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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une autre acquisition du musée des horreurs « scientifiques » : le glyphosate infiltre le cerveau...

10 Août 2022 Publié dans #Article scientifique, #Glyphosate (Roundup)

Une autre acquisition du musée des horreurs « scientifiques » : le glyphosate infiltre le cerveau...

 

 

Il faut oser le « servi avec du glyphosate en accompagnement » ! (Source)

 

 

On ne peut que souscrire à cette proposition sur le plan figuré : combien de cerveaux sont dérangés en ce bas monde par la désinformation et l'activisme anti-glyphosate ?

 

Mais il faut la prendre au sens propre « Glyphosate infiltrates the brain and increases pro-inflammatory cytokine TNFα: implications for neurodegenerative disorders » (le glyphosate infiltre le cerveau et augmente la cytokine pro-inflammatoire TNFα [tumor necrosis factor alpha] : implications pour les troubles neurodégénératifs) de Joanna K. Winstone et al., une équipe centrée sur l'Université d'État de l'Arizona et l'Arizona Alzheimer’s Consortium.

 

En voici, pour la forme, le résumé :

 

Contexte

 

Les herbicides sont des contaminants environnementaux qui ont suscité beaucoup d'attention en raison des dangers potentiels qu'ils représentent pour la santé humaine. Le glyphosate, l'ingrédient actif de nombreux herbicides commerciaux, est l'herbicide le plus utilisé dans le monde. L'augmentation récente de l'application de glyphosate sur les cultures de maïs et de soja présente une corrélation positive avec l'augmentation des taux de mortalité dus à la maladie d'Alzheimer et à d'autres troubles neurodégénératifs. Il a été démontré que le glyphosate traverse la barrière hémato-encéphalique dans des modèles in vitro, mais cela n'a pas encore été vérifié in vivo. De plus, des rapports ont montré que l'exposition au glyphosate augmente les cytokines pro-inflammatoires dans le plasma sanguin, en particulier le TNFα.

 

Méthodes

 

Ici, nous avons examiné si le glyphosate infiltre le cerveau et augmente les niveaux de TNFα chez les souris C57BL/6J âgées de 4 mois. Les souris ont reçu soit 125, 250 ou 500 mg/kg/jour de glyphosate, soit un véhicule [c'est le témoin, pas de glyphosate] par gavage oral pendant 14 jours. Des échantillons d'urine, de plasma et de cerveau ont été prélevés le dernier jour du traitement pour être analysés par UPLC-MS et ELISA. Des neurones corticaux primaires ont été dérivés de souriceaux APP/PS1 amyloïdogènes pour évaluer les changements in vitro de la charge en Aβ40-42 et de la cytotoxicité. Le séquençage de l'ARN a été effectué sur des échantillons de cerveau C57BL/6J pour déterminer les changements dans le transcriptome.

 

Résultats

 

Notre analyse a révélé que le glyphosate a infiltré le cerveau de manière dose-dépendante et a régulé à la hausse le TNFα dans le plasma et le tissu cérébral post-exposition. Notamment, les mesures de glyphosate sont corrélées positivement avec les niveaux de TNFα. L'exposition au glyphosate dans les neurones corticaux primaires APP/PS1 augmente les niveaux d'Aβ40-42 soluble et la cytotoxicité. Le RNAseq a révélé plus de 200 gènes exprimés de manière différentielle en fonction de la dose et l'analyse de déconvolution spécifique au type de cellule a montré un enrichissement des processus biologiques clés dans les oligodendrocytes, y compris la myélinisation, l'enshellement des axones, le développement des cellules gliales et le développement des oligodendrocytes.

 

Conclusions

 

Collectivement, ces résultats montrent pour la première fois que le glyphosate s'infiltre dans le cerveau, augmente à la fois l'expression du TNFα et de l'Aβ soluble, et perturbe le transcriptome de manière dose-dépendante, ce qui suggère que l'exposition à cet herbicide peut avoir des conséquences néfastes sur la santé de la population générale.

 

Vous n'avez pas compris grand-chose ? Moi non plus !

 

Mais il suffit de s'arrêter aux doses administrées : 125, 250 et 500 mg/kg p.c./jour. Cela représente pour une petite personne de 60 kg, 7,5 ; 15 ; et 30 grammes de glyphosate !

 

On peut aussi faire étape à la corrélation positive évoquée dans le résumé entre l'augmentation de l'utilisation du glyphosate sur maïs et soja (évidemment génétiquement modifiés) et l'augmentation des taux de mortalité dus à la maladie d'Alzheimer et à d'autres troubles neurodégénératifs.

 

Non, les auteurs n'ont pas osé citer Stephanie Seneff et ses corrélations hilarantes, dont celle ci-dessous, qui fait un lien entre mortalité et dose par hectare sur les seuls maïs et soja, un lien direct qui, de surcroît, ignore que la maladie d'Alzheimer est à évolution lente.

 

 

 

 

En fait, tout ce qui augmente peut être corrélé, avec un ajustement plus ou moins convaincant, avec l'augmentation de l'utilisation du glyphosate...

 

Dans leur texte, les auteurs plongent dans la science-fiction (MA = maladie d'Alzheimer) :

 

« […] Le TNFα étant généralement élevé dans la MA [16], nous pensons que le glyphosate a un effet additif sur la pathologie et exacerbe les événements neurobiologiques qui sous-tendent cette maladie. Les implications de ce lien potentiel apporteraient un soutien causal à la corrélation entre l'application de glyphosate sur les cultures de maïs et de soja et l'augmentation des décès dus à la MA. Bien qu'il existe de nombreuses corrélations entre le glyphosate et diverses maladies, notre objectif est de faire la lumière sur la corrélation entre l'application de glyphosate et la MA. Les travaux futurs se concentreront sur la mise en évidence du chevauchement moléculaire entre l'exposition au glyphosate et la pathologie de la MA. Plus précisément, nous chercherons à déterminer si l'exposition au glyphosate est capable d'exacerber la pathologie amyloïde et d'induire la mort cellulaire, in vivo, dans des modèles murins de la maladie d'Alzheimer. »

 

Ils admettent cependant, mais du bout des lèvres, que leur étude n'est pas très réaliste :

 

« Bien que les doses utilisées dans cette étude soient supérieures à l'exposition humaine quotidienne typique [26], notre étude a évalué le repère NOAEL publié par l'EPA pour les rongeurs [24]. Ces doses élevées ont fourni des informations précieuses sur un mécanisme d'action potentiel du glyphosate dans la MA ; cependant, les travaux futurs incluront des concentrations de glyphosate plus pertinentes pour l'environnement. »

 

Pour l'environnement ? Leur étude a porté sur des doses qui, ramenées à notre petite personne évoquée ci-dessus sont supérieures aux doses ingérées (selon les résultats faux et surévalués des Pisseurs de Glyphosate) d'un facteur... 750.000 à 3 millions !

 

Mais la conclusion de la conclusion donne des frissons – notez cependant la double occurrence de « peut » :

 

« Collectivement, étant donné qu'un large sous-ensemble de la population peut être exposé à cet agent chimique, ces résultats sensibilisent aux effets néfastes que l'exposition au glyphosate peut avoir sur le cerveau et la santé humaine. »

 

Il en est de même du communiqué de presse de l'Université d'État de l'Arizona. Il fallait oser, dans l'illustration principale, le « servi avec du glyphosate en accompagnement » !

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U
Si j'ai bien lu la figure 1.D, ils auraient détecté jusqu'à 1kg/litre de glyphosate dans l'urine.
Répondre
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Ce n'est pas anormal a priori : il y a 500 mg/kg p.c. en entrée !