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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Une agriculture zéro pesticide, c'est possible, selon un centre de recherche de l'Inrae », un article de Géo

17 Juin 2022 Publié dans #critique de l'information, #Agronomie, #Pesticides

« Une agriculture zéro pesticide, c'est possible, selon un centre de recherche de l'Inrae », un article de Géo

 

Glané sur la toile 946

 

 

(Source)

 

 

Oui, « Une agriculture zéro pesticide, c'est possible, selon un centre de recherche de l'Inrae ». C'est possible et c'est prouvé par l'agriculture dite « biologique » – à deux petits/gros détails près : les pesticides autorisés par son cahier des charges et les rendements.

 

Le titre de l'article est certes de Géo. Mais le message subliminal est clair : on peut « changer de modèle ».

 

Dommage... Car l'article est intéressant.

 

En chapô :

 

« Comment se nourrir demain en préservant la planète ? Sur 120 hectares dans la région de Dijon (Côte d'Or), des chercheurs de l'Inrae testent toutes sortes d'hypothèses de cultures, avec ou sans labours, engrais ou irrigation, et sans aucun pesticide. »

 

On est encore dans la suggestion. Ce qu'on fait aujourd'hui – enfin la caricature de ce qu'on fait aujourd'hui, l'« agriculture industrielle » ou « productiviste » – ne préserverait pas la planète, et il faut donc tester. Notez bien que cette formulation implique aussi que les « alternatives » tant vantées et promues ne sont pas le Saint Graal. Mais quel lecteur comprendra ?

 

L'entrée en matière nous renvoie illico à l'hystérie ambiante :

 

« L'idée est de "concevoir des systèmes agricoles sans pesticides, en utilisant la biodiversité comme moyen de production" et en associant des agriculteurs, explique Stéphane Cordeau, agronome à l'Institut national de recherche pour l'agriculture et l'environnement (Inrae) en Côte d'Or.

 

Les pesticides, voilà l'ennemi ! Utiliser la biodiversité – travailler « avec la nature » plutôt que contre, selon une formule constamment ressassée, voilà l'objectif. Alors que l'agriculture est par définition une lutte contre la nature, certes avec des auxiliaires de la nature.

 

« Le désherbage est mécanique, les apports en engrais azotés limités. » Il semble que ce soit une constante sur l'ensemble de la plate-forme d'expérimentation. Mais a-t-on mesuré l'impact environnemental de cette forme de désherbage par rapport à l'usage d'un herbicide, au statut d'ennemi public souvent contestable ? Autrement dit, la recherche vise-t-elle de véritables améliorations agronomiques, y inclus environnementales, ou s'agit-il de répondre aux fantasmes qui circulent dans l'opinion dite publique ?

 

Il va sans dire que l'expérimentation est très utile et ne saurait être remise en cause dans son principe. C'est l'utilisation médiatique qui doit être questionnée.

 

Il est évidemment question d'allonger les rotations dans ces recherches. Mais ce qui peut être une solution pour une ferme individuelle n'est pas forcément transposable à la Ferme France dans son ensemble.

 

De même l'optimum économique pour une exploitation n'est pas forcément dans l'intérêt de la Nation s'il était étendu au grand nombre.

 

« Irrigation faible, coûts moindre en pesticides et carburant nécessaire à leur épandage : "finalement, du point de vue économique, notre bilan s'approche du conventionnel", au vu de la flambée actuelle des intrants, relève Xavier Reboud. "Nous devons nous préparer à cette transition", plaide-t-il, car "la chimie, qui a permis d'atteindre des rendements exceptionnels, a épuisé les sols et pollué les nappes" dans un contexte où le changement climatique va rendre encore plus incertain le travail des agriculteurs. »

 

Ah, le gimmick de l'épuisement des sols, ainsi que de la pollution des nappes... Mais le coût moindre en carburant pour les traitements ne serait-il pas plus qu'annulé par celui des désherbages mécaniques ? Et la « transition » a un coût :

 

« Quatre ans après son lancement, le projet a essuyé des "impasses techniques" - des attaques contre la moutarde ou le colza, peu [ma note : c'est plutôt le contraire si on se limite aux grandes cultures] consommateurs de pesticides mais qui restent "difficiles à produire sans". Mais l'espoir est là : si l'équipe de l'Inrae n'a "pas encore atteint ses objectifs", elle a déjà obtenu pour le blé un rendement à l'hectare de 50 quintaux (et en vise vingt de plus), contre environ 80 quintaux en conventionnel et 40 en bio. »

 

Ces 50 quintaux nous ramèneraient au mieux au début des années 1980. Il y aurait aussi lieu de vérifier les rendements sur l'ensemble d'une rotation.

 

Encore une fois, c'est de l'expérimentation. Mais il n'est pas sûr que ce qui est testé soit un projet d'avenir pour la Ferme France, pour la souveraineté alimentaire française et la sécurité alimentaire mondiale.

 

L'article se termine sur une note étonnante :

 

« Pour Stéphane Cordeau, "il y a de très fortes marges de manœuvre pour réduire les pesticides". Il rappelle que le travail de sélection variétale de l'Inrae sur la vigne a permis "de passer de 16 à 2 traitements phytosanitaires". La transition, véritable choix de société, devra cependant passer par un accompagnement des exploitants et un changement de vision globale de l'agriculture, prévient-il. »

 

Mais la vigne, ce ne sont pas les grandes cultures...

 

Et comme l'INRAE succombe aussi à l'hystérie anti-OGM, voire l'alimente, il n'est pas en mesure de produire des versions rendues résistantes des cépages anciens imposés par les cahiers des charges de nombre d'appellations d'origine. Ni d'exploiter pleinement les « fortes marges de manœuvre ».

 

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H
Géo, c'est un peu comme Yann Arthus Bertrand, 20/10 pour les photos, mais pauvre voir complètement minable pour le fond. Articles indigents ou sensationnalistes et souvent à côté de la plaque. C'est une revue grand public pour faire cligner des yeux, aucunement une revue de fond. La vérité importe peu, il s'agit d'être dans le vent et de vendre un maximum. <br /> A noter que c'est une production du groupe de presse Prisma Média qui produit aussi Gala ou Voici ou Femme Actuelle.
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U
Si j'ai bien compris, même les fermes Dephy n'y arrivent pas.
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J
Je suis allé voir la base de donnée Dephy... y'a juste des indication rendement "identique" ou "correct" mais sans aucune valeur...
Y
avec Xavier Rebour...... poubelle !<br /> Marre de ces faux chercheurs en poste à vie mais vrais militants .
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