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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Définitions : Les types de travail du sol dans l'agriculture moderne

15 Juillet 2022 Publié dans #Agronomie

Définitions : Les types de travail du sol dans l'agriculture moderne

 

Brian Boyce, AGDAILY*

 

 

Ma note : C'est un texte qui se rapporte au contexte états-unien. Les forgerons du langage spécialisé français peuvent venir au secours de cette traduction... Il y a des statistiques intéressantes en deuxième partie.

 

 

Le Mach Till de KINZE combine certains des avantages des disques conventionnels, du travail vertical du sol et des outils de finition du sol en une seule machine, intégrant des caractéristiques de vitesse, de bonne finition du sol et de gestion uniforme des résidus dans plusieurs types de sol. (Image : KINZE)

 

 

L'odeur de la terre émiettée n'est jamais oubliée par ceux qui se disent agriculteurs. Le travail du sol est la manipulation du sol et constitue une composante essentielle de toute stratégie agricole. Mais trop souvent, les producteurs se fient à la tradition plutôt qu'à l'information. Alors que la réduction des gaz à effet de serre émis et la lutte contre la sécheresse deviennent de plus en plus essentielles, les producteurs devront reconsidérer la manière dont ils exposent leurs champs aux éléments et conservent à la fois l'eau et la terre arable. Cela signifie qu'ils doivent connaître les différents types de travail du sol disponibles et ce que les différentes options de travail du sol signifient pour une exploitation spécifique.

 

Les agents de vulgarisation locaux sont une excellente ressource lorsqu'il s'agit de rechercher de nouvelles façons de travailler la terre, et de meilleures technologies naissent chaque jour dans ce but précis. Depuis l'époque des charrues en pierre tirées par des animaux jusqu'aux tracteurs modernes équipés de disques contrôlés par intelligence artificielle, en passant par la charrue à versoir et la charrue à chisel, le travail du sol n'a pas changé.

 

Vous trouverez ci-dessous une ventilation des nombreux types de travail du sol courants aujourd'hui et les termes à prendre en compte lorsque vous discutez de nouvelles stratégies pour une exploitation, quelle que soit sa taille. Franchement, le jardinier amateur et le producteur commercial utilisent tous deux des stratégies de travail du sol et il y a pas mal de recoupement au niveau conceptuel. Les systèmes de travail du sol se retrouvent aussi bien en agriculture biologique qu'en agriculture conventionnelle. Cela dit, de nombreux producteurs (en particulier les producteurs conventionnels) se sont tournés vers l'agriculture « sans labour » ou semis direct (no till), qui consiste à produire des cultures sans perturber le sol par le travail.

 

 

Comparaison côte à côte d'un champ non travaillé et d'un champ travaillé. (Image : Neil Sass)

 

 

La quantité et le type de travail du sol, ainsi que les outils à utiliser, peuvent faire une énorme différence dans les rendements. Alors qu'un nombre croissant d'hectares américains souffrent de conditions de sécheresse et que les gaz à effet de serre sont de plus en plus préoccupants, il ne fait aucun doute que les stratégies de travail du sol continueront d'être un sujet brûlant en ce 21e siècle.

 

 

Quelle est la différence entre les termes ?

 

Tout type de travail du sol ameublit le sol. Cette manipulation mécanique de la terre est effectuée dans le but de gérer les résidus de culture, d'incorporer des engrais et amendements, de préparer le lit de semence, de lutter contre les mauvaises herbes et d'éliminer le compactage de la surface et les ornières.

 

À cet égard, il faut tenir compte des stratégies de travail primaire et secondaire du sol.

 

Le travail primaire du sol ameublit le sol et incorpore des engrais ou des matières végétales, produisant ainsi un sol à la texture plus grossière. Cette opération est généralement effectuée après la dernière récolte. L'objectif principal est d'atteindre une profondeur raisonnable de sol meuble, d'incorporer les résidus de culture et d'aérer le sol.

 

Le travail secondaire du sol produit un sol plus fin et façonne parfois les rangs en vue de préparer un lit de semences et d'assurer le contrôle des mauvaises herbes tout au long de la saison de végétation. Le travail secondaire du sol consiste en tout travail ultérieur du sol pour incorporer les engrais, réduire le sol à une texture plus fine, niveler la surface et lutter contre les mauvaises herbes.

 

 

Outil de travail vertical du sol de la série VT17 iImage : John Deere)

 

 

Le travail vertical du sol fait référence à des stratégies dans lesquelles l'outil entre et sort du sol sur un plan vertical plutôt qu'horizontal. L'objectif est que les outils s'engagent dans le sol de haut en bas avec le moins d'angle possible par rapport à la surface du sol. Le travail vertical du sol est utile pour couper et calibrer les résidus tout en les mélangeant au sol pour convertir la matière organique. Ce style tend à réduire le risque de laisser des couches secondaires de compaction comme le font les mouvements horizontaux.

 

Le travail du sol horizontal est, comme son nom l'indique, un travail à la volée qui consiste à râper des couches horizontales de sol de différentes densités. Les charrues traditionnelles à versoir et à chisel ont historiquement joué ce rôle. Parmi les méthodes plus récentes, on peut citer le Mach Till de Kinze. Le travail du sol horizontal réduit la nécessité d'un désherbage chimique, et le sol est relativement uniforme à la surface, ce qui facilite le travail des semoirs. L'inconvénient est que l'eau produite par les précipitations peut se déplacer plus rapidement à travers et provoquer une érosion (une perte importante de terre arable).

 

Le travail de conservation du sol (conservation tillage) désigne les stratégies conçues pour conserver le sol en réduisant l'érosion. L'objectif est de laisser au moins 30 % de résidus de culture à la surface du sol ou au moins 900 kg/ha de résidus de céréales à paille. Cela ralentit le mouvement de l'eau et réduit l'érosion. En général, ces stratégies sont mises en œuvre en même temps que d'autres impliquant la gestion du sol et les cultures de couverture et, si elles sont appliquées avec succès, elles peuvent apporter de grands avantages. En ce qui concerne le travail du sol, ces stratégies comprennent le travail du sol par paillage, le travail en billons et le sans labour ou semis direct (no till). Le travail du sol par paillage consiste à épandre uniformément les résidus à la surface du sol et à planifier les opérations de manière à obtenir un volume prescrit. Les stratégies de travail du sol en billons permettent à l'agriculteur de créer des billons ou des lits triangulaires surélevés. Le travail du sol en billons est généralement peu profond et produit des pointes lisses pour maintenir les semoirs dans les mêmes rangs. Les pratiques de culture sans labour laissent le sol non perturbé par le travail, les résidus restant à la surface.

 

Les stratégies dites de travail réduit du sol laissent entre 15 et 30 % des résidus de culture sur le sol, soit 450 à 900 kg/ha de résidus de céréales à paille. Le travail intensif laisse moins de 15 % de résidus de culture ou 450 kg/ha de résidus de céréales à paille. Le travail intensif du sol est généralement effectué à l'aide d'outils traditionnels tels que les charrues à versoir et à chisel.

 

 

La conservation du sol (conservation tillage)

 

[Ma note : la France compte environ 18 millions d'hectares de terres arables.]

 

La conservation du sol est un terme que même les non-agriculteurs connaissent maintenant. Et de nombreux rapports indiquent qu'il peut conduire à une plus grande rentabilité. L'objectif de laisser un minimum de 30 % de résidus de culture et d'utiliser des cultures de couverture s'est répandu depuis la fin des années 1990 dans le monde entier.

 

Selon le rapport 2020 du Département Américain de l'Agriculture sur les pratiques d'utilisation des terres, le changement est évident.

 

En 2017, les exploitations agricoles de moins de 200 hectares (500 acres) utilisaient :

 

  • le semis direct (no till), pour 226.609 exploitations, soit 9,55 millions d'hectares. ;

     

  • le travail réduit du sol, pour 163.679 exploitations, soit 8,34 millions d'hectares ;

     

  • le travail intensif du sol, pour 224.555 exploitations, soit 8,17 millions d'hectares.

 

Au cours de la même année, les fermes de plus de 800 hectares (2.000 acres) ont utilisé :

 

  • le semis direct, pour 10.996 exploitations, soit 16,5 millions d'hectares ;

     

  • le travail réduit du sol, pour 10.147 exploitations, soit 14,2 millions d'hectares ;

     

  • le travail intensif du sol, pour 8.078 exploitations, soit 11,7 millions d'hectares.

 

L'utilisation de cultures de couverture est un élément clé de l'agriculture de conservation des sols. En 2017, 153.402 exploitations agricoles ont mis en place des cultures de couverture contre 133.124 en 2012, soit une augmentation de 15 %. Les acres de cultures de couverture ont augmenté de 50 %, grimpant à 15.390.674 (6.228.385 hectares) en 2017, contre 10.280.793 (4.160.489 hectares) en 2012.

 

L'un des grands avantages de l'agriculture de conservation des sols réside dans ce qu'elle ne fait pas. Les agriculteurs ont depuis longtemps remarqué qu'un travail excessif du sol peut entraîner une dégradation et un compactage, ainsi qu'une augmentation de l'érosion. Si elles sont appliquées correctement, les stratégies de travail réduit du sol peuvent réduire les coûts d'exploitation tels que le carburant et l'usure des tracteurs.

 

 

Le savoir, c'est le pouvoir

 

Lorsqu'il s'agit de stratégie de travail du sol, il est essentiel de consulter un agent de vulgarisation et d'autres experts du sol. Les vendeurs de matériel agricole peuvent également être d'une grande aide. Chaque campagne apporte un schéma météorologique légèrement différent, ce qui peut faire une différence aussi importante que les types de sol d'une région à l'autre.

 

L'USDA offre également une mine d'informations, notamment son rapport Conservation-Practice Adoption Rates Vary Widely by Crop and Region, qui présente des données historiques jusqu'en 2015 en termes d'adoption nationale et régionale de différents systèmes de travail du sol et de cultures.

 

 

 

 

Comme le travail du sol ouvre la terre et l'expose au soleil et au vent, le risque d'aggraver une sécheresse est omniprésent. De plus, le sol doit être façonné de manière à éviter le ruissellement et l'érosion de la précieuse terre végétale. Les stratégies de travail du sol dans l'Ouest seront donc différentes de celles du Sud profond ou du Midwest, et ces différences continueront d'évoluer dans un contexte de changement climatique.

 

Selon le U.S. Drought Monitor de mars 2022, dans un exemple essentiel, les conditions de sécheresse étaient sévères dans les États du Texas, de l'Oklahoma, de l'Oregon, du Nevada, de l'Utah, du Montana et du Nouveau-Mexique. Plus de 20 % des terres de l'Ouest des États-Unis ont été classées dans la catégorie des sécheresses extrêmes ou exceptionnelles.

 

Aucun agriculteur n'a besoin d'un cours sur l'impact que cela peut avoir sur son exploitation. Au cours de ce mois, plus de 10 % des terres consacrées au foin de luzerne se trouvaient dans des zones de sécheresse, et ce, alors que l'année 2021 avait été une année de sécheresse historique. L'impact de cette situation sur les prix des aliments et des fournitures en amont et en aval de la chaîne d'approvisionnement est évident, car les aliments pour le bétail augmentent avec eux.

 

Dans ces États de l'Ouest, l'agriculture irriguée par les eaux de surface dépend en grande partie du manteau neigeux, qui, au printemps 2022, était de 10 à 15 % inférieur à la médiane historique, et de 30 et 25 % inférieur en Californie et en Oregon, respectivement.

 

Mais qu'en est-il de l'Indiana, de l'Illinois ou du Mississippi ? Chaque producteur sait que chaque parcelle gère l'eau différemment, et c'est là que les pratiques de travail du sol intelligentes entrent en jeu. Que l'on brise la terre avec une charrue à chisel ou que l'on utilise des cultures de couverture devrait vraiment varier en fonction de chaque exploitation, car l'agriculture est autant un art qu'une science. Le savoir, c'est le pouvoir et il sera crucial de suivre l'évolution du secteur à l'avenir.

 

______________

 

Brian Boyce est un écrivain primé qui vit dans une ferme du centre-ouest de l'Indiana. Vous pouvez découvrir d'autres de ses travaux sur http://www.boycegroupinc.com/.

 

Source : Defined: The types of tillage in modern agriculture | AGDAILY

 

 

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