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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La marchandisation de l'écologie ou l'arnaque à la bonne conscience

2 Avril 2022 Publié dans #Divers

La marchandisation de l'écologie ou l'arnaque à la bonne conscience

 

Alexandre Baumann

 

 

 

 

M. Alexandre Baumann a produit le 17 mars un petit fil Twitter qui mérite mieux que de s'évanouir dans les tréfonds d'un réseau dit « social ».

 

Le voici, sous une forme plus digeste. L'analyse est bien sûr à gros traits et mériterait plus de nuances. Mais elle fait réfléchir...

 

 

Face à la catastrophe écologique, de plus en plus de personnes veulent « faire leur part » et contribuer à empêcher ou atténuer l'effondrement. C'est une opportunité de marché extraordinaire.

 

Beaucoup l'exploitent déjà: bio, énergie verte, vote "écolo"... Le marché des produits supposés écologiques représente des dizaines de milliards d'euros.

 

Toutefois, en étudiant un peu le sujet, il y a une question assez perturbante qui émerge : pourquoi ? Qu'achètent vraiment ces gens ? Est-ce réellement l'impact positif sur l'écologie ?

 

On peut en douter : ils n'en savent rien et la plupart des achats "verts" n'ont pas d'intérêt écologique (bio, vote écologiste, électricité verte...).

 

De plus, il n'y a jamais de réflexion "est-ce la meilleure allocation de mes moyens ?", nécessaire si l'objectif était réellement d'avoir un effet positif.

 

Au fond, ce qui apparaît clairement comme la valeur ajoutée recherchée par le client est en fait... la bonne conscience.

 

Ils peuvent penser qu'ils font "leur part" et en tirent un sentiment de valorisation morale : ils font partie des vertueux.

 

Cette logique permet de mieux comprendre le paysage de l'écologie.

 

Tout d'abord, on voit deux grands rôles :

 

  • Des producteurs de mauvaise conscience qui ont pour rôle de créer le besoin de bonne conscience ;

 

  • Les fournisseurs de solutions pour soulager cette mauvaise conscience.

 

Les deux peuvent se confondre : les ONG créent de la mauvaise conscience et une manière de la résoudre (leur donner des sous).

 

Ceci posé, il manque quelque chose : comment définir quels produits peuvent servir de solutions, apporter de la bonne conscience ? Il faut que le consommateur croie de manière (relativement) sincère que ce qu'il achète est de nature à lui faire penser qu'il "fait sa part".

 

C'est le rôle des pourvoyeurs de légitimité. Ils structurent le marché des solutions en définissant quels types de produits peuvent légitimement déclencher ce sentiment.

 

Pour créer de la croyance, il faut aussi créer de la défiance. Le travail de légitimisation va donc se combiner avec un travail de décrédibilisation des éléments qui sont opposés à la croyance ou qui pourraient la mettre en danger. On le voit beaucoup dans le marché du bio, où Biocoop stigmatise l'usage de pesticides de synthèse.

 

Ce marché de la bonne conscience a un effet terrible sur l'écologie :

 

  • Tout d'abord, cela incite les entreprises, partis politiques, journalistes et autres ONG à s'impliquer sur ce marché et à le renforcer, à l'étendre.

 

  • Cela détourne des moyens de solutions viables, de nombreux publics se faisant avoir par l'illusion tissée par les vendeurs de bonne conscience et leurs associés.

 

Pire, les écologies "rationnelles" menaçant les vendeurs d'illusions, elles sont combattues par ces derniers. La fonction de délégitimation aboutit ainsi à fermer des pistes importantes pour l'écologie, comme les OGM et le nucléaire.

 

  • Enfin, cela décrédibilise l'écologie pour l'essentiel de la population.

 

En un mot, la bonne conscience parasite l'écologie.

 

Et aujourd'hui, il faut admettre qu'elle domine : c'est le principal axe de tous les grands partis écologistes et l'unique marché écologique grand public.

 

Le parasite est plus fort que l'hôte.

 

 

 

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