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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Règlement européen sur les produits phytosanitaires : le Deutscher Raiffeisenverband souligne des risques

23 Septembre 2022 Publié dans #Politique agricole, #Pesticides, #Union Européenne

Règlement européen sur les produits phytosanitaires : le Deutscher Raiffeisenverband souligne des risques

 

Johanna Michel, AGRARHEUTE*

 

 

stock.adobe.com/Ewald Fröch

L'interdiction prévue d'utiliser des produits phytosanitaires dans les zones protégées pourrait priver les viticulteurs de leurs moyens de subsistance.

 

 

Le Deutscher Raiffeisenverband (DRV) a pris position sur le projet européen concernant l'utilisation durable des produits phytosanitaires. En raison du manque d'alternatives, la fédération voit de nombreux risques dans les objectifs de réduction ambitieux.

 

 

Pour l'organisation faîtière des entreprises coopératives du secteur agroalimentaire, une chose est sûre : la proposition de l'UE sur l'utilisation durable des produits phytosanitaires pèse unilatéralement sur l'agriculture et ne tient pas compte des conséquences et des alternatives possibles.

 

Au cours des dix dernières années, la quantité de produits phytosanitaires utilisés en Allemagne a été réduite de 15 pour cent. Pourtant, il faudrait aujourd'hui utiliser des quantités plus importantes pour de nombreux traitements, car l'efficacité a globalement diminué. Certaines substances actives comme le groupe des néonicotinoïdes n'existent plus sur le marché.

 

Les interdictions d'utilisation globales et à grande échelle ont en outre des répercussions sur le paysage. Elles portent atteinte au bien-être des personnes qui y vivent. Selon le DRV, la transformation de l'agriculture ne doit pas se concentrer uniquement sur la protection des plantes.

 

 

Réduction des produits phytosanitaires : un calcul complexe mais néanmoins incomplet

 

Le projet de règlement phytosanitaire de l'UE contient deux objectifs de réduction concrets : le premier objectif vise à réduire de 50 % d'ici 2030 l'utilisation et les risques liés aux produits phytosanitaires chimiques, dont la liste précise figure en annexe du règlement. Le deuxième objectif prévoit de réduire de moitié d'ici 2030 l'utilisation de produits phytosanitaires plus dangereux, qui sont également énumérés.

 

Le point de départ pour la détermination ultérieure de la réduction doit être l'utilisation de produits phytosanitaires entre 2015 et 2017. Chaque État membre doit contribuer à la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires dans l'ensemble de l'Union. Cela signifie que chaque pays de l'UE ne doit pas se fixer un objectif de réduction de 50 pour cent exactement – la fourchette s'étend de 35 à 65 pour cent, comme l'a expliqué l'eurodéputée Sarah Wiener lors d'un entretien avec la presse.

 

En ce qui concerne le premier objectif de réduction, le DRV regrette l'absence d'une évaluation de la faisabilité et des conséquences. La réduction est déterminée à l'aide d'un système de points complexe. Cependant, le calcul ne se réfère qu'à la période de base de 2015 à 2017 et ne tient pas compte de la situation actuelle de l'agriculture.

 

 

Des objectifs de réduction élevés, pas d'alternatives

 

Le DRV critique également le fait que le projet ne contient pas de mesures concrètes ni d'alternatives. La fédération renvoie ici aux technologies modernes d'amélioration des plantes. En outre, les gaz inertes devraient être exclus du calcul, car le dioxyde de carbone ne figure sur la liste des substances actives qu'en Allemagne et en Autriche.

 

Pour le deuxième objectif de réduction, le manque d'alternatives est encore plus important. La probabilité d'atteindre l'objectif est impossible à estimer. Les innovations doivent être encouragées et rendues utilisables dans la pratique.

 

Ainsi, les variétés résistantes ou tolérantes devraient d'abord être disponibles avant que les agriculteurs puissent être obligés de les utiliser.

 

 

L'interdiction d'utiliser des produits phytosanitaires dans les zones protégées prive les agriculteurs de leurs moyens de subsistance

 

La Fédération Raiffeisen renvoie à l'étude de l'Institut Thünen qui a révélé que l'interdiction d'utiliser des produits phytosanitaires dans toutes les zones sensibles laisserait 3,5 millions d'hectares de terres arables en friche ou en broussailles. Du point de vue du DRV, l'interdiction prévue équivaut à une expropriation. Non seulement l'agriculture serait lésée, mais aussi les entreprises des secteurs en amont et en aval, y compris le tourisme.

 

Les États membres devraient décider eux-mêmes dans quelles zones il convient de renoncer aux produits phytosanitaires. L'UE ne devrait intervenir que si les mesures prises par les États membres ne suffisent pas.

 

 

Pas de nouvelle bureaucratie

 

Le DRV rejette catégoriquement le projet de registre électronique pour la protection intégrée des cultures. Ce registre permettrait à des tiers de suivre les activités de chaque agriculteur.

 

La fédération rejette également le registre électronique central pour la vente de produits phytosanitaires. En lieu et place, l'attestation de compétence requise en Allemagne devrait être maintenue.

 

Un autre registre doit être introduit pour les appareils d'application. La Fédération Raiffeisen n'en voit pas la nécessité.

 

En outre, le projet de règlement prévoit que chaque utilisateur de produits phytosanitaires doit recourir chaque année à un conseiller stratégique indépendant. Le DRV rejette cette partie du projet, car elle engendre des coûts élevés sans apporter de bénéfices correspondants.

 

________________

 

* Johanna Michel travaille depuis 2020 comme rédactrice cross-média chez AGRARHEUTE. Employée spécialisée dans les services des médias et de l'information, elle a d'abord travaillé dans l'administration du Bundestag allemand et a suivi, en parallèle, des études d'agronomie à l'Université Humboldt de Berlin. Au sein du Département Exploitation et Marché, elle s'intéresse particulièrement à la mise en œuvre des décisions de politique agricole en raison de ses connaissances en matière de législation.

 

Source : EU-Pflanzenschutzverordnung: Diese Risiken kritisiert der DRV | agrarheute.com

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