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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une étude de l'USDA met à mal la propagande des groupes activistes sur les pesticides

12 Mars 2022 Publié dans #Pesticides, #Santé publique

Une étude de l'USDA met à mal la propagande des groupes activistes sur les pesticides

 

Cameron English*

 

 

Image : hpgruesen via Pixabay

 

 

Les derniers résultats du programme de données sur les pesticides de l'USDA confirment que l'approvisionnement alimentaire de l'Amérique est et reste très sûr, quoi qu'en disent les groupes militants.

 

 

Les résultats du Pesticide Data Program (PDP) de l'USDA pour 2020 sont tombés, et ils se prêtent à deux conclusions importantes mais peu surprenantes : les quantités infimes de pesticides présentes dans notre approvisionnement alimentaire ne présentent toujours pas de risque mesurable pour la santé ; les groupes environnementaux n'ont aucun intérêt à signaler ce fait au public. Prenons-les l'une après l'autre.

 

 

Aperçu du PDP

 

Chaque année depuis 30 ans, l'Agricultural Marketing Service (AMS) de l'USDA collecte et teste des échantillons de produits nationaux et importés qui finissent dans nos épiceries pour s'assurer qu'ils contiennent des résidus de pesticides à des niveaux inférieurs à ceux qui pourraient présenter un risque pour la santé des consommateurs. « Ce rapport de synthèse annuel montre », écrit l'AMS dans l'introduction de l'analyse la plus récente, « que lorsque des résidus de pesticides sont trouvés sur des aliments, ils sont presque toujours à des niveaux inférieurs à la tolérance, ou quantité maximale d'un pesticide autorisée à rester dans ou sur un aliment, qui est fixée par l'Agence Américaine de Protection de l'Environnement (EPA). »

 

 

Résultats de 2020

 

L'année 2020 n'a pas fait exception à cette tendance. Les régulateurs ont collecté et testé des produits provenant de 10 États – 9.600 échantillons de fruits et légumes frais et transformés au total. Ces États abritent la moitié de la population américaine et représentent tous les principaux producteurs de fruits et légumes du pays.

 

Avec l'aide des laboratoires de chaque État, l'agence a effectué 2,6 millions d'analyses après avoir recherché chaque pesticide sur chaque produit échantillonné, toutes ces analyses pouvant être consultées sur le site web de l'USDA. Seuls 47 échantillons, soit 0,49 % des 9.600 échantillons, dépassaient les tolérances de l'EPA. Dans l'ensemble, l'analyse de l'agence a révélé que

 

« ...plus de 99 % des échantillons testés présentaient des résidus inférieurs aux tolérances établies par l'EPA, 30,0 % n'ayant aucun résidu détectable. »

 

 

Et les enfants ?

 

Les groupes d'activistes rejettent régulièrement ce type de tests de sécurité des pesticides effectués par les agences fédérales, les jugeant inadéquats. Consumers Union a allégué en 2020, par exemple, que

 

« Le Food Quality Protection Act de 1996 exige que l'EPA applique une protection supplémentaire lorsque la science ne montre pas de manière concluante qu'un produit chimique est sans danger pour les nourrissons et les enfants. Connue sous le nom de "facteur de sécurité FQPA", elle abaisse le plafond des résidus de pesticides d'un centième à un millième de la quantité jugée inoffensive pour les animaux de laboratoire. Mais à l'exception des organophosphorés, cette marge de sécurité a rarement été utilisée. »

 

Je me compte parmi les parents qui veulent savoir que nos enfants ne sont pas exposés à des quantités nocives de pesticides, mais Consumers Union était tout simplement dans l'erreur sur ce point. L'USDA a explicitement souligné dans son analyse 2020 (page 21) que « l'EPA utilise toutes les informations disponibles fournies par les déclarants, le PDP et d'autres pour vérifier que les tolérances répondent aux normes de sécurité fixées par la FQPA. » C'est rassurant, mais il y a plusieurs autres détails pertinents pour la protection des enfants contre les expositions nocives :

 

  • L'USDA sélectionne généralement des échantillons des produits les plus consommés, « en mettant l'accent sur les aliments consommés par les nourrissons et les enfants. »

 

  • La FDA utilise les rapports du PDP pour mener deux de ses propres efforts de surveillance : le programme de contrôle des données sur les pesticides, qui évalue également les produits agricoles bruts, et la Total Diet Study, une analyse plus large des « aliments prêts à être consommés », y compris les aliments pour bébés et les préparations pour nourrissons.

 

  • En guise de protection supplémentaire, l'EPA utilise les résultats du PDP pour effectuer « des évaluations du risque alimentaire et revoir la quantité maximale d'un pesticide [la tolérance] autorisée à rester dans ou sur un aliment ».

 

 

Évaluer le risque ou alimenter la peur

 

Ces résultats sont de très bonnes nouvelles sur le front de la sécurité alimentaire, et ils soulignent un point important que nous pouvons tirer de cette déclaration du rapport de l'USDA :

 

« L'utilisation de pesticides est principalement dictée par les pressions parasitaires locales et les conditions environnementales propices à la croissance des populations de parasites, ainsi que par la plantation de variétés sensibles. Ces différences sont saisies par les données du PDP, qui reflètent les résidus réels présents dans les aliments. » [C'est moi qui graisse.]

 

Les organismes de réglementation, aussi imparfaits soient-ils, s'efforcent en fait d'évaluer l'utilisation des pesticides agricoles et de donner aux consommateurs des informations utiles sur les risques auxquels ils peuvent être confrontés. Comparez cette approche fondée sur des preuves aux efforts des groupes d'activistes. Pas plus tard que la semaine dernière, une coalition d'organisations à but non lucratif dirigée par le Pesticide Action Network a fait pression sur la Californie pour qu'elle mette fin à « l'utilisation excessive d'intrants chimiques » dans l'agriculture. Elle s'est plainte des « inégalités historiques et des injustices environnementales créées par l'agriculture industrielle » et a fait pression sur l'État pour qu'il impose des pratiques biologiques aux agriculteurs.

 

Ce qu'ils n'ont pas fait, c'est citer des données, et c'est là que réside la différence flagrante entre une science réglementaire solide et un activisme idéologique. L'une vous aide à prendre des décisions en connaissance de cause, l'autre tente de vous effrayer pour faire avancer un programme.

 

_____________

 

Cameron English, directeur de Bioscience

 

Cameron English est auteur, éditeur et co-animateur du podcast Science Facts and Fallacies. Avant de rejoindre l'ACSH, il était rédacteur en chef du Genetic Literacy Project.

 

Source : USDA Study Undermines Activist Group Pesticide Propaganda | American Council on Science and Health (acsh.org)

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