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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Allons-nous connaître une vague d'écoterrorisme ?

26 Mars 2022 Publié dans #Activisme, #critique de l'information

Allons-nous connaître une vague d'écoterrorisme ?

 

Glané sur la toile 924

 

 

(Source)

 

 

Il « ne soutient pas »... il ne dénonce pas, il condamne encore moins... (Source)

 

 

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Il suffit de butiner dans les informations – les vraies, les fausses et les orientées – et de les relier pour conclure que nous risquons vraiment de connaître des temps difficiles.

 

L'attaque d'un train dans le Morbihan et le déversement de 1.500 tonnes de blé sur le ballast causant un préjudice estimé à 2 millions d'euros par la justice devrait être un signal fort. Elle a été médiatisée – oh, pas excessivement, et sans grandes manifestations d'écœurement, de désapprobation et d'indignation.

 

Et aussi sans mise en perspective. Pourtant, cet acte de délinquance s'est produit à un moment où les observateurs réalistes de l'actualité s'interrogent sur les risques de famines et de troubles sociaux – oh, pas en France, nous avons des agriculteurs qui nous nourrissent bien.

 

Pourtant, cet acte odieux – oh, au moins pour les « Anciens » à qui on a dit il y a quelques décennies : « On ne joue pas avec la nourriture ! » – a impliqué la collaboration d'acteurs venant de trois horizons : un « collectif "Bretagne contre les fermes usines" ; Extinction Rébellion, qui se dit mouvement international de désobéissance civile non violente en lutte contre l'effondrement écologique et le dérèglement climatique ; la Confédération paysanne, en principe un syndicat de défense des paysans, devenu de plus en plus un supplétif des mouvements contestataires.

 

On peut ajouter des mouvements et partis politiques qui soutiennent les contestations – c'est le cas notamment des manifestations contre les « bassines », des retenues d'eau dans l'Ouest de la France, entre Loire et Garonne – et, au mieux, « ne soutiennent pas » les actes de vandalisme.

 

 

(Source)

 

 

Mme Emmanuelle Ducros, en charge des questions agricoles à l'Opinion, a été une des rares journalistes à saisir l'évolution d'un phénomène qu'elle suit depuis quelques années. Cela a donné lieu à une série d'articles le 23 mars 2022.

 

 

Une analyse générale

 

C'est : « Activisme: pourquoi l’agriculture est devenue une cible facile ». En chapô :

 

« Elevage, semences, recherche, "agro-industrie"... Les activités agricoles font l’objet d’une lutte croissante de la part de militants qui veulent détruire un modèle qui ne leur convient pas. »

 

C'est une analyse très complète – bien sûr, dans les limites du journalisme –, et nous n'avons que l'embarras du choix pour en citer des extraits :

 

« "Nous notons une intensification des actions, partout en France, constate Arnaud Rousseau, vice-président de la FNSEA, le principal syndicat agricole. La réponse pénale a été, jusqu’ici, quasi-nulle. Les lanceurs d’alerte autoproclamés se sentent pousser des ailes. Pour eux, la radicalité est un moyen efficace d’arrêter le développement de ce qu’ils appellent “agriculture industrielle”, avatar du capitalisme qu’ils veulent abattre. La lutte violente est une référence valorisée.

 

[…]

 

"On voit aussi monter dans les sphères contestataires, dont les réflexions sont portées par la publication mensuelle Socialter, l’idée que la désobéissance civile ne suffit plus et que le sabotage, les actes violents, sont envisageables, poursuit Eddy Fougier. Un des derniers numéros spéciaux s’intitulait d’ailleurs 'L'écologie ou la mort'. Ce mouvement avait émergé avec La Ronce, qui prônait le sabotage dans les supermarchés, à mi-chemin entre ludique et agressivité. Pour les bassines, on en est déjà là.»

 

 

Les variétés et les semences

 

Ici, on est dans le déjà vu : le 15 juin 2021, Mme Emmanuelle Ducros avait publié « Fauchages volontaires: quand la France va-t-elle protéger ses entreprises et sa recherche? », avec en chapô :

 

« Depuis plus d’une dizaine d’années, des activistes pratiquent destructions et saccages de programmes de recherche ou d’entreprises. Sans grandes conséquences judiciaires. »

 

Neuf mois après, c'est « Claude Tabel: "En dix ans, 35 saccages dans le secteur semencier, une seule condamnation symbolique" ».

 

En chapô :

 

« Depuis deux décennies, l’industrie semencière est la cible, en totale impunité, du mouvement des Faucheurs volontaires, qui lui reproche de produire des "OGM cachés". »

 

La mise en route :

 

« Claude Tabel dirige RAGT, une entreprise de production de semences qui compte huit centres de recherche et quatre usines en France. Il est également le président de l’Union française des semences (UFS).

 

Votre entreprise est régulièrement victime d’attaques de la part des Faucheurs volontaires...

 

En vingt ans, j’ai dénombré 24 destructions contre des locaux, des expérimentations ou des champs. J’ai même été séquestré dans mon bureau il y a quinze ans, au moment où il y avait une intense activité contre la recherche sur les OGM, qui était légale. Récemment, nous avons subi une action commando dans nos locaux. Nos sacs de semences ont été éventrés, mélangés, de sorte qu’ils soient inutilisables. »

 

La réponse de la justice ?

 

« Ces effractions et destructions ont-elles des suites pénales?

 

Hélas, très peu. En dix ans, on a recensé 35 destructions. Il y a eu vingt-huit dépôts de plainte. Dans quinze cas, aucun procès n’a eu lieu, parfois au motif que les poursuites pénales n’étaient pas proportionnées au regard du préjudice subi. Ces destructions constituent pourtant une atteinte aux biens privés, tout comme à l’exercice des libertés et d’activités autorisées par la loi.A ce jour, seuls six procès ont été engagés, dont certains sont encore en cours. Le premier, qui s’est tenu de 2012 à 2016, s’est soldé par une condamnation des trois faucheurs, sans que les dommages et intérêts n’aient encore été versés aux victimes à ce jour. Les suivants se sont conclus par des relaxes ou le classement de l’affaire en première instance. »

 

 

Les « bassines »

 

 

Cette réserve d'eau existe depuis une douzaine d'années (Source)

 

 

Ce « syndicat autrefois agricole » a participé à l'attaque du train et soutient la délinquance en matière de variétés et de semences (source)

 

 

(Source)

 

 

Le chapô de « Autour des bassines d’irrigation, un drôle de bouillon de contestation » est assez neutre :

 

« Ces dispositifs de stockage de l’eau agricole suscitent de plus en plus d’oppositions dans le sud-ouest de la France. Plusieurs ont été saccagées. De nouvelles manifestations s’annoncent. »

 

Contentons-nous du début de cet article court. Il décrit l'activisme d'un acteur particulier :

 

« "Vous avez raté le Larzac, le démontage du MacDo de Millau ? Les mobilisations contre la ferme-usine des 1000 vaches ? Vous avez envie de remettre le couvert ? Ne ratez pas le printemps maraîchin du 25 au 27 mars dans les Deux-Sèvres." Avec ces flamboyants souvenirs, la Confédération paysanne, invite, sur Facebook, à trois jours festifs de contestation des bassines agricoles, organisés par le collectif Bassines non merci. La perspective inquiète dans la région où ces réserves d’eau sont nombreuses. »

 

Mais relevons que la Confédération Paysanne a revendiqué le saccage d'une « bassine » à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), en novembre dernier.

 

 

Et on peut ajouter les forêts

 

L'UCFF - Les Coopératives Forestières déplore, outre des menaces de mort à l'encontre de travailleurs forestiers, des dégâts pour plusieurs millions d'euros.

 

 

(Source)

 

 

(Source)

 

 

(Source)

 

 

Mais que fait la police (et la justice) ?

 

Nous sommes peut-être bien entrés dans une période d'écoterrorisme. Sous les yeux de pouvoirs publics bien peu dynamiques et avec une sorte de soutien de certains médias...

 

Le Télégramme rapporte que « Le collectif contre les fermes usines assume pleinement le blocage du train à Noyal-Pontivy »... et que, selon un de ses porte-parole, « à l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune personne n’avait été entendue par la gendarmerie dans cette affaire ».

 

Et le journaleux d'ajouter une sorte d'appel à la compassion : « En revanche, des appels à la haine et des menaces de mort ont été proférés sur les réseaux sociaux à l’encontre des activistes. »

 

 

(Source)

 

 

Post scriptum

 

Mes articles sont interdits de partage sur Facebook, ayant été signalés comme « abusif ». Pour la vidéo de l'attaque du train, pas de problème...

 

 

 

 

Post scriptum 2

 

Dans « Activisme écologique : la frustration des enfants gâtés », M. Jean-Paul Pelras a écrit :

 

« L’indignation suscitée par le déversement de ce train de céréales sera ainsi très vite relayée par le prochain reportage télévisé à charge contre les agriculteurs. »

 

Le mercredi 23 mars 2022, France 3 diffusait « "Où sont passées les hirondelles ?", des pionniers écolos en Auvergne ». Présentation par l'Obs (et sans doute d'autres) :

 

« Si elles n’ont pas encore totalement disparu de nos campagnes, les hirondelles n’en sont pas moins en fort déclin : 40 % se sont volatilisées en deux décennies. En cause, les insecticides utilisés par l’agriculture intensive qui éradiquent les insectes dont elles se nourrissent.

 

[…]

 

Des fantassins écolos qui tentent de pallier les ravages de l’agrochimie

 

[...] »

 

Le mardi 22 mars, Arte aurait dû diffuser « Insecticide - Comment l'agrochimie a tué les insectes ». Le « documentaire », fondé sur une « enquête » de M. Stéphane Foucart, Et le monde devint silencieux – Comment l’agrochimie a détruit les insectes » a été déprogrammé.

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J
On a une explication pour la déprogrammation du doc sur les pesticides sur ARTE?
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A
L'état est laxiste, ou au contraire sans pitié selon les sujet et les lobbies...<br /> Pour facebook j'ai vu cet article.<br /> https://www.numerama.com/tech/349981-une-erreur-de-moderation-facebook-vous-permettra-de-deposer-un-recours.html<br /> pour faire appel
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B
Voilà encore un domaine dans lequel le laxisme de l'état laissera des traces difficiles à effacer.
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