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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Pas de dons pour l'organisation caritative Misereor !

18 Septembre 2022 Publié dans #Activisme, #Willi l'Agriculteur

Pas de dons pour l'organisation caritative Misereor !

 

Jürgen Donhauser chez Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Ma note : Nous ferions bien de nous poser aussi des questions en France...

 

 

En tant que diacre permanent au sein de l'Église catholique exerçant par ailleurs la profession d'agriculteur, cette nouvelle m'est parvenue ces derniers jours – mais, à vrai dire, elle ne m'a pas particulièrement surpris. L'éleveur de porcs Johannes Scharl a appelé à ne plus donner d'argent à Misereor. Pourquoi ? L'organisation humanitaire catholique Misereor a publié – en collaboration avec Greenpeace – une pétition intitulée : « Pas de nourriture dans l'auge ni le réservoir » et appelle à la signer.

 

https://www.misereor.de/petition-kein-essen-in-trog-und-tank

 

L'agriculteur Scharl est déjà éprouvé, car son exploitation se trouve dans le diocèse d'Eichstätt, qui s'est déjà distingué à plusieurs reprises par le passé par son ignorance et ses dénigrements en bloc de l'agriculture conventionnelle.

 

Mais le fait qu'une organisation caritative catholique fasse maintenant cause commune avec l'organisation de campagne Greenpeace est d'une dimension nouvelle. Les deux organisations sont certes des collecteurs de fonds professionnels, mais les catholiques supposent que Misereor poursuit des objectifs nobles, ce qui n'est définitivement pas le cas de Greenpeace. Les arguments avancés par Misereor dans la pétition nient les faits et sont basés sur le populisme.

 

Voici les contradictions les plus évidentes :

 

1.  Par le passé, Misereor n'a cessé de répéter que les exportations agricoles de l'UE faisaient baisser les prix du marché mondial et n'offraient donc aucune chance aux petits agriculteurs des pays en développement et émergents de produire de manière rentable. Mais aujourd'hui, Greenpeace et Misereor demandent dans la pétition de remplacer les exportations de céréales d'Ukraine et de Russie qui n'ont plus lieu. Qu'en est-il maintenant ? Exporter vers les pays pauvres ? Oui ou non ?

 

2.  Pourquoi Misereor applique-t-il deux poids, deux mesures ? Alors que l'agriculture est accusée d'avoir une production nuisible au climat bien qu'elle fonctionne en circuit fermé, Misereor et Greenpeace considèrent comme normal que l'Allemagne, en tant que Nation exportatrice de produits industriels, importe tant ses matières premières que l'énergie nécessaire, produise ici et s'oppose ainsi en permanence à la protection du climat et à la durabilité dans le pays.

 

3.  Pourquoi personne chez Misereor ne se pose-t-il la simple question suivante : « Pourquoi l'homme a-t-il commencé à élever des animaux alors qu'ils apparaissent, selon eux, comme des concurrents "fourragers" sur les terres ? » La réponse est très simple : parce que les bovins/caprins/ovins ont toujours rendu utilisables des surfaces (prairies, steppes) qui n'étaient pas directement exploitables comme source de nourriture pour l'Homme. Le porc et la poule sont venus s'y ajouter en tant qu'utilisateurs de déchets. Tout cela est désormais complètement occulté dans la discussion « auge ou assiette ».

 

4.  Dans son calcul, Misereor suppose que toutes les surfaces arables actuellement utilisées pour les cultures fourragères ou les matières premières renouvelables pourraient être utilisées de manière équivalente pour la production directe de denrées alimentaires. Ce qui est occulté dans ce calcul : les conditions du sol, les précipitations, la température, l'emplacement, l'approvisionnement en nutriments, la rotation des cultures – de nombreux éléments influencent la production de céréales panifiables. Cette année encore, on constate que de nombreux lots de céréales n'atteignent pas ces qualités et que, « Dieu merci », ils peuvent être transformés en denrées alimentaires de qualité supérieure par le biais de l'auge et de l'estomac des animaux, au lieu d'être jetés.

 

5.  Une autre question : comment Misereor entend-il valoriser à l'avenir tous les sous-produits (son, marc, épluchures, pulpe de betterave, etc.) issus de la production alimentaire si ceux-ci ne peuvent pas être transformés en aliments pour animaux de rente avec les lots de céréales de moindre qualité ?

 

6.  Un argument important pour Misereor est la réduction de l'élevage pour des raisons de protection du climat. Misereor oublie toutefois que la baisse doit venir de la demande et non d'une réduction de la production imposée au niveau national. Sinon, c'est la marchandise étrangère qui comble le vide ainsi créé. Celle-ci sera probablement produite de manière plus polluante, ce qui est contre-productif pour le climat.

 

7.  Si le « gaspillage » de céréales et d'autres produits pour l'alimentation animale est moralement condamnable selon Misereor, pourquoi cela ne s'applique-t-il qu'aux animaux d'élevage ? Ne serait-il pas alors encore plus condamnable de nourrir les animaux domestiques et de compagnie avec ces aliments ? Donc d'élever des animaux qui ne servent qu'à s'amuser ou à remplacer des contacts sociaux insuffisants, comme substituts d'enfants ou de partenaires, en ignorant l'aspect « contribution à la réduction de la faim dans le monde » ! En fait, l'abolition, ou du moins la réduction de moitié des animaux domestiques, devrait être leur première revendication.

 

8.  Depuis des mois, la politique, l'Église et les médias nous font croire, à nous agriculteurs, que le consommateur est tout à fait prêt à payer plus pour plus de bien-être animal et plus de bio. Les chiffres de vente actuels montrent tout autre chose, au grand dam des agriculteurs bio qui restent actuellement assis sur leur marchandise. Une chaîne de distribution qui doit fonctionner (comme le terme « chaîne » l'indique déjà) doit être tirée du côté de la vente – une chaîne ne peut pas être « poussée » du côté de la production. C'est pourtant l'impression que l'on donne.

 

9.  En l'absence d'engrais minéraux, le fumier et le lisier issus de l'élevage sont la dernière bouée de sauvetage pour fournir au blé panifiable les éléments nutritifs nécessaires. La fertilité du sol dans notre région dépend en grande partie de l'interaction avec l'élevage. Sans élevage, ce n'est pas possible.

 

 

Quelles sont les raisons de la démarche de Misereor ?

 

En commençant par l'évêque de Limbourg Franz-Peter Tebartz-van Elst et sa prodigalité, puis les rapports d'abus au sein de l'Église qui ont suivi pendant des années, les événements ont énormément nui à la réputation de l'Église. Elle n'était pas habituée à être critiquée. Pour se rapprocher à nouveau du peuple perdu de l'Eglise, on est désormais tenté de s'aligner sur le mainstream critique envers l'agriculture afin de regagner des sympathies.

 

En clair : on se rallie à l'opinion de la majorité, sans se poser de questions critiques, uniquement pour pouvoir suivre la masse – que dirait Jésus d'un tel comportement ?

 

En tant que diacre, je suis effrayé par cette image d'une Eglise qui ne marche qu'avec la majorité pour être aimée et qui ne se place pas devant les plus faibles pour les protéger. Comme la population rurale et en particulier les paysans continuent de porter haut l'Eglise à la campagne, c'est un but contre son propre camp. Même si cela me fait mal au cœur en tant que diacre, je peux comprendre que des collègues professionnels quittent l'Église ou appellent au boycott des dons en raison de cette critique non qualifiée de la part de Misereor avec l'aide de Greenpeace. Misereor a ainsi rendu un mauvais service à l'Eglise catholique et est également coresponsable de la perte de foi et de membres de l'Eglise.

 

______________

 

Les commentaires des invités représentent l'opinion de leur auteur.

 

 

Source : Keine Spenden für Misereor - Bauer Willi

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