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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Encore un article au conditionnel du Monde de M. Stéphane Foucart : « Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes »

30 Mai 2022 Publié dans #Article scientifique, #critique de l'information, #Alimentation, #Pesticides

Encore un article au conditionnel du Monde de M. Stéphane Foucart : « Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes »

 

 

(Source)

 

 

Pourquoi le Monde Planète a-t-il publié le 24 (date sur la toile) et le 25 mai 2022 (date de l'édition papier) « Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes », un article sur un article « scientifique » tout pourri mais potentiellement anxiogène, passé inaperçu pendant des mois ? Stratégie d'influence sur les législatives ?

 

 

 

 

Une pleine page !

 

Une pleine page dans l'édition papier du Monde avec « Pesticides : de plus en plus de fruits contaminés » (« Près d’un tiers des fruits produits en Europe sont contaminés par des pesticides dangereux » sur la toile) de M. Stéphane Mandard et « Le bénéfice sanitaire des fruits et légumes menacé » (« Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes » sur la toile) de M. Stéphane Foucart...

 

Le premier se comprend : il fait l'article pour « Forbidden fruit – The dramatic rise in the most toxic pesticides found on fruits and vegetables sold in Europe and evidence that governments are failing their legal obligation » (fruits interdits – L'augmentation spectaculaire des pesticides les plus toxiques trouvés sur les fruits et légumes vendus en Europe et les preuves que les gouvernements ne respectent pas leurs obligations légales). C'est un rapport – ou plutôt « rapport » – publié le même jour par Pesticide Action Network Europe, une officine anti-pesticides au service, notamment, du biobusiness (qui la finance en partie) et dont un tiers du budget provient... de la Commission Européenne.

 

Mais l'autre ?

 

 

La minute complotisme

 

L'autre se fonde sur « Intake of fruits and vegetables according to pesticide residue status in relation to all-cause and disease-specific mortality: Results from three prospective cohort studies » (consommation de fruits et légumes en fonction du statut des résidus de pesticides en relation avec la mortalité toutes causes confondues et par maladie : résultats de trois études de cohorte prospectives) de Helena Sandoval-Insausti, Yu-Han Chiu,Yi-XinWang, Jaime E. Hart, Shilpa N. Bhupathiraju, Lidia Mínguez-Alarcón, Ming Ding, Walter C. Willett, Francine Laden, Jorge E. Chavarro, essentiellement de la Harvard T.H. Chan School of Public Health.

 

Cet article a été publié dans Environment International, numéro du 15 janvier 2022 et est apparu sur les écrans au moins en décembre 2021, certes sur un site qui paraît moins fréquenté.

 

Pourquoi ce délai de plusieurs mois pour un auteur si prompt à dénicher et divulguer les articles les plus sordidement anxiogènes ?

 

 

(Source)

 

 

Nous suggérerons que c'est une manière astucieuse de soutenir, à moins de trois semaines du premier tour des législatives, la coalition hétéroclite de celui qui aspire à se faire élire premier ministre... nous avons nommé la NUPES et M. Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Le résumé

 

Voici, pour commencer, le résumé de l'étude, mais notons d'ores et déjà deux points : d'une part, « may », ici dans « may offset » est un cauchemar pour les traducteurs ; « peut annuler » est à notre sens à prendre ici au sens d'une hypothèse et non d'un fait conditionnel établi. D'autre part le deuxième « point fort » constitue une inversion de la relation de cause à effet éventuelle :

 

« Points forts

 

-  La consommation de FL [fruits et légumes] à forte teneur en résidus de pesticides n'est pas liée à la mortalité.

 

-  La consommation de FL à faible teneur en résidus de pesticides est inversement proportionnelle à la mortalité.

 

-  L'exposition aux résidus de pesticides par le biais de l'alimentation peut annuler [may offset] l'effet bénéfique de l'apport en FL sur la mortalité.

 

-  Une évaluation supplémentaire est particulièrement importante pour la mortalité liée aux maladies respiratoires.

 

 

Résumé

 

Contexte

 

La consommation de fruits et légumes (FL) cultivés de manière conventionnelle est une voie importante d'exposition aux résidus de pesticides dans la population générale. Cependant, on ne sait pas si les risques pour la santé découlant de l'exposition aux pesticides par l'alimentation peuvent annuler [could offset] les avantages de la consommation de fruits et légumes.

 

Objectif

 

Nous avons évalué l'association entre la consommation de fruits et légumes, classés selon leur statut en matière de résidus de pesticides, et la mortalité totale et par cause.

 

Méthodes

 

Nous avons suivi 137.378 femmes (NHS, 1998-2019, et NHSII, 1999-2019) et 23.502 hommes (HPFS, 1998-2020) sans maladie cardiovasculaire, cancer ou diabète au départ. L'apport en FL a été évalué à l'aide de questionnaires validés sur la fréquence des aliments et classé comme ayant des résidus de pesticides élevés ou faibles à l'aide des données du programme de données sur les pesticides de l'USDA. Des modèles de risques proportionnels de Cox ont été utilisés pour estimer les rapports de risque (RR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC) pour la mortalité totale et spécifique à la cause associée à la consommation de FL à forte et [ou] faible teneur en résidus de pesticides.

 

Résultats

 

Un total de 27.026 décès, dont 4.318 dus à des maladies cardiovasculaires et 6.426 dus à des cancers, ont été documentés au cours de 3.081.360 années-personnes de suivi. Dans les analyses ajustées multivariables, les participants qui consommaient ≥4 portions/jour de FL à faible teneur en résidus de pesticides présentaient un risque de mortalité inférieur de 36 % (IC 95 % : 32 %-41 %) par rapport aux participants qui consommaient <1 portion/jour. L'estimation correspondante pour la consommation de FL à forte teneur en résidus de pesticides était de 0,93 (IC 95 % : 0,81-1,07). Ce schéma était similaire pour les trois causes de décès les plus fréquentes (maladies cardiovasculaires, cancer et maladies respiratoires).

 

Conclusions

 

L'apport en FL à forte teneur en résidus de pesticides n'était pas lié à la mortalité toutes causes confondues, alors que l'apport en FL à faible teneur en résidus de pesticides était inversement lié à la mortalité toutes causes confondues, ce qui suggère que l'exposition aux résidus de pesticides par l'alimentation peut annuler [may offset] l'effet bénéfique de l'apport en FL sur la mortalité. »

 

 

Des signaux d'alerte en pagaille

 

Cohérence avec des articles précédents ?

 

Cette équipe mouline la même base de données depuis quelque temps ; en particulier, elle a publié précédemment un article sur les cancers et un autre sur les maladies coronariennes.

 

Ces articles, comme celui examiné ici, n'ont pas attiré l'attention du monde alter et anti, si prompt à agiter des épouvantails. Et pour cause !

 

Voici un extrait du résumé pour les cancers, une étude « classique » qui, semble-t-il, a divisé la population cible en quintiles en fonction des niveaux (allégués) de pesticides et qui s'est penchée sur les cas de cancer – et non les décès imputés au cancer :

 

« Résultats

 

Nous avons documenté 23.678 cas incidents de cancer au cours de 2.862.118 années-personnes de suivi. Dans l'analyse multivariable regroupée, ni la consommation de FL à forte ni à faible teneur en résidus de pesticides n'a été associée au cancer. Les HR (IC 95 %) pour une augmentation de la consommation d'une portion par jour étaient de 0,99 (0,97-1,01) pour les FL à forte teneur en pesticides et de 1,01 (0,99-1,02) pour les FL à faible teneur en pesticides. De plus, nous n'avons trouvé aucune association entre la consommation de FL à forte teneur en résidus de pesticides et le risque de sites spécifiques, y compris les tumeurs malignes précédemment liées à l'exposition professionnelle aux pesticides ([HR, IC 95 % comparant les quintiles extrêmes de consommation] poumon [1,17 (0,95-1,43)], lymphome non hodgkinien [0,89 (0,72-1,09)], prostate [1,31 (0,88-1,93)]) ou inversement liées à la consommation d'aliments biologiques (seins [1,03 (0,94-1,31)]).

 

Conclusions

 

Ces résultats suggèrent que l'exposition globale aux pesticides par la consommation de FL n'est pas liée au risque de cancer, bien qu'ils n'excluent pas les associations avec des produits chimiques spécifiques ou des sous-types de cancers spécifiques. »

 

 

Des regroupements foireux

 

 

(Source du premier du (long) fil qui vaut vraiment la lecture)

 

 

Il y a tout d'abord les critiques initiales classiques que l'on oppose souvent à ce genre d'étude : les cohortes de volontaires non représentatifs de la population générale, souvent soucieux de leur santé ; la surreprésentation des femmes ; les questionnaires autodéclarés, ici remplis au début du parcours puis tous les quatre ans...

 

L'article est très disert sur la classification des fruits et légumes selon la quantité de pesticides. Pour simplifier à l'extrême une usine à gaz, on pourrait dire que les fruits et légumes ont été classés en fonction des listes de l'Environmental Working Group – les dirty dozen (les douze salopards) et les clean fifteen (quinze propres). En bref, comme dans d'autres publications foireuses, essentiellement sur la base des statistiques sur la présence/absence de résidus de pesticides dans des échantillons avec des données minimales sur les quantités (présence supérieure à la limite de détection (forcément) ou de quantification, dépassement de la limite maximale de résidus) et quelques précisions sur les pesticides trouvés.

 

On comprend assez aisément que les fraises et les pommes sont dans le groupe des « niveaux élevés de résidus » et les avocats et le maïs doux dans celui des « niveaux bas de résidus ».

 

 

 

 

 

 

En revanche, pour l'assignation à chaque personne à d'un nombre de portions journalières (inférieur à 1 ; égal ou supérieur à 1 et inférieur à 2 ; … ; égal ou supérieur à 4)...

 

« Nous avons suivi les participants à partir de la date de retour du questionnaire de base jusqu'à, selon le cas, la date du décès ou la fin du suivi (juin 2019 pour NHS et NHSII et juin 2020 pour HPFS). Les apports moyens cumulés de FL à forte et faible teneur en résidus de pesticides sur les questionnaires actualisés ont été calculés et modélisés en catégories d'apports absolus (<1 ; 1-1,9 ; 2-2,9 ; 3-3,9 ; ≥4 portions/jour) et en quintiles d'apports. Les associations entre l'apport en FL à forte et à faible teneur en résidus de pesticides et la mortalité toutes causes confondues, spécifique à une cause et prématurée ont été résumées par des rapports de risque (RR) et leur intervalle de confiance à 95 % (IC 95 %) obtenus à partir de modèles de régression à risques proportionnels de Cox avec l'âge comme échelle de temps. […] Pour la consommation de fruits et légumes à forte teneur en résidus de pesticides, le modèle multivariable a été ajusté en fonction de la consommation de fruits et légumes à faible teneur en résidus de pesticides et d'autres fruits et légumes à teneur indéterminée en résidus de pesticides. De même, les modèles d'apport en FL à faibles résidus de pesticides ont été ajustés en fonction de l'apport en FL à forts résidus de pesticides et d'autres FL à résidu de pesticides indéterminé. [...] »

 

Si nous avons bien compris, les participants ont été classés une fois en fonction de leur consommation de portions de fruits et légumes (considérés comme) à forte teneur en résidus de pesticides et une autre fois en fonction … à faible teneur …

 

Une vingtaine d'années de consommation est ainsi forcée dans un système de classement à cinq degrés.

 

Comme le montre l'extrait du tableau 1 ci-dessous, par exemple, les participants ayant consommé moins d'une portion de fruits et légumes à teneur élevée en résidus de pesticides (en moyenne 0,6) auraient également consommé en moyenne 1,6 portion de fruits et légumes à teneur faible en résidus de pesticides, pour un total moyen de... 2,9 portions.

 

Les forts consommateurs de fruits et légumes à teneur élevée ou faible en résidus de pesticides (plus de quatre portions) auraient consommé au total, en moyenne, 10,7 et 9 portions journalières, respectivement. Réaliste ?

 

 

 

 

Des résultats étonnants

 

Selon le résumé, « Nous avons suivi 137.378 femmes (NHS, 1998-2019, et NHSII, 1999-2019) et 23.502 hommes (HPFS, 1998-2020) ».

 

Les auteurs trouvent que la consommation de fruits et légumes avec des niveaux élevés de résidus de pesticides n'a pas d'effet sur la mortalité (après ajustements multivariables).

 

 

 

 

En revanche, la mortalité diminue, même fortement, avec l'augmentation de la consommation de fruits et légumes à niveaux faibles de résidus de pesticides.

 

 

 

 

Nous avons essayé de voir un peu plus clair dans ces résultats étonnants. En exploitant les tableaux 1 et 2, on trouve que la mortalité brute diminue avec l'augmentation de la consommation de fruits et légumes à hauts niveaux de résidus (0,20 ; 0,13 ; 0,05) et augmente légèrement dans l'autre regroupement (0,16 ; 0,18 ; 0,19).

 

L'essentiel de l'explication des résultats finaux des auteurs – qui sont en sens inverse (stabilité dans le premier regroupement, décroissance dans le second) – se trouve sans doute dans les ajustements multivariables.

 

Les auteurs ont aussi produit des chiffres ventilés par cause de mortalité (maladies cardiovasculaires, cancers, maladies respiratoires, autres). Ils annoncent une mortalité totale de 27.026 cas dans chaque regroupement. Ma calculette dit 26.978 en faisant la somme des causes de mortalité !

 

 

Le jésuitisme de l'interprétation

 

Les auteurs font de très gros efforts pour expliquer ce qu'ils ont trouvé et l'inscrire dans la lignée de leurs résultats précédents.

 

Ainsi, pour le cancer :

 

«

« En utilisant la même méthode de classification des FL dans l'approvisionnement alimentaire américain en fonction de leurs résidus de pesticides, nous avons précédemment rapporté qu'il n'y avait pas d'association entre la consommation de fruits et légumes à faible ou à forte teneur en résidus de pesticides et l'incidence du cancer (Sandoval-Insausti et al., 2021), ce qui soulève la question de savoir si l'exposition aux résidus de pesticides par l'alimentation peut être liée à la progression de la maladie plutôt qu'à son incidence. Ce scénario serait cohérent avec nos observations de l'absence de risque plus élevé de cancer mais de l'augmentation de la mortalité par cancer, est cohérent avec les résultats précédents sur la relation entre l'alimentation et l'incidence des tumeurs malignes communes (Chavarro et al., 2008) et devrait être évalué dans des études futures.

 

Il suffit de lire cet extrait de paragraphe pour comprendre la gêne...

 

 

Une même population, une même consommation... des résultats différents

 

Prenez quelque 160.000 personnes et rangez-les en cinq groupes en fonction de leur consommation (estimée) de fruits et légumes censés être à hauts niveaux de résidus de pesticides... éliminez les facteurs de confusion (enfin, ceux connus)... et vous trouvez que la mortalité est relativement constante. Cela donne, selon une formulation étonnante : « La consommation de FL à forte teneur en résidus de pesticides n'est pas liée à la mortalité. »

 

Faites le même exercice en rangeant ces quelque 160.000 personnes en fonction de leur consommation (estimée) de fruits et légumes censés être à faibles niveaux de résidus... et vous obtenez une autre formulation étonnante : « La consommation de FL à faible teneur en résidus de pesticides est inversement proportionnelle à la mortalité. »

 

Cela relève du casse-tête.

 

 

Et si on s'amusait ?

 

On pourrait faire dire bien d'autres choses à ces résultats si on leur accordait la crédibilité nécessaire.

 

On rappellera que ce genre d'études ne mesure pas l'exposition des consommateurs aux résidus de pesticides dans l'alimentation mais utilise des proxies très rudimentaires (ici manger par exemple des fraises ou des avocats, relevé tous les quatre ans).

 

Dans cette étude où on recherche un « effet pesticides », on pourrait bien avoir trouvé un « effet fruits et légumes », à condition bien sûr de faire confiance aux autres éléments de l'étude tels que la fiabilité des réponses aux questionnaires ou l'exhaustivité de l'élimination des facteurs de confusion.

 

L'activisme des militant opposés aux pesticides (et autres totems) et la propagande intéressée du biobusiness et de ses sicaires nous bassine sur les risques pour la santé, notamment les cancers. Les travaux de l'équipe tendraient à confirmer l'hypothèse que manger davantage de fruits et légumes à teneur élevée en résidus de pesticides n'augmente ni l'incidence, ni la mortalité liée aux cancers. Il n'y aurait donc pas d'« effet dose », en accord avec certaines études portant sur l'alimentation bio, comparant une alimentation réputée « sans » avec une alimentation réputée « avec » (notamment Bradbury et al.) et contrairement à ce qu'a trouvé l'équipe de Nutrinet-Santé (Baudry et al.).

 

 

 

 

Mortalité par cancer pour les groupes « résidus élevés » (en haut) et « résidus bas » (en bas).

 

 

L'examen des données suggère aussi un parallélisme entre consommation de fruits et légumes de l'une ou l'autre catégorie et la mortalité pour d'autres causes de mortalité, en particulier celles qui ne sont pas identifiées.

 

 

 

 

Mortalité pour des causes autres que les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies respiratoires pour les groupes « résidus élevés » (en haut) et « résidus bas » (en bas).

 

 

Peut-on réellement suggérer que « l'exposition aux résidus de pesticides par l'alimentation peut annuler l'effet bénéfique de l'apport en FL sur la mortalité » liée à ces autres causes ? Ou au maladies cardiovasculaires ? Ou aux maladies respiratoires ?

 

Il n'y a à notre connaissance pas l'ombre d'un début de commencement de preuve d'un mécanisme plausible.

 

 

Une conclusion très prudente

 

En conclusion, l'apport en FL à faible teneur en résidus de pesticides était inversement lié à la mortalité, tandis que l'apport en FL à forte teneur en résidus de pesticides n'était pas lié à la mortalité, ce qui suggère que les résidus de pesticides peuvent modifier [may modify] l'effet bénéfique de l'apport en FL sur la mortalité. Néanmoins, étant donné la rareté des données sur ce sujet, d'autres études devraient être réalisées afin de fournir des preuves supplémentaires sur les effets à long terme sur la santé de l'exposition aux pesticides par l'alimentation. Une évaluation supplémentaire dans le cadre d'études indépendantes est particulièrement importante pour la mortalité due aux maladies respiratoires et pour la mortalité due à des causes autres que les MCV, le cancer ou les maladies respiratoires, étant donné que les hypothèses [(?) – priors] pour ces deux grandes catégories de maladies étaient nettement plus faibles que les hypothèses concernant la mortalité due aux MCV et au cancer. »

 

 

Et l'article de M. Stéphane Foucart dans le Monde ?

 

Ben, c'est du Foucart !

 

Au titre prudemment mis au conditionnel succède une affirmation péremptoire :

 

« Les autorités réglementaires considèrent que la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes ne représente pas de risque pour les consommateurs, mais les scientifiques qui travaillent sur le sujet ne sont généralement pas du même avis.[...] »

 

Cette étude que nous venons de décortiquer et dont nous avons souligné la prudence de la conclusion reflète selon lui :

 

« des travaux américains aux conclusions impressionnantes, parus en janvier dans la revue Environment International»

 

Mme Julia Baudry, premier auteur d'une étude très critiquée sur d'extraordinaires bénéfices de l'alimentation bio sur le cancer (voir par exemple ici et ici sur ce site), est appelée à la rescousse :

 

« "Ce sont des travaux statistiquement impressionnants, par la taille des cohortes étudiées et la durée de leur suivi, estime l'épidémiologiste Julia Baudry (Inrae), spécialiste des liens entre nutrition et santé, qui n'a pas participé à ces travaux. »

 

Mme Julia Baudry pointe cependant quelques limitations, ce qui amène M. Stéphane Foucart à déclarer :

 

« Il n'est ainsi pas exclu que l'effet réel des résidus de pesticides dans l'alimentation puisse être supérieur aux estimations des chercheurs d'Harvard. »

 

Nous avons tout de même droit à un caveat final :

 

« Ces résultats ne sont cependant pas strictement transposables à l'Europe, les pratiques culturales étant différentes et certains produits, toujours utilisés outre-Atlantique, ayant été interdits sur le Vieux Continent. »

 

« ...strictement... » ! Et quel impact ce bémol final – inaccessible aux non-abonnés – face à ce titre dont peu de lecteurs apprécient le sens du conditionnel à sa juste valeur, « Les résidus de pesticides pourraient annuler le bénéfice sanitaire des fruits et légumes » ?

 

 

 

 

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Des fraises bios pourraient être à l'origine d'une épidémie d'hépatite A aux Etats-Unis et au Canada<br /> https://www.lindependant.fr/2022/05/30/des-fraises-bios-pourraient-etre-a-lorigine-dune-epidemie-dhepatite-a-aux-etats-unis-et-au-canada-10327423.php
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