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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Comment produire un « rapport » pourri, selon Générations Futures

2 Mars 2022 Publié dans #Générations futures, #Activisme, #Pesticides

Comment produire un « rapport » pourri, selon Générations Futures

 

 

(Source)

 

 

Dure, dure, la vie d'une association loi 1901 ou organisation non gouvernementale qui doit régulièrement apparaître dans les médias – ou au pire sur la toile, notamment sur les réseaux dits « sociaux » – et justifier l'investissement mis en elle par des acteurs économiques, ici le biobusiness, exigeants sur la qualité des services rendus.

 

Générations Futures vient donc de produire un nouveau « rapport » intitulé « Pesticides: c'est

dans l'air! », avec en sous-titre : « Quelle dérive des pesticides et quelle efficacité réelle d’une Zone Non Traitée de 10 mètres? »

 

Dure, dure, la vie quand il faut faire du lobbying – oups ! du plaidoyer – en faveur d'une proposition extravagante tant sur le plan de l'objectif direct poursuivi que des conséquences économiques et sociales collatérales.

 

Generations Futures campe donc sur ses positions – dur, dur aussi pour une association ou ONG d'évoluer dans ses revendications, tout au moins à la baisse car ce serait admettre qu'on s'est trompé, ou que l'on a trompé, précédemment :

 

« L’association renouvelle sa demande de mises en place de ZNT d’au moins 100 m, sous réserve que des dosages similaires à ceux mis en place dans ce rapport montrent une efficacité suffisante pour cette distance. »

 

Curieuse phrase ! Encore plus curieuse quand on analyse la manip', ce qui sera fait incessamment.

 

Pour les dommages collatéraux, nous rappellerons qu'une ZNT de 100 mètres autour d'un point (pas encore d'une maison isolée et de son jardin) revient à « stériliser » un disque peu plus de 3 hectares (rappel pour le candidat à la présidence Yannick Jadot et pour M. Julien Bayou : Pi*R^2) ou, comme on ne cultive pas en rond, un carré de 4 hectares. Nous supposerons ici que mettre cette surface en herbe pour y faire paître des vaches ou des chevaux constituerait un insupportable trouble du voisinage (voir par exemple sur ce site avec le mot-clé « Adainville »).

 

Le « rapport » a été présenté à la presse le 22 février 2022. D'une recherche sur la toile on rentre quasiment bredouille. Et c'est peut-être tant mieux. Ou tant pis car c'est là une belle occasion de dénoncer les bidouillages et tentatives de manipulation de l'opinion publique.

 

En bref, nos Pieds Nickelés ont « fait un truc » en un seul lieu, avec deux capteurs, sur quelque quatre mois. Vitisphère rapporte les propos de M. François Veillerette :

 

« Nous avons installé deux capteurs passifs à 2 mètres du sol, équipés chacun de mousses PUF dans une propriété du Nord, à 1 et 33 mètres d’un champ de pommes de terre. Les mousses ont été changées toutes les 3 semaines du 16 mai au 18 septembre, et envoyées au laboratoire spécialisé Ianesco pour rechercher 77 molécules différentes. »

 

Une tentative, donc, de tapage médiatique avec un dispositif aussi limité. Pourquoi 33 mètres et pas 100, la distance revendiquée ? Pourquoi un champ de pommes de terre, qui n'est pas la culture la plus fréquente en France, ni la plus contestée ?

 

Des esprits mal tournés penseront que cela permet d'entretenir le suspense, de produire des « rapports » supplémentaires et, in fine, d'entretenir le fond de commerce associatif, médiatique et revendicatif. Tenez, Générations Futures glose – honnêtement – sur les limites de son bidouillage :

 

« Évidemment, les prélèvements et mesures réalisés dans le cadre de ce rapport demanderaient à être multipliés afin de rendre les données obtenues plus robustes. C’est ce que nous comptons faire en 2022 en initiant une nouvelle campagne de mesures. […] Nous comptons améliorer ce point également en 2022 en échantillonnant sur 24 semaines. »

 

Les résultats principaux sont produits dans deux tableaux, évidemment complétés par des tableaux et figures annexes censés impressionner le lecteur.

 

 

C'est pour le capteur à 1 mètre du champ.

 

 

C'est pour le capteur à 33 mètres du champ.

 

 

Conclusion générale, rapportée par Réussir :

 

« L’association fait état d’une quantité de pesticides piégés à 33 m du bord du champ représentant "52,9% de la quantité piégée dans le capteur en limite de champ pendant ces 18 semaines". »

 

Admirez la précision : un chiffre derrière la virgule ! 13.480,8 nanogrammes contre 25.502,9 nanogrammes...

 

Que représentent ces nanogrammes ? Par rapport à la présence dans l'air, et aussi par rapport à la surface des capteurs, sans parler de leur pertinence du point de vue de la santé publique ? D'où viennent-ils et, en particulier, quels traitements ont-ils été effectués dans le champ de pommes de terre ?

 

Toutes ces questions sont sans réponse... à ce stade (rappelons ; ces entités doivent faire le buzz pour prospérer). Mais ce qui importe pour générations Futures, c'est :

 

« En comparaison, les quantités de pesticides retrouvés à 33m des champs sont donc loin d’être négligeables. »

 

Suivi plus loin, en gras, par :

 

« Notre enquête exploratoire présentée dans le présent rapport remet en cause grandement l’efficacité de ces distances [3, 5 et 10 mètres] puisque nous mesurons sur une période de 18 semaines à 11 fois 3 mètres une exposition à une quantité de pesticides encore supérieure à la moitié de celle observée en bordure de champ ! »

 

C'est plus brutal dans le propos de M. François Veillerette rapporté par Vitisphère :

 

« Ces ZNT sont donc clairement très insuffisantes pour diminuer de manière efficace l’exposition des riverains aux pesticides pulvérisés en agriculture. »

 

Suite au prochain « rapport »...

 

 

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