Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Ce blog a sept ans – notre avenir réclame des décisions urgentes

8 Juin 2022 Publié dans #Divers

Ce blog a sept ans – notre avenir réclame des décisions urgentes

 

 

Les champs de l'Au-delà (détail) représentés dans la tombe de Sen-Nedjem à Deir el-Médineh, en Haute-Egypte (treizième siècle avant J.C.). Photo : Gisèle Heitz.

Le panneau du haut représente la récolte du lin (Linun usitatissimum L.), qui se fait traditionnellement par arrachage. Le panneau du dessous représente trois sortes d'arbres : des palmiers doums (Hyphaene thebaica (L.) Mart.), à gros fruits, des palmiers dattiers (Phenix dactylifera L.), à petits fruits en grappes retombantes, et une espèce de figuier. Ficus sycomorus L., le sycomore de la Bible. Les chevrons représentent l'eau dans des canaux d'irrigation. Sur le même mur se trouvent aussi représentés le labour avec un araire tiré par deux boeufs et le semis dans le sillon creusé par l'araire, ainsi que la récolte d'une espèce de blé, l'engrain, à la faucille.

 

 

Le 8 juin 2015, je publiais « Osons l'avenir », un texte qui expliquait ma démarche et livrait quelques détails sur mon parcours.

 

Me plaçant dans la perspective de 2050, j'écrivais :

 

« Le défi de l'avenir, qui doit être relevé avec vigueur au présent, c'est de le construire en déployant les sciences et les technologies – judicieusement, il va de soi. Ce n'est pas de fabriquer et d'utiliser des pseudo-sciences pour faire obstacle au progrès ou, pire, embrayer la marche arrière ; et, pour les pouvoirs politiques et administratifs, pour se livrer à de petites et grandes compromissions compromettant l'avenir pour un profit immédiat et temporaire.

 

Le défi, c'est, dans l'immédiat, expliquer, démystifier.

 

Dans ce domaine, l'offre n'est pas abondante. Je souhaite y contribuer.

 

Comment se nourriront mes petits-enfants et les Français de leur génération en 2050 ? Grâce à une production française développée, au pire maintenue ? Ou – le principe de précaution devenu principe d'inaction ayant fait son œuvre, tout comme les contraintes agro-environnementales, économiques et sociales imposées par un pouvoir politique pusillanime en réponse à une opinion publique largement fabriquée par des manipulateurs, des désinformateurs, des marchands de peurs et d'illusions – avec ce qu'ils auront pu grappiller sur le marché international ?

 

Il faut le dire sans ambages : les vrais défis sont l'alimentation, la santé publique – ou, exprimé sous forme négative, la faim et la malnutrition, et les maladies contagieuses, avec leurs cortèges d'effets collatéraux. Ce ne sont pas (tous) les pesticides et (tous) les OGMs, etc. Jean de Kervasdoué a peut-être eu tort d'écrire : "La peur est au-dessus de nos moyens" : nous en avons encore les moyens. Reste à savoir jusqu'à quand on privilégiera les égoïsmes, les conservatismes, voire les agendas cachés.

 

2050 ? C'est dans 35 ans [maintenant 28]. C'est trois cycles de sélection en amélioration des plantes [bientôt deux] ; un si le programme est ambitieux et ardu. Autant dire demain. »

 

La pandémie de la Covid-19 nous aura rappelés à l'ordre s'agissant de la santé publique et de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

 

Pour la santé publique, le bilan est contrasté.

 

Si le système de santé a globalement tenu le choc – grâce en tout premier lieu au dévouement du personnel médical – nous n'avons visiblement pas tiré les conséquences de la pandémie pour l'organisation de notre société, en témoignent les appels urgents de ce personnel dont une partie a dépassé le stade de l'essoufflement.

 

Avec les vaccins, cette crise nous aura aussi instruits sur les extraordinaires prouesses des biotechnologies et sur la capacité de les mettre en œuvre rapidement, sans prendre des raccourcis s'agissant de la sécurité, lorsque l'urgence commande de mettre un terme aux lenteurs procédurières.

 

Enfin, il nous aura été donné le triste spectacle des dérapages « scientifiques » et surtout médiatiques. Avons-nous pris la mesure des enjeux ? Non, ou à peine.

 

La lutte contre les fake news reste plus que jamais un objectif de ce blog, dans la mesure de mes moyens.

 

Les systèmes d'approvisionnement ont plutôt bien tenu.

 

Mais qui aurait pensé que ce qui me paraissait un objectif pour un horizon relativement distant allait devenir un défi à très court terme avec l'agression de l'Ukraine par la Russie ? On peut sans doute compléter la description de la situation par des événements dits « climatiques », en fait météorologiques défavorables.

 

Des problèmes urgents attendent des réponses.

 

« Comment se nourriront mes petits-enfants et les Français de leur génération en 2050 de nombreux petits enfants et des adultes de par le monde ? […] Reste à savoir jusqu'à quand on privilégiera les égoïsmes, les conservatismes, voire les agendas cachés. »

 

La question reste posée, en particulier dans une Union Européenne dont la Commission, certains États membres et une fraction importante du Parlement Européen restent imperturbablement collés à la « stratégie » farm to fork ou de la ferme à la table. Une stratégie qui promet de mettre à mal la sécurité alimentaire européenne – ne parlons pas de la contribution de l'Europe à l'alimentation de ses voisins du Sud – et qui, ambitionnant de réduire son empreinte carbone, le fait en exportant la majorité de cette empreinte vers les pays tiers.

 

Elle se pose même, maintenant, aux États-Unis d'Amérique où un plan d'investissement dans l'agriculture comporte un volet promotion de l'agriculture dite « biologique », aux rendements qui nous ramènent, au mieux, un demi-siècle en arrière.

 

Elle se pose dans de nombreux pays où perdurent les réticences face aux technologies qui peuvent apporter une contribution à la solution de l'équation à multiples inconnues que l'on peine à écrire au tableau.

 

En l'espace de quelques mois, l'alimentation est devenue une arme de chantage sur la scène internationale. Le Sri Lanka et son désastre du 100 % « sans engrais et pesticides de synthèse » nous « offre » aussi une leçon effrayante.

 

Plus près de nous, nous devons nous interroger devant l'écho démesuré qu'a reçu dans les médias et sur les réseaux dits « sociaux » le discours lunaire de huit « déserteurs » d'AgroParisTech, bénéficiant d'une protection sociale qui les mettra à l'abri de l'indigence mais surtout bien nourris grâce à ces progrès technologiques que, visiblement, ils haïssent. Et surtout réagir !

 

« Le défi, c'est, dans l'immédiat, expliquer, démystifier.

 

Dans ce domaine, l'offre n'est pas abondante. Je souhaite y contribuer. »

 

C'est plutôt un devoir de le faire.

 

En route pour la huitième année !

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
Merci Seppi pour le travail fourni à travers ce blog. Merci de maintenir allumée la flamme de la raison. Merci de rappeler la hiérarchie des enjeux: faim, santé.
Répondre
D
Merci pour ce travail de fourmi qui me semble être très suivi.<br /> <br /> Un bémol cependant sur la gestion du Covid où les biotechs ont sans doute été "survendues" par les fournisseurs. <br /> c'est de bonne guerre en temps normal mais dans ce cas précis, ça a été un instrument de coercition invraisemblable envers la population. <br /> Je ne suis pas certain que la science en soit vraiment sortie grandie.
Répondre
J
Cher Monsieur, Je veux vous faire part du plaisir que j’ai à journellement lire vos articles dont je partage votre vision et analyse. J’admire votre travail quotidien de collecte d’information d’analyse, qui apporte une vision loin des courants de pensées « dominants » ! Et égoïstement donc vous souhaiter longue vie à votre blog !!!
Répondre
J
Merci
Répondre
B
Un grand merci pour cet extraordinaire travail de décryptage de l'environnement national et international de notre environnement agricole. Avec un regard averti sur les aspects scientifiques, techniques, législatifs et juridiques... Cela me permet de me tenir à peu près au courant de cette incroyable mouvance mondialisée et à l'intérieur des pathétiques péripéties de notre agriculture française de plus en plus improbable.
Répondre