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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Étiquetage du bien-être animal : les milieux économiques mettent en garde contre le paquet trompeur d'Özdemir

9 Septembre 2022 Publié dans #Allemagne, #Élevage, #Politique

Étiquetage du bien-être animal : les milieux économiques mettent en garde contre le paquet trompeur d'Özdemir

 

Norbert Lehmann, AGRARHEUTE*

 

 

© mauritius images / Alamy Stock Photos / koi88

 

 

Les milieux économiques critiquent le projet de loi du Ministre Fédéral de l'Agriculture Cem Özdemir pour un étiquetage obligatoire des élevages, le qualifiant de paquet trompeur non élaboré.

 

© Johanna Michel

Le Ministre Fédéral de l'Agriculture Cem Özdemir lors de la présentation des grandes lignes d'un étiquetage public obligatoire pour l'élevage, le 7 juin 2022 à Berlin.

 

 

Depuis la mi-août, le projet du Ministre Fédéral de l'Agriculture Cem Özdemir pour un étiquetage obligatoire des élevages est sur la table – et rencontre des critiques cinglantes de la part des milieux économiques et autres concernés. L'Initiative pour le Bien-être des Animaux (ITWInitiative Tierwohl) critique le projet de loi et d'ordonnance comme étant un ensemble d'éléments politiques et un paquet trompeur. Environ deux tiers du marché de la viande de porc ne seraient pas couverts, constate l'ITW dans une prise de position.

 

Pour le directeur de la Coordination Centrale du Commerce et de l'Agriculture (ZKHLZentrale Koordination Handel-Landwirtschaft), le Dr Hermann-Josef Nienhoff, le projet est « inutile et superflu ».

 

La Communauté d'Intérêts des Éleveurs de Porcs (ISNInteressengemeinschaft der Schweinehalter) trouve de graves lacunes dans le projet. L'ISN met en outre en garde contre un désavantage concurrentiel pour les éleveurs de porcs allemands.

 

 

Cet étiquetage tendra à dégrader le niveau de bien-être des animaux.

 

Selon l'Initiative Tierwohl, la loi prévue n'est pas mûre sur le plan technique. Elle ne couvre qu'une petite partie du marché, à savoir uniquement la viande de porc fraîche, uniquement le commerce de détail et uniquement la marchandise nationale. Le système est donc nettement en retard sur les initiatives des milieux économiques.

 

Le projet de loi ne répond pas à la question de savoir comment le surcroît de travail des acteurs économiques sera compensé. L'ITW constate que les règles relatives au contrôle systématique des participants restent également en suspens.

 

Elle critique le fait que l'exposé des motifs du projet est l'expression d'une volonté politique qui ignore les mécanismes du marché et supplante les initiatives introduites avec succès par la filière. Sous cette forme, la loi sur l'étiquetage des animaux n'améliorerait pas le bien-être animal, mais le détériorerait nettement. Une délocalisation de la production à l'étranger est prévisible.

 

 

Le gouvernement veut apparemment orienter la consommation grâce à l'étiquetage

 

Du point de vue du directeur de la ZKHL, M. Nienhoff, le projet du ministre Özdemir est une tentative d'orienter la consommation, qui serait liée à des réglementations étendues et à une bureaucratie débordante.

 

L'ancien directeur de QS critique le fait qu'en limitant l'étiquetage à l'engraissement des porcs, le ministère rend un « mauvais service » aux éleveurs de truies en Allemagne, car ils sont exclus de l'étiquetage national sur l'élevage et sont en plus désavantagés. Selon lui, il serait plus judicieux de reconnaître et de soutenir la mise en œuvre de l'étiquetage « haltungsform.de », soutenu par l'économie.

 

 

Les éleveurs de porcs allemands désavantagés de manière flagrante par l'étiquetage de l'élevage

 

Le directeur de l'ISN, le Dr Torsten Staack, met en garde contre un désavantage flagrant pour les éleveurs de porcs allemands ainsi qu'un « recul pour le bien-être animal, la transparence et bien d'autres choses » si le projet de loi et la modification de l'ordonnance sur la protection des animaux et l'élevage d'animaux de rente qui en découle devaient être mis en œuvre tels quels.

 

Pour M. Staack, il est inacceptable que l'étiquetage relatif à l'élevage soit obligatoire pour les éleveurs de porcs allemands, alors qu'il devrait rester facultatif pour les marchandises étrangères. Il demande en outre que le label de bien-être animal soit systématiquement imposé à tous les canaux de vente de la viande, y compris la transformation, le commerce de gros et la restauration. L'ISN qualifie de « déroutant, trompeur pour le consommateur et difficilement contrôlable » l'étiquetage prévu des produits transformés de différents niveaux d'élevage sous la forme de pourcentages.

 

 

Les porcelets castrés sans anesthésie pourraient recevoir le label de bien-être animal d'Özdemir

 

M. Hubertus Beringmeier, le président de la Fédération Allemande des Agriculteurs (DBV – Deutscher Bauernverband) chargé de l'amélioration des produits, critique le fait qu'avec la loi prévue, des porcelets castrés sans anesthésie pourraient être importés de l'étranger sur le marché national et recevoir le label de bien-être animal.

 

De plus, un nouveau « monstre bureaucratique menace nos exploitations », car il n'est prévu de se connecter ni aux systèmes de notification officiels existants ni aux systèmes privés d'assurance qualité, a expliqué le président de l'association agricole Westfälisch-Lippischer Landwirtschaftsverband (WLV).

 

Dans l'ensemble, le projet offre peu de sécurité de planification aux entreprises, notamment parce qu'il manque un financement fiable et un droit d'autorisation adapté. Outre l'étiquetage de l'élevage, un étiquetage de l'origine est absolument nécessaire.

 

Avec du matériel de AgE, ISN, ITW, DBV

 

_______________

 

Norbert Lehmann travaille depuis plus de 25 ans comme journaliste spécialisé. Après des études d'économie agricole à Bonn, le service de presse et d'information Agra-Europe a été sa première étape professionnelle. Il a fait de fréquents séjours à Bruxelles en tant que correspondant. Ensuite, activités au sein du groupe d'édition Handelsblatt, dans les relations publiques scientifiques ainsi qu'en tant qu'indépendant. Depuis 2012, il travaille au dlv, en dernier lieu en tant que chef de la rubrique Management & Markt à la rédaction d'AGRARHEUTE.

 

Source : Tierwohl-Label: Wirtschaft warnt vor Özdemirs Mogelpackung | agrarheute.com

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