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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Politique agricole française : un virage à 180 degrés

23 Juillet 2022 Publié dans #Politique agricole

Politique agricole française : un virage à 180 degrés ?

 

 

(Source)

 

 

Le Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire Marc Fesneau a passé le 19 juillet 2022 à Berlin en réunion de travail avec son homologue Cem Özdemir.

 

Comme vous pouvez le voir sur l'image ci-dessus, il y a eu une visite sur le terrain...

 

Sur Twitter, M. Marc Fesneau a tenu des propos lénifiants :

 

« L'agriculture allemande et l'agriculture française font face au défi de la souveraineté alimentaire.

 

Production nourricière, résilience face aux aléas climatiques, stockage du carbone, préservation de la biodiversité... C’est un tout. Ces sujets étaient au cœur de nos échanges.

 

Au niveau européen, nous avançons ensemble pour une logique de planification, d’harmonisation européenne, d’équité de concurrence, de réciprocité des normes notamment sur la question des produits phytopharmaceutiques : pas d’interdiction sans solution.

 

Cette méthode de coopération franco-allemande nous anime et nous continuerons de la porter.

 

Dans les temps de crises, notamment avec la guerre en Ukraine et ses ses conséquences elle reste notre boussole. Pour le court et le long terme. »

 

M. Cem Özdemir a fait publier un communiqué de presse dont voici le texte :

 

« Özdemir : Pas de relâchement dans le Pacte Vert européen

 

Le ministre français de l'Agriculture Fesneau invité par le ministre de l'Agriculture Özdemir à Berlin

 

 

Le ministre allemand de l'Alimentation et de l'Agriculture, Cem Özdemir, a reçu aujourd'hui son homologue, le nouveau ministre français de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Marc Fesneau, pour une première visite. La rencontre à Berlin a porté sur l'engagement commun de l'Allemagne et de la France en faveur des objectifs du Green Deal européen, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine et de ses conséquences de plus en plus graves sur la sécurité alimentaire mondiale. Özdemir a rendu hommage aux relations franco-allemandes et a souligné que la poursuite d'une étroite collaboration était la condition sine qua non pour relever les défis actuels.

 

 

Le ministre fédéral Cem Özdemir a déclaré : "En Europe, nous ressentons actuellement toute la force de la catastrophe climatique : des records de chaleur sont battus, des incendies de forêt sévissent dans de nombreux pays, les récoltes sont victimes de la sécheresse. La guerre en Ukraine ne doit pas nous amener à réduire nos stratégies européennes pour faire face à la crise climatique et à la disparition des espèces. Si les sols, l'eau, la biodiversité et le climat ne sont pas protégés, cela provoquera des crises encore plus graves et mettra en péril la sécurité de l'approvisionnement. Nous devons maintenant persévérer et mettre en œuvre le Green Deal de manière conséquente – en unissant nos forces au niveau européen."

 

Özdemir a également souligné : "Face aux crises qui se superposent, nous devons plus que jamais nous engager pour une agriculture résiliente et résistante aux crises. Nous n'y parviendrons que si, à l'avenir, nous exploitons les ressources de manière nettement plus respectueuse et en harmonie avec nos bases naturelles de vie."

 

En ce qui concerne la situation alimentaire mondiale, Özdemir a déclaré qu'une meilleure coordination des mesures de soutien à l'Ukraine était nécessaire. La question des exportations est et reste la préoccupation la plus urgente de l'Ukraine. "Les exportations de céréales de l'Ukraine reprennent, mais elles sont encore loin du niveau d'avant-guerre. Il est important de trouver des routes d'exportation alternatives pour garantir à l'Ukraine un accès à long terme au marché mondial. Il s'agit d'alternatives permanentes et non temporaires. Nous sommes d'accord pour dire qu'il est d'autant plus important de mettre en œuvre rapidement et de manière ciblée le plan d'action de l'UE pour les corridors de solidarité. Ensemble, nous voulons tout faire pour surmonter les problèmes logistiques, bureaucratiques et aussi économiques liés à l'exportation de céréales." Özdemir a donc plaidé auprès de la Commission Européenne pour que l'Ukraine soit soutenue par une conférence internationale des ministres de l'Agriculture et des Transports des pays riverains impliqués dans les exportations. Il s'agit d'un souhait explicite de son homologue ukrainien, a déclaré Özdemir. »

 

Il est, bien sûr, loisible au ministre allemand Cem Özdemir, de publier ce qui bon lui semble. Même un communiqué de presse d'une rare muflerie : il se borne à reproduire ses propos, sans égards pour son hôte du jour.

 

Il nous est aussi loisible de nous interroger devant un « nous avançons ensemble pour une logique de planification, d’harmonisation européenne » de M. Marc Fesneau et un « Pas de relâchement dans le Green Deal européen » de M.Cem Özdemir, sachant que le Green Deal nous mène à de sérieux problèmes, sinon à la catastrophe, en matière de souveraineté alimentaire et de position géostratégique, sans gain réel pour le volet environnemental.

 

Mais il faut aussi logiquement comprendre que les propos de M. Cem Özdemir ne s'opposent pas frontalement aux positions de M. Marc Fesneau.

 

Il y a d'autres motifs de s'interroger.

 

Le 18 juillet 2022 s'est tenu un Conseil « Agripêche », au cours duquel la délégation française a présenté une note d'information au nom de 12 États membres (Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Portugal, Slovaquie) au sujet de la déclaration sanitaire et phytosanitaire [SPS] « Répondre aux défis SPS modernes » adoptée lors de la Conférence ministérielle de l'OMC le 17 juin 2022. On y lit :

 

« Le Pacte Vert européen et sa stratégie "de la ferme à la table", ainsi que les règlements adoptés dans le cadre de ces ces stratégies, ouvrent la voie à un système alimentaire européen plus durable, y compris sur les questions SPS. La nouvelle politique agricole commune contribuera à cette transition, comme toutes les politiques de l'UE devraient le faire.

 

L'UE doit profiter de sa position d'acteur important sur les marchés internationaux pour collaborer avec ses partenaires internationaux afin de favoriser une transition mondiale vers une plus grande durabilité. Sinon, la mise en œuvre du Pacte Vert et de ses stratégies dans les réglementations pourrait entraîner des fuites environnementales et une baisse de la production agricole européenne. »

 

Il nous faut des explications.

 

Peut-être chanterons-nous bientôt : « Nous voulons revoir notre Denormandie... »

 

 

 

 

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