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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Plus de carburant pour le débat sur l'alimentation humaine et animale

22 Mai 2022 Publié dans #Élevage

Plus de carburant pour le débat sur l'alimentation humaine et animale

 

Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO)*

 

 

[Cet article de 2017 n'avait pas été traduit en français par la FAO.]

 

 

(Source)

 

 

Une nouvelle étude de la FAO indique que le bétail consomme principalement des aliments impropres à la consommation humaine et que la production de viande nécessite moins de céréales qu'on ne le dit généralement.

 

 

En 2050, le monde comptera 9,6 milliards d'habitants, dont 70 % vivront dans des villes avec un revenu moyen presque deux fois plus élevé qu'aujourd'hui. Par conséquent, la demande mondiale de produits animaux continuera de croître et jouera un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau mondial. Mais le bétail utilise une grande partie des terres agricoles et est souvent considéré comme une fuite de ressources. La faible efficacité du bétail à transformer les aliments pour animaux en protéines comestibles pour l'Homme et la concurrence pour l'utilisation des céréales comme aliments pour le bétail ou pour l'alimentation humaine directe sont particulièrement critiquées.

 

Une nouvelle étude de la FAO, publiée dans Global Food Security, révèle que le bétail se nourrit principalement de fourrages, de résidus de culture et de sous-produits qui ne sont pas comestibles pour l'Homme, et que certains systèmes de production contribuent directement à la sécurité alimentaire mondiale, car ils produisent plus de nutriments de grande valeur pour l'Homme, comme les protéines, qu'ils n'en consomment.

 

 

 

 

« Je me suis rendue compte que les gens sont continuellement exposés à des informations erronées sur le bétail et l'environnement qui sont répétées sans être remises en question, en particulier sur l'alimentation du bétail », explique Anne Mottet**, responsable du développement de l'élevage à la FAO. « Il n'existe actuellement aucune base de données internationale officielle et complète sur l'alimentation du bétail. Cette étude contribue à combler cette lacune et à fournir des preuves révisées par des pairs pour mieux informer les décideurs politiques et le public. »

 

Les aliments d'origine animale apportent une contribution essentielle à la nutrition mondiale et constituent une excellente source de macro- et micronutriments. Les produits de l'élevage représentent 18 % des calories mondiales, 34 % de la consommation mondiale de protéines et fournissent des micronutriments essentiels, tels que la vitamine B12, le fer et le calcium. Le bétail utilise de grandes surfaces de pâturages où rien d'autre ne pourrait être produit. Les animaux contribuent également à la production agricole en produisant du fumier et en résistant à la sécheresse. En outre, l'élevage du bétail constitue une source de revenus sûre pour plus de 500 millions de personnes pauvres, dans beaucoup de zones rurales.

 

Cette étude trouve que 86 % des aliments du bétail ne sont pas adaptés à la consommation humaine. S'ils ne sont pas consommés par le bétail, les résidus de culture et les sous-produits pourraient rapidement devenir un fardeau pour l'environnement à mesure que la population humaine augmente et consomme de plus en plus d'aliments transformés. Les animaux consomment également des aliments qui pourraient potentiellement être consommés par l'Homme. Les céréales représentent 13 % de la consommation mondiale de matière sèche du bétail. Certaines études antérieures, souvent citées, situent la consommation de céréales nécessaire pour produire 1 kg de viande bovine entre 6 et 20 kg. Contrairement à ces estimations élevées, cette étude montre qu'il ne faut en moyenne que 3 kg de céréales pour produire 1 kg de viande au niveau mondial. Elle montre également des différences importantes entre les systèmes de production et les espèces. Par exemple, parce qu'ils dépendent du pâturage et des fourrages, les bovins n'ont besoin que de 0,6 kg de protéines provenant d'aliments comestibles pourl'Homme pour produire 1 kg de protéines dans le lait et la viande, qui sont de meilleure qualité nutritionnelle. Les bovins contribuent donc directement à la sécurité alimentaire mondiale.

 

L'étude porte également sur le type de terres utilisées pour produire des aliments pour le bétail. Les résultats montrent que sur les 2,5 milliards d'hectares nécessaires, 77 % sont des prairies, avec une part importante de pâturages qui ne pourraient pas être convertis en terres cultivées et qui ne peuvent donc être utilisés que pour faire paître des animaux. La production animale croît rapidement parce que la demande de produits animaux augmente, notamment dans les pays en développement. La FAO estime que nous aurons besoin de 70 % de produits animaux en plus d'ici 2050 pour nourrir le monde. Par conséquent, la superficie des terres nécessaires à l'élevage des animaux augmentera également si les taux de conversion des aliments pour animaux (TCA) ne sont pas améliorés davantage.

 

Au cours des 30 dernières années, des mesures ont déjà été prises pour améliorer les TCA grâce à la formulation des aliments, à la sélection génétique et à l'amélioration des services vétérinaires. Une conversion alimentaire améliorée (plus efficace) réduira également l'empreinte environnementale du bétail, mais des progrès continus sont nécessaires pour rendre le système plus durable. En outre, il est essentiel d'améliorer le recyclage des déchets et sous-produits alimentaires dans l'alimentation du bétail, ainsi que d'augmenter les rendements des cultures fourragères.

 

« La production animale, sous ses nombreuses formes, joue un rôle essentiel dans le système alimentaire, en utilisant des terres marginales, en transformant des coproduits en produits comestibles, en contribuant à la productivité des cultures et en transformant des cultures comestibles en aliments hautement nutritifs et riches en protéines. Quantifier les ressources en terres et en biomasse engagées dans la production animale et la production alimentaire qu'elles génèrent, mais aussi améliorer notre capacité de modélisation en incluant les tendances dans les préférences des consommateurs, les changements dans les espèces animales, les impacts du changement climatique et les processus industriels visant à améliorer la comestibilité humaine de certaines matières premières pour l'alimentation animale sont sans doute des informations de base nécessaires dans le cadre de recherches plus poussées sur le défi de nourrir durablement 9,6 milliards de personnes d'ici 2050 », ont conclu les auteurs.

 

______________

 

* Source : More Fuel for the Food/Feed Debate (fao.org)

 

** Pour un porftrait : Anne Mottet, la compagne de Thomas Pesquet qui travaille à "sauver le monde" (lefigaro.fr)

 

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