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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La fille du fermier : Quand l'activisme anti-agricole fait partie du recueil de stratégies des politiciens

13 Septembre 2022 Publié dans #Etats-Unis d'Amérique, #Activisme

La fille du fermier : Quand l'activisme anti-agricole fait partie du recueil de stratégies des politiciens

 

Amanda Zaluckyj, AGDAILY*

 

 

 

 

Je me souviens de la première fois où j'ai appuyé sur « publier » sur mon blog. J'étais terrifiée à l'idée d'être ostracisée pour avoir partagé mes réflexions sur l'agriculture moderne. Et si quelqu'un lisait ça ? ! ? Il s'avère que ces craintes n'étaient pas fondées. La plupart des personnes qui m'ont lue m'ont encouragé, et je me suis fait de bons amis avec d'autres personnes partageant les mêmes idées au fil des ans. Je n'ai aucun regret à ce sujet.

 

Mais lorsque j'ai commencé il y a dix ans, tout le monde ne me soutenait pas. Bien sûr, les gens ne s'opposaient pas à ce que je partage une photo de moi debout dans un champ de maïs. Mais s'attaquer à la désinformation, promouvoir les méthodes de production modernes et conventionnelles et présenter la science dans un format facile à digérer n'était pas toujours très apprécié. En fait, d'autres influenceurs m'ont dit à plusieurs reprises que je devais arrêter.

 

Je ne comprenais pas leur raisonnement à l'époque, et aujourd'hui, je suis encore plus convaincue qu'ils avaient tort. Les réseaux sociaux permettent aux gens de partager et de diffuser de fausses informations plus rapidement que ne s'étendent des feux de forêt. Et malgré les tentatives pour limiter ou signaler ce contenu, les sociétés de réseaux sociaux ont largement échoué. C'est comme un cancer qui n'a pas de remède.

 

Mais ce ne sont que des réseaux sociaux, non ? Cela n'a aucun effet sur le monde réel !

 

C'est faux. La désinformation qui se propage en ligne se retrouve de plus en plus dans les couloirs des gouvernements et des organismes de réglementation. Les conneries diffusées sur les réseaux sociaux se transforment en lois et règlements de merde.

 

 

 

 

La plupart d'entre nous connaissent la propagande visant le glyphosate, l'ingrédient actif du Roundup. Pendant des années, les militants ont diffusé des fausses nouvelles et des informations erronées sur cet herbicide pourtant bénin, principalement parce qu'il était associé aux cultures génétiquement modifiées. La France a juré de réduire sérieusement son utilisation sur son territoire. Et maintenant, les autorités locales des États-Unis, dont la ville de New York, l'interdisent complètement.

 

Mais vous ne savez peut-être pas que le chlorpyrifos, plus connu sous les noms de Lorsban et Dursban, a récemment été victime de cette tactique. L'Agence Américaine de Protection de l'Environnement l'a interdit près de 60 ans après son homologation. Les agriculteurs l'utilisaient dans diverses applications, et il représentait un tiers de tous les traitements insecticides sur le soja. En fait, le chlorpyrifos protège les cultures de certains des ravageurs les plus destructeurs, notamment la chenille légionnaire, qui cause jusqu'à 2 milliards de dollars de dommages par an.

 

Mais les éco-guerriers n'ont pas compris cet avantage. L'EPA a conclu son examen approfondi et complet de l'enregistrement du chlorpyrifos en vertu de la loi fédérale sur les insecticides, les fongicides et les rodenticides en 2006. L'année suivante, le National Resources Defense Council et le Pesticide Action Network of North America ont demandé à l'EPA de révoquer la tolérance. Entre cette date et l'interdiction en 2022, les organisations militantes ont inondé les réseaux sociaux d'affirmations douteuses selon lesquelles le chlorpyrifos provoque des retards de développement chez les enfants. La stratégie a fonctionné.

 

 

 

 

Le résultat de ces stratégies n'est pas pleinement mesuré par les Américains ; nous remarquons à peine une légère hausse des prix ou un approvisionnement alimentaire plus restreint. Mais dans les pays en développement, l'impact est plus aigu.

 

Prenons l'exemple de l'opposition absurde de Greenpeace aux cultures génétiquement modifiées. L'organisation militante promeut depuis des années, en ligne et sous d'autres formes, des faussetés flagrantes et des mensonges sur les cultures GM. En conséquence, certains gouvernements d'Afrique australe ont décidé qu'il valait mieux laisser leurs habitants mourir de faim plutôt que de distribuer des céréales GM envoyées par d'autres pays. Et tout le monde sait que l'obstruction de Greenpeace au Riz Doré a empêché le riz GM d'atteindre les enfants souffrant de carences en vitamine A. Même une lettre de 159 lauréats du prix Nobel les suppliant d'arrêter la désinformation n'a pu les convaincre.

 

Je pourrais citer de nombreux autres exemples, comme l'étiquetage des OGM. Malheureusement, nous vivons de plus en plus dans un monde de post-vérité où la plupart des gens ne s'entourent que de personnes qu'ils veulent croire. Et cela ne fait qu'empirer. Alors, même si résister à ces attaques coordonnées dès leur apparition sur les réseaux sociaux n'est pas forcément amusant et sexy, c'est plus important que jamais.

 

_____________

 

Amanda Zaluckyj tient un blog sous le nom The Farmer's Daughter USA. Son objectif est de promouvoir les agriculteurs et de lutter contre la désinformation qui tourbillonne autour de l'industrie agroalimentaire américaine.

 

Source : When anti-ag activism becomes part of politicians' playbooks | AGDAILY

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