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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Bon et mauvais en même temps ? Oui, c'est possible...

15 Octobre 2022 Publié dans #Willi l'Agriculteur

Bon et mauvais en même temps ? Oui, c'est possible...

 

Fritz l'agriculteur chez Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Fritz l'agriculteur, mon collègue de Haute-Autriche, a découvert une chose étrange...

...L'Allemagne face au dilemme d'Ulysse...

...ou comment j'ai appris à aimer Charybde et Scylla.

 

 

Nous savons, grâce aux médias et aux informations se fondant sur les ONG, que le CO2 (le dioxyde de carbone) est très mauvais. Si nous avons trop de CO2, le monde ne fonctionnera bientôt plus. C'est grave.

 

Ceux qui ont suivi ces mêmes médias et actualités se fondant sur les ONG ces derniers temps ont dû constater avec étonnement que le CO2 n'est pas un problème : si nous n'avons pas assez de CO2, rien ne va plus dans le monde. Et c'est grave aussi.

 

Comment ? se demandent certains Ulysse pleins de ruses. Alors que le monde des ONG est habituellement si simple : 1 problème – 1 coupable – 1 solution. Comme le citoyen lambda le constate avec un étonnement croissant, les « experts » du gouvernement allemand ont de plus en plus de mal à résoudre deux problèmes en même temps (par exemple, la transition énergétique sans énergie venant de quelque part).

 

Il en va de même (uniquement pour les non-agriculteurs) pour le mot-clé « transition agricole ». Jusqu'à présent, les unidimensionnels (1 problème – 1 coupable – 1 solution) pouvaient se rassembler derrière les platitudes du genre « Pas de vaches – pas de méthane », ou « Pas d'engrais chimiques – 100 % bio », ou « Plus de rotation des cultures – mais d'urgence plus de blé ».

 

Au plus tard depuis la crise ukraino-russe, beaucoup lisent de temps en temps que tout est bêtement lié à tout. C'est le cas même pour ce qui était jusqu'à présent si mal et ce qui était, disons, tout à fait agréable et pas si mal.

 

Prenons l'exemple du CO2 :

 

Les Britanniques manquent de CO2, et des pénuries de viande fraîche et de bière menaçaient déjà en 2021. Et ces jours-ci, on a même entendu dire que la pénurie de CO2 met en danger l'industrie alimentaire.

 

La raison presque incroyable est donc la suivante : on manque de CO2 ! ! !

 

Et sans CO2, il n'y a pas de gaz carbonique dans la bière, les sodas et les boissons rafraîchissantes. Et il n'y en a pas pour conserver les produits emballés comme la charcuterie et le fromage (bio et conventionnel). Il n'y a pas de glace carbonique pour les produits surgelés très appréciés (bio et conventionnels). Il se peut même qu'il n'y ait bientôt plus assez de CO2 pour la fabrication du pain. C'est vraiment stupide.

 

Et le contexte est encore plus incroyable : ce CO2 soudain si apprécié provient de la fabrication d'engrais, si mal vue. Imaginez un peu : la pauvre humanité allemande absorbe jour après jour un déchet de la production d'engrais artificiels – par litres et par kilos. Et c'est précisément à cause de ce CO2 que tout le monde aime sa bière, son pain et son soda pour accompagner sa pizza surgelée.

 

On peut se faire livrer cela jusqu'à sept fois par semaine par des services de livraison. Mais voici le coup de grâce. Bringbutler, eGourmery, foodora, Lieferando, Lieferheld, pizza.de et tous les autres ne pourront peut-être bientôt plus faire cela avec la nourriture et les boissons. Et encore moins tous les autres services de livraison de marchandises.

 

Car, malheureusement, l'AdBlue est un « déchet » de la production d'engrais, si malfaisante. L'AdBlue est nécessaire pour purifier les gaz d'échappement des moteurs diesel des voitures et des camions, et s'il n'est plus disponible en quantité suffisante, de larges pans de la chaîne logistique pourraient tomber en panne. Les rayons seraient alors vides. Plus vides qu'au début de l'ère Covid. Et surtout vides plus longtemps. Alors nous aurons vraiment un problème (pas seulement en Allemagne).

 

Mais le meilleur est toujours à la fin. Vous souvenez-vous de l'atlas des pesticides ? Il a de toute façon été diffusé en boucle dans tous les médias « informatifs-de droit public » avec ou sans mission éducative. Depuis que, en 2016, les statistiques sur les produits phytosanitaires pour l'agriculture ont intégré l'une des substances actives les plus toxiques (devinez : le CO2 = gaz carbonique), les « vérificateurs de faits » des ONG qui se fondent sur des « faits » ne lisent plus qu'une seule tendance : une consommation accrue chaque année. Pouah, l'agriculture, cette vilaine disséminatrice de poison. (voir : « Der “Hirn-Aus”-Reflex » (le réflexe « arrêt du cerveau ») de Willi l'agriculteur.

 

Il faut bien se rendre compte de cela : le même CO2, dont tout le monde écrit qu'il est un PESTICIDE très dangereux dès lors qu'il est utilisé dans l'agriculture, devient en un rien de temps – dès lors qu'il est utilisé dans le reste de l'économie – une denrée rare irremplaçable et très convoitée, sans laquelle rien ne va plus en Allemagne (et en Europe).

 

Le CO2 est donc un pesticide qui, en tant que « déchet » issu de la production d'engrais réprouvée, peut arrêter le monde. Parfois parce qu'il y en a trop, parfois parce qu'il n'y en a pas assez. Avec du CO2, rien ne va plus, mais sans CO2, rien ne va plus non plus. Un dilemme d'Ulysse entre Charybde et Scylla.

 

Et tout cela se passe même AVANT l'entrée en vigueur du Green Deal de l'UE, selon lequel toute l'Europe doit pouvoir utiliser (et donc produire) 50 % d'engrais en moins.

 

C'est donc une bonne chose que les quantités d'engrais et de pesticides soient réduites de moitié. Les gens n'auront enfin plus de soucis.

 

Ils auront moins à manger, ils auront moins à boire (surtout de la bière et des sodas), ils auront moins de provisions, ils auront moins de services de livraison...

 

Ah, c'est une époque merveilleuse qui s'annonce en Europe.

 

Ou alors, nous apprenons à vivre avec un dilemme et à organiser le « tant l'un que l'autre » avec bon sens.

 

Pour ne pas finir dans un dilemme comme l'âne de Buridan.

 

 

Complément de Willi : Dans le langage courant [allemand], Charybde apparaît dans l'expression « entre Scylla et Charybde ». Cela désigne un dilemme dans lequel on est confronté à un choix sans issue entre deux maux, dans lequel on doit décider entre deux dangers incontournables. Il est impossible de sortir de ce dilemme sans dommage. (Source : Wikipedia)

 

______________

 

 

* Source : Gleichzeitig gut und schlecht? Ja, das geht... - Bauer Willi

 

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