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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Des dirigeants africains s'expriment en faveur des OGM

13 Août 2022 Publié dans #Afrique, #OGM

Des dirigeants africains s'expriment en faveur des OGM

 

Joseph Maina*

 

 

Image : Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, s'adresse aux journalistes aux Nations Unies. Photo : Shutterstock/lev radin

 

 

Alors que les gouvernements africains réfléchissent au sort des organismes génétiquement modifiés (OGM), d'éminents dirigeants du continent ont ouvertement exprimé leur soutien à cette technologie.

 

De l'Éthiopie à l'Afrique du Sud, en passant par d'autres pays, un échantillon représentatif de dirigeants – en exercice ou non – s'est accordé à dire que les OGM méritaient une occasion de stimuler la fortune agricole du continent et d'améliorer les moyens de subsistance des populations rurales.

 

Voici quelques-unes des voix éminentes de l'espace politique africain qui ont contribué à la clameur en faveur des OGM et approuvé explicitement cette technologie.

 

 

Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta

 

Le président Uhuru Kenyatta a exprimé à diverses occasions son soutien aux OGM, malgré une législation étouffante qui limite l'importation d'OGM dans ce pays d'Afrique de l'Est.

 

C'est au cours du second mandat de M. Kenyatta que le Kenya a approuvé la culture commerciale du cotonnier Bt, annonçant ainsi la renaissance d'une industrie cotonnière qui avait sombré dans le marasme dans les années 1990.

 

M. Kenyatta a déclaré que le cotonnier Bt présentait un potentiel avéré de meilleurs rendements par rapport aux variétés conventionnelles et a promis que le gouvernement continuerait à améliorer les conditions politiques afin que le pays tire le maximum de bénéfices de ce type de variétés.

 

Le Vice-président William Ruto, est un tout aussi fervent défenseur de la biotechnologie ; il a déjà exprimé son soutien à la levée de l'interdiction des OGM mise en place en 2012. Dans ce qui est peut-être son expression la plus lucide de soutien à la technologie GM, M. Ruto, en marge de la 10e Conférence des Parties à la Convention sur la Diversité Biologique au Japon, a qualifié les OGM de « technologie révolutionnaire qui va permettre à davantage de personnes, en particulier au milliard de personnes environ dans le monde [...] qui sont confrontées à la faim, la majorité d'entre elles en Afrique, d'avoir une chance d'avoir un repas dans leur assiette ».

 

Le deuxième président du Kenya, feu Daniel Arap Moi, a également cherché à soutenir les efforts du pays pour adopter cette technologie. En mai 2000, M. Moi a écrit au président américain Bill Clinton pour demander le soutien des États-Unis afin de combler le fossé biotechnologique, déclarant que les méthodes agricoles actuelles s'avéraient incapables de répondre aux exigences du pays en matière de sécurité alimentaire et de croissance économique.

 

 

Les ministres des sciences et des technologies du Ghana

 

En 2017, le professeur Kwabena Frimpong-Boateng, alors ministre ghanéen de l'environnement, de la science, de la technologie et de l'innovation, a explicitement indiqué que les OGM faisaient partie intégrante de l'époque contemporaine et qu'il était impensable pour le Ghana d'éviter les OGM.

 

« ...que nous le voulions ou non, les organismes et les aliments GM sont parmi nous », a déclaré M. Boateng devant une commission parlementaire, tout en affirmant le soutien du gouvernement à une utilisation responsable de la technologie.

 

Médecin et chirurgien cardiothoracique de profession, M. Boateng a affirmé que « la biotechnologie est si importante que nous ne pouvons pas nous développer sans elle ».

 

Malgré les tempêtes d'opposition menées par les groupements anti-OGM dans le pays, le Ghana est en passe d'adopter les cultures génétiquement modifiées comme moyen d'augmenter sa production alimentaire. Parmi les développements récents, citons une demande d'autorisation auprès de l'Autorité Nationale de Biosécurité (NBA) pour la dissémination du niébé Bt, la première culture génétiquement modifiée du pays, qui possède une résistance intégrée aux attaques du ravageur Maruca vitrata.

 

Comme son prédécesseur, le Dr Kwaku Afriyie a adopté une position similaire, affirmant que les OGM sont des innovations scientifiques et qu'aucun pays ne peut se développer durablement sans science, technologie et innovation.

 

 

L'ancien Premier Ministre éthiopien Meles Zenawi

 

Le défunt Premier Ministre éthiopien a été décrit un jour comme un « orchestrateur d'idées influentes, d'un sens pratique du plus haut niveau, et une source de visions à long terme pendant son mandat ».

 

À un certain moment de son leadership, alors que de nombreux pays africains hésitaient à adopter la technologie GM, l'ancien premier ministre éthiopien était tout à fait résolu, affirmant que l'Afrique ne devait pas hésiter à adopter les cultures GM comme moyen de lutter contre sa faim massive.

 

« Devrions-nous exclure les cultures génétiquement modifiées ou la biotechnologie comme une arme dans notre arsenal ? Non. Pourquoi devrions-nous exclure une technologie ? La technologie GM est comme toutes les autres technologies. Elle peut être bien utilisée ou mal utilisée. La question est de savoir comment bien l'utiliser. Je pense qu'elle peut être bien utilisée si elle est utilisée en toute sécurité », a déclaré M. Zenawi lors d'un sommet international sur la faim tenu en 2004.

 

Et l'Éthiopie a certainement bien utilisé les OGM. En 2018, le pays a approuvé la culture commerciale du cotonnier GM et la recherche sur le terrain pour le maïs GM, dans le cadre des efforts visant à améliorer la productivité agricole.

 

 

L'ancien président sud-africain Thabo Mbeki

 

L'Afrique du Sud reconnaît le rôle important que la biotechnologie contribue à ses impératifs nationaux tels que la garantie de la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, la création d'emplois et le développement socio-économique.

 

Le pays a toujours obtenu des rendements impressionnants grâce aux OGM, mais certains de ses voisins de la région ont été lents à adopter cette technologie, ce qui, selon le gouvernement, est lié à la perception des OGM.

 

Par exemple, en 2002, alors que plusieurs pays d'Afrique australe luttaient pour nourrir leurs populations à la suite d'une famine généralisée, le président Mbeki a proposé de faire moudre un lot de maïs GM de secours pour le compte des pays touchés.

 

M. Mbeki était même considéré comme la voix sobre qui contribuerait à tempérer la perplexité et l'appréhension de certains dirigeants des pays voisins qui avaient hésité à recevoir l'aide alimentaire, ce qui a alimenté une controverse émaillée de faussetés et d'une ignorance généralisée sur les OGM.

 

 

Ministres du gouvernement en Zambie

 

Un certain nombre de responsables gouvernementaux en Zambie n'ont pas hésité à approuver les OGM et ont cherché à dissiper les perceptions négatives de cette technologie, dont les graines ont été semées au début des années 2000 par le président Levy Mwanawasa.

 

« La perception qui prévaut est que les OGM ont été interdits par feu le président Levy Mwanawasa et qu'il n'y a pas d'OGM en Zambie. J'ai du mal à comprendre ce raisonnement car aujourd'hui, il n'y a rien qui ne soit pas modifié d'une manière ou d'une autre. [...] Nous vivons dans un monde d'ingénieurs où les technologies progressent chaque jour, nous ne pouvons donc pas ignorer ce qui se passe. C'est l'époque dans laquelle nous vivons », a affirmé avec force le Dr Brian Mushimba, Ministre de l'Enseignement Supérieur sous le régime du président Edgar Lungu.

 

Son homologue du ministère de la santé, le Dr Chitalu Chilufya, a assuré au Parlement zambien que les produits alimentaires à base d'OGM étaient propres à la consommation, tout en expliquant le contexte de l'interdiction d'importation d'OGM dans le pays.

 

À l'époque de l'interdiction, la Zambie ne disposait pas des infrastructures et des ressources humaines nécessaires pour gérer les OGM, mais ces obstacles ont été surmontés par la promulgation d'une législation appropriée et la création de l'Autorité Nationale de Biosécurité (NBA).

 

La Zambie s'est récemment montrée réceptive aux produits génétiquement modifiés, ce qui est loin de la position intransigeante adoptée par le régime de Mwanawasa.

 

 

Le président sénégalais Macky Sall

 

Le président sénégalais Macky Sall, ingénieur géologue et géophysicien de formation, a été vu comme « fortement favorable » à l'adoption de la biotechnologie dans son pays.

 

Le 14 juin 2022, le président Sall a signé une nouvelle loi sur la biosécurité qui a effectivement abrogé la loi de 2009 sur la biosécurité, permettant ainsi au Sénégal de tirer le maximum de bénéfices de la biotechnologie moderne.

 

Le président Sall a toujours défendu la science et la technologie comme des outils importants pour améliorer le bien-être du peuple sénégalais.

 

« Il est indéniable que les OGM peuvent aider à relever les défis actuels, tels que l'insécurité alimentaire, les problèmes de santé publique, la conservation des ressources naturelles et le changement climatique », a-t-il déclaré lors de la session annuelle 2017 de l'Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS).

 

 

L'ancienne présidente du Malawi, le Dr Joyce Banda

 

Le Dr Joyce Banda a soutenu sans ambages les biotechnologies dès le début de sa présidence, lorsque le Malawi a jeté les bases de la recherche sur les nouvelles cultures génétiquement modifiées (haricots, manioc, niébé et maïs).

 

Dans son discours inaugural devant le Parlement du pays en mai 2012, Mme Banda a promis que son gouvernement encouragerait l'adaptation de la technologie et de l'innovation en promouvant et soutenant la modification génétique en agriculture.

 

« Grâce à la biotechnologie moderne, les agriculteurs n'auront plus à désherber leurs jardins, ils ne devront plus acheter de pesticides et la modification génétique permettra d'améliorer la teneur en carbone et en humidité des sols », a-t-elle déclaré.

 

Depuis lors, le Malawi a fait des progrès notables dans sa quête d'intégration des cultures génétiquement modifiées dans son agriculture. Le Malawi est actuellement l'un des sept pays africains qui ont approuvé la production commerciale de cultures GM.

 

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* Source : African leaders voice support for GMOs - Alliance for Science (cornell.edu)

 

 

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