Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les semences génétiquement éditées du Kenya seront abordables, selon des scientifiques

17 Juin 2022 Publié dans #NGT, #Afrique

Les semences génétiquement éditées du Kenya seront abordables, selon des scientifiques

 

Joseph Maina*

 

 

Image : Le sorgho est l'une des nombreuses cultures importantes qui sont améliorées par édition de gènes au Kenya. Photo : Busani Bafana

 

 

Alors que l'Afrique va de l'avant avec l'édition du génome pour stimuler la production agricole, une scientifique de premier plan a assuré que les produits de cette technologie seront largement disponibles et abordables pour les agriculteurs.

 

Certains opposants à cette technologie ont affirmé que les semences génétiquement éditées seront trop coûteuses pour les petits exploitants agricoles. Mais leur prix sera le même que celui des cultures conventionnelles, car elles sont développées par des instituts de recherche publics africains, et non par des entreprises mondiales, a déclaré le Dr Leena Tripathi, scientifique principale en biotechnologie végétale à l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA).

 

« Grâce aux recherches que nous menons, toutes les cultures que nous développons seront mises à la disposition des agriculteurs sans coût supplémentaire. Par exemple, si les agriculteurs payaient 100 shillings kenyans pour des drageons de bananier conventionnel, ils paieront la même chose pour le drageon de bananier génétiquement édité. Les agriculteurs ne paieront rien de plus pour les variétés génétiquement éditées », a déclaré Mme Tripathi.

 

Elle a expliqué que les variétés de cultures génétiquement éditées seront largement disponibles pour les agriculteurs et que ceux-ci seront autorisés à partager les semences et plants entre eux.

 

« Nous n'allons pas réglementer de telles choses », a-t-elle ajouté.

 

Mme Tripathi s'est exprimée lors d'un séminaire en ligne récemment organisé par l'Alliance pour la Science pour évaluer l'état de préparation du Kenya aux technologies et produits d'édition du génome. Parmi les autres intervenants figuraient le professeur Steven Runo, professeur associé à l'Université Kenyatta de Nairobi, qui a appliqué l'édition de gènes pour lutter contre la striga, une mauvaise herbe parasite du sorgho, et M. Josphat Muchiri, directeur adjoint des services techniques de l'Autorité Nationale de Biosécurité du Kenya (NBA).

 

 

L'Afrique progresse très rapidement dans le domaine de la technologie d'édition de gènes, a déclaré Mme Tripathi, soulignant certains des projets d'édition de gènes actuellement en cours sur le continent.

 

« De nombreux projets sont en cours en Afrique, et certains produits sont en cours de développement. Un exemple est le sorgho résistant à la striga au Kenya, qui est maintenant prêt à être testé sur le terrain. Il y a aussi le maïs qui a été développé pour résister à la maladie de la nécrose létale du maïs, qui est un autre projet en cours au Kenya. Parmi les autres, citons le projet sur le bananier, sur lequel je travaille, un projet sur le blé en Égypte, en Afrique du Nord, et un projet sur le manioc, qui est mené dans plusieurs pays du continent », a déclaré Mme Tripathi.

 

Une liste complète des projets d'édition du génome sur le continent a été publiée par l'International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA).

 

Mme Tripathi a ajouté que l'édition du génome a été renforcée par une série de cadres réglementaires qui ont démontré la confiance croissante des Nations africaines dans cette technologie. Le Nigeria a été le premier pays à publier une réglementation sur l'édition du génome sur le continent en février 2022, suivi par le Kenya en mars de la même année.

 

« Il y a plusieurs autres pays en Afrique qui sont actuellement en discussion pour développer également les lignes directrices pour l'édition du génome », a-t-elle déclaré.

 

M. Muchiri s'est montré confiant dans l'avenir de la technologie et a assuré de la sécurité des produits génétiquement édités.

 

« Lorsque nous nous penchons sur l'édition du génome, cela donne beaucoup de confiance à la fois aux consommateurs et aux décideurs politiques. En tant que régulateurs, nous continuerons à fournir des cadres réglementaires de facilitation car, à mesure que la technologie progresse, nous devons également garantir au public que les produits issus de ces processus sont sûrs pour la consommation humaine. C'est un domaine que nous continuerons à surveiller, même si la science progresse. »

 

La technologie est mise en œuvre sur le continent, en grande partie par des scientifiques africains, afin d'apporter des solutions à l'Afrique. Les chercheurs africains utilisent la technologie d'édition génétique CRISPR pour protéger les cultures de base contre des maladies qui affectent la production et les moyens de subsistance de millions d'agriculteurs sur le continent.

 

« Si les scientifiques africains ne travaillent pas sur ces cultures, alors qui va travailler sur elles ? », a demandé Mme Tripathi.

 

En écho à ses remarques, M. Runo a fait remarquer que si le coût exact des produits issus de son projet de lutte contre la striga n'a pas encore été déterminé, les programmes d'édition de gènes sont entrepris à des fins non lucratives, ce qui influencera les prix finaux.

 

L'importance de semences abordables et de haute qualité ne peut être minimisée, en particulier dans de nombreuses régions d'Afrique où l'agriculture est largement menée par les petits exploitants et confrontée à des contraintes de ressources. Un rapport intitulé « The African Seed Company Toolbox : 52 Tools Every Seed Company Manager Should Know How to Use » souligne la nécessité d'un approvisionnement fiable en semences de bonne qualité comme condition pour que l'Afrique sub-saharienne améliore sa productivité alimentaire. Le rapport note que dans certaines régions, les agriculteurs n'utilisent pas de semences améliorées parce qu'ils ne comprennent pas leurs avantages, tandis que dans d'autres cas, de nombreux agriculteurs n'en utilisent pas parce qu'ils doutent de la disponibilité d'un approvisionnement régulier au moment du semis.

 

__________

 

* Source : Kenya's gene-edited seeds will be affordable, scientist say - Alliance for Science (cornell.edu)

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article