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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ne mettez pas de glyphosate dans les biberons !

1 Août 2022 Publié dans #Article scientifique, #Glyphosate (Roundup)

Ne mettez pas de glyphosate dans les biberons !

 

 

(Source)

 

 

M. Robin Mesnage a annoncé l'acceptation pour publication d'un nouvel article, « Alterations in infant gut microbiome composition and metabolism after exposure to glyphosate and Roundup and/or a spore-based formulation using the SHIME® technology » (altérations de la composition et du métabolisme du microbiome intestinal des nourrissons après exposition au glyphosate et au Roundup et/ou à une formulation à base de spores utilisant la technologie SHIME®) de Robin Mesnage, Marta Calatayud, Cindy Duysburgh, Massimo Marzorati et Michael N Antoniou).

 

En voici le résumé (découpé) :

 

« Malgré des recherches approfondies sur la toxicologie de l'herbicide glyphosate, il existe encore de grandes inconnues concernant ses effets sur le microbiome intestinal humain.

 

Nous décrivons les effets du glyphosate et d'un herbicide Roundup à base de glyphosate sur le microbiote intestinal des nourrissons en utilisant la technologie SHIME. La culture du microbiote SHIME® a été entreprise en présence d'une concentration de 100 mg/L de glyphosate et de la même concentration équivalente de glyphosate de Roundup.

 

Le Roundup et, dans une moindre mesure, le glyphosate ont provoqué une augmentation de l'activité de fermentation, entraînant une acidification de l'environnement microbien. Ceci a été également reflété par une augmentation de la production de lactate et d'acétate concomitante à une diminution des niveaux de propionate, valerate, caproate et butyrate.

 

La production d'ammonium, reflétant les activités protéolytiques, a été augmentée par l'exposition au Roundup.

 

La métabolomique globale a révélé des perturbations à grande échelle, notamment une abondance accrue d'acides gras polyinsaturés à longue chaîne.

 

Les changements dans la composition bactérienne mesurés par qPCR et 16S rRNA ont suggéré que la croissance des lactobacilles a été stimulée par l'acidification du microenvironnement.

 

Un co-traitement avec la formulation probiotique à base de spores MegaSporeBiotic a inversé certains des changements dans les niveaux d'acides gras à chaîne courte.

 

Dans l'ensemble, nos résultats suggèrent que le glyphosate peut exercer des effets sur le microbiote intestinal humain. »

 

Nous n'entrerons pas vraiment dans cette merveilleuse étude dont les « résultats suggèrent que le glyphosate peut exercer des effets sur le microbiote intestinal humain ». Et nous attendons de voir ce qu'en feront les marchands de peur, de doutes ou encore de certitudes frelatées de tel journal qui fut de référence ou de telle association en cheville avec le biobusiness.

 

La partie « discussion » s'ouvre par cette déclaration :

 

« Nous décrivons pour la première fois les effets du glyphosate et d'un herbicide formulé Roundup à base de glyphosate sur le microbiote intestinal humain. L'utilisation d'une technologie in vitro imitant l'ensemble du tractus gastro-intestinal a révélé que le glyphosate provoque des perturbations à grande échelle dans l'activité du microbiote intestinal obtenu à partir d'un nourrisson en bonne santé. »

 

Une « technologie in vitro imitant l'ensemble du tractus gastro-intestinal » ? Vraiment ? Un tube digestif plein d'éléments semi-solides, liquides et aussi gazeux imité par un liquide nutritif dans une coupelle ?

 

Et pourquoi avoir choisi un nourrisson ? Peut-être bien pour faire le buzz...

 

Ces questions sont toutefois accessoires. L'expérience s'est déroulée avec une concentration extravagante de 100 mg/L de glyphosate. En calculant large pour un article qui reste à publier – à finaliser en surmontant la tendance à la procrastination – nous avons trouvé que les « pisseurs de glyphosate » devaient ingérer journellement 12 µg de glyphosate pour pisser 1,19 ng/mL de glyphosate en moyenne.

 

En admettant – pour les besoins de l'argument – que les résultats de la « Campagne glyphosate » soient réalistes, l'expérience in vitro s'est déroulée avec une concentration quelque 9.000 fois supérieure à celle que l'on pourrait trouver dans un intestin d'adulte.

 

Les expériences ont aussi porté sur une formulation de glyphosate, un Roundup, le Promax du marché américain qui contient un surfactant. À notre connaissance, il n'y a pas de littérature nous indiquant que le surfactant se trouve dans les denrées alimentaires sous forme de résidu. Mais on sait que les bactéries et autres micro-organismes n'apprécient pas les bains de surfactant... résultat positif assuré pour les expériences – comme l'indique le résumé.

 

Quels résultats ? C'est nous qui graissons :

 

  • Selon le résumé, « [d]ans l'ensemble, nos résultats suggèrent que le glyphosate peut exercer des effets sur le microbiote intestinal humain ».

     

  • Et selon le début de la discussion, « le glyphosate provoque des perturbations à grande échelle dans l'activité du microbiote intestinal ».

 

Notons enfin que si M. Robin Mesnage annonce un conflit d'intérêts qui lui collera à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock, M. Michael Antoniou se déclare vierge de tout conflit. Ah ! Membre du conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN), qu'on ne présente plus... Pas de conflit d'intérêts ?

 

 

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