait, touche à sa fin.

 

 

Chacun se bat pour soi

 

Quelle est la situation dans les fermes ? Depuis des mois, la presse spécialisée se fait l'écho de la situation catastrophique des éleveurs de porcs, sans que les politiques ne la commentent beaucoup. Maintenant, on distribue rapidement quelques millions et on exploite cela dans les médias. Mais ces paiements arrivent trop tard et sont si marginaux qu'ils ne peuvent être considérés que comme une « aide à la mort ». Et c'est ainsi (avec cynisme) qu'ils sont commentés par les agriculteurs.

 

La solidarité et l'ambiance de renouveau des années 2018 et 2019 sont révolues. Il ne reste plus grand-chose des diverses nouvelles organisations dans l'agriculture. Les personnes qui agissent ont souvent changé ou ont complètement disparu de la scène. Et c'est ainsi que la mobilisation des agriculteurs réussit de moins en moins. C'est ce que montrent les manifestations de ces dernières semaines, qui n'ont été mentionnées, si tant est qu'elles l'aient été, que dans la presse spécialisée, mais pas dans les quotidiens nationaux. Chacun fait en sorte que son exploitation passe l'hiver le mieux possible dans la situation actuelle. Une déclaration souvent entendue : « Que d'autres s'engagent. »

 

 

La chance en temps de crise

 

Mais la situation actuelle est aussi une chance. Si les denrées alimentaires deviennent de plus en plus chères, il y aura peut-être à nouveau plus de gens qui auront envie de les produire eux-mêmes. Ce faisant, ils feront inévitablement l'expérience que la production de leurs propres aliments n'est pas si simple. Il faut des connaissances, du savoir-faire, de l'expérience, et surtout du temps, ce qui permettra de faire l'expérience de tout ce qui, pendant une année, peut avoir un effet négatif et destructeur sur l'autoproduction. L'un ou l'autre se demandera peut-être alors : « Comment les agriculteurs locaux font-ils chaque année ? »

 

Si de plus en plus de personnes se retrouvent bientôt au chômage, elles chercheront des emplois qui leur permettront de gagner un peu d'argent. Il se peut alors que l'on frappe aux portes des fermes. Mais je suis peut-être trop optimiste.

 

Ce que l'expérience nous apprend, c'est que les agriculteurs ont toujours survécu. Et ils ont toujours appris à se serrer la ceinture et à vivre avec moins. C'est pourquoi je n'ai personnellement pas peur de ne pas pouvoir surmonter cette période difficile. Ce qui me fait peur, c'est que des influences extérieures, comme un black-out prolongé, puissent conduire à des situations de guerre civile que personne ne pourrait plus contrôler. Je ne veux pas voir tout en noir, mais je pense qu'il est raisonnable de réfléchir à la manière de s'y préparer.

 

J'ai décrit dans ces lignes mon état d'esprit actuel. C'est mon opinion et j'aimerais connaître votre avis sur la situation actuelle et sur ce que vous feriez. Remettre des croix vertes ?

 

 

Addendum, tiré de Wikipedia (traduit de l'allemand) :

 

Dans une perspective de psychologie individuelle, la résignation peut être déclenchée par la prise de conscience du fait qu'un objectif visé ne peut pas être atteint avec les moyens disponibles, ou par la prise de conscience du fait que l'on ne veut pas s'engager dans l'effort qui semble nécessaire ou dans les conséquences potentielles. Le renoncement qui en résulte peut s'accompagner d'une atténuation des sentiments ou d'un manque de motivation et d'une diminution des activités, qui doivent toutefois être distingués de l'apathie et de la léthargie. Dans l'histoire de la culture, la résignation a parfois été vantée comme une sage décision, car elle aide à éviter la colère et le zèle, donne un calme serein et un sentiment de supériorité.

 

_______________

 

 

* Source : Resignation... - Bauer Willi

 

** Dans un autre article, Willi a écrit :

 

« Les membres ont poliment remercié et accepté le principe de l'invitation, mais ils veulent d'abord laisser le travail en suspens. Les experts ont justifié cette décision par le fait qu'une poursuite du travail n'aurait de sens que "si le gouvernement fédéral décidait d'entrer dans une prime au bien-être animal garantie contractuellement à long terme et financée par l'État". »

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M
Bonjour, dehors les fachos écolos ! Ces petits chefs écolos feront trimer la main d'œuvre sans la payer correctement, comme le Cambodge, l'URSS, la Chine et d'autres pays communistes ont fait plus tôt !
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