Glyphosate : prolongation en vue – pour un an
Josef Koch, AGRARHEUTE*
© agrarfoto
Le glyphosate est particulièrement important dans les cultures sans labour, pour détruire les cultures intermédiaires.
La Commission européenne propose de prolonger d'un an l'autorisation du glyphosate. L'Allemagne examine en parallèle une interdiction nationale.
La Commission Européenne veut d'abord prolonger d'un an exactement l'autorisation de la substance active phytosanitaire glyphosate, qui expire le 15 décembre 2022. Les États membres devront se prononcer sur cette proposition au sein du Comité Permanent des Végétaux, des Animaux, des Denrées Alimentaires et des Aliments pour Animaux (SCoPAFF) jeudi ou vendredi de la semaine prochaine (le 13 ou 14 octobre 2022).
Le projet récemment présenté est fondé sur les critères d'autorisation actuels. La Commission veut donner aux autorités d'examen « suffisamment de temps » pour procéder à une réévaluation.
Le ministre allemand de l'Agriculture, Cem Özdemir, a récemment précisé au Bundestag qu'il interdirait « dans tous les cas le glyphosate à partir du 1er janvier 2024 » en Allemagne. L'État fédéral examine actuellement si cela est possible du point de vue du droit européen.
L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) et l'Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) avaient déjà fait savoir en mai dernier qu'elles ne seraient pas en mesure de transmettre un avis final aux États membres et à la Commission européenne avant juillet 2023.
A l'origine, une présentation des résultats d'une réévaluation avait été envisagée au plus tard à l'automne de cette année. Selon la déclaration de l'EFSA et de l'ECHA à l'époque, ce délai ne pourrait pas être respecté en raison des nombreux retours d'information au cours du processus d'évaluation.
Les observateurs à Bruxelles ne s'attendent pas à ce que le projet de l'autorité bruxelloise concernant une prolongation d'un an soit rejeté. Le ministère fédéral de l'Agriculture n'a pas encore répondu à une question sur le comportement de vote du gouvernement allemand. Toutefois, s'il n'y a pas de majorité qualifiée pour ou contre la réautorisation au sein de l'instance, le dernier mot reviendra à la Commission.
Même si Berlin devait maintenant voter contre l'autorisation avec la participation des Verts au sein du gouvernement fédéral, il est peu probable que la proposition de la Commission soit rejetée. La disparition du Royaume-Uni en tant que partisan de la matière active ne devrait pas non plus changer la donne.
Comme on le sait, lors de la dernière autorisation en 2017, l'Allemagne avait voté pour une réautorisation de la substance active herbicide pour cinq ans sous la direction de Christian Schmidt, alors ministre fédéral de l'Agriculture de la CSU, au grand dam de son partenaire de coalition, le SPD, assurant ainsi une majorité qualifiée de « oui ».
En 2017, lors de la réunion du comité qui devait décider, 17 autres pays de l'UE, en plus de l'Allemagne, s'étaient prononcés pour la réautorisation du glyphosate, dont l'Espagne, la Pologne, les Pays-Bas, le Danemark et la Roumanie. Neuf pays avaient voté contre, dont la France, l'Italie et l'Autriche. Le Portugal était le seul pays de l'UE à s'être abstenu.
Avec du matériel de AgE
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* Source : Glyphosat: Verlängerung in Sicht – für ein Jahr | agrarheute.com
Ma note : On se souvra qua la position française a été largement due à l'activisme de Mme Ségolène Royal, « récompensé » par un bouquet de fleurs, dont elle s'est vantée.
(Source)
Quant au vote allemand en faveur du renouvellement de l'autorisation du glyphosate, il a trouvé pour partie son motif dans des bisbilles entre le ministre de l'Agriculture Christian Schmidt (CSU) et la ministre de l'Environnement Barbara Hendricks (SPD).
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