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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le monde a besoin d'un leadership commercial maintenant

3 Février 2022 Publié dans #Economie, #Politique

Le monde a besoin d'un leadership commercial maintenant

 

John Rigolizzo, Jr*

 

 

 

 

Vous souvenez-vous de l'Organisation Mondiale du Commerce ?

 

Ses membres devaient se réunir en Suisse il y a quelques semaines, dans ce que Reuters a appelé « une réunion largement considérée comme un test de la pertinence de l'OMC ».

 

Et puis l'OMC a reporté la réunion sine die.

 

Le coupable, bien sûr, est le nouveau variant omicron du coronavirus, qui est à l'origine d'une nouvelle série de fermetures et de restrictions de voyage à l'échelle mondiale. À Genève, qui devait accueillir les principaux diplomates commerciaux du monde pour l'OMC, des milliers de personnes sont désormais en quarantaine.

 

Ce report peut être compréhensible, mais il est également troublant.

 

C'est en effet la deuxième fois que l'OMC doit reporter l'événement. Il était initialement prévu au Kazakhstan, en juin 2020, à l'époque où la pandémie semblait tout annuler.

 

La conférence ministérielle de l'OMC – son « organe de décision suprême » – a lieu au moins une fois tous les deux ans. Elle offre aux pays l'occasion de réfléchir à des moyens créatifs d'améliorer la circulation des biens et des services par-delà les frontières, dans l'intérêt des producteurs comme des consommateurs.

 

À l'échelle mondiale, les agriculteurs sont très concernés par ces efforts. Ici, aux États-Unis, nous exportons environ un tiers de nos céréales. Et nous ne sommes guère seuls : dans le monde entier, les agriculteurs dépendent d'acheteurs d'autres pays.

 

Les consommateurs sont peut-être les plus grands bénéficiaires, car le commerce international permet de garder les aliments disponibles et abordables. Le blé du Canada permet aux Italiens de fabriquer des pâtes, les avocats du Mexique permettent aux Japonais de déguster du guacamole et les myrtilles du Pérou régalent les habitants de l'Ohio.

 

Depuis 1950, le volume du commerce mondial a explosé, se multipliant par 40. Il a continué à se développer à un rythme rapide depuis 1995, année de la création de l'OMC. L'OMC ne mérite pas tout le crédit de cette croissance commerciale, qui a répandu la prospérité et amélioré la sécurité alimentaire sur toute la planète, mais elle a certainement joué un rôle clé dans cette réussite mondiale.

 

J'ai toujours considéré l'OMC comme un groupe idéaliste, depuis que j'ai assisté à ses premières réunions dans les années 1990. J'étais préoccupé par le fait qu'elle ne disposait pas des outils nécessaires pour faire respecter ses accords commerciaux.

 

Je craignais également que l'adhésion de la Chine en 2001 ne soit une erreur : bien que je pense que nous devions être en mesure de mener des affaires honnêtes, fondées sur des règles, avec la Chine ; l'incertitude permanente qui règne dans ce pays, qui s'éloigne de plus en plus d'une réforme économique fondée sur le marché pour s'orienter vers un rôle accru de l'État, rend cela presque impossible.

 

Malgré cela, j'ai continué à soutenir le programme de l'OMC. Sa mission primordiale en tant qu'organisation commerciale mondiale fondée sur des règles est d'une importance capitale.

 

Aujourd'hui, cependant, le libre-échange est confronté à une crise de légitimité, comme l'a récemment souligné Walter Russell Mead dans le Wall Street Journal : « La libéralisation du commerce, qui est, après la puissance militaire américaine, la force la plus importante liant les Nations du monde dans un ordre libéral, est confrontée à son défi le plus important depuis la Grande Dépression. »

 

Il n'a pas réussi à empêcher la Chine de continuer à enfreindre les règles. En outre, il n'a guère réussi à stopper la montée du protectionnisme, dont le dernier exemple en date est la décision du président Biden, le mois dernier, de doubler les droits de douane sur le bois d'œuvre en provenance du Canada.

 

Dans le monde entier, de plus en plus d'hommes politiques semblent s'attacher à multiplier les obstacles et les défis à un commerce efficace entre les Nations plutôt que de veiller à son épanouissement.

 

La structure de gouvernance de l'OMC, qui exige la coopération de 164 pays membres, est aussi clairement devenue une entrave. Il est déjà difficile pour ces Nations de convenir à l'unanimité des règles commerciales que nous sommes tous censés respecter, et c'est encore plus compliqué et improbable si elles ne peuvent même pas se rencontrer en personne.

 

Si aucune date n'est fixée pour cette importante conférence ministérielle de l'OMC, la volonté et l'engagement nécessaires pour prendre les décisions importantes dont le monde du commerce a besoin de la part de cet organe directeur sont menacés.

 

Je n'ai pas de solution à ce problème – sauf pour dire qu'un peu partout, depuis les salles de pouvoir des capitales mondiales jusqu'aux dîners où les agriculteurs se rencontrent autour d'un café, nous avons besoin de plus de gens pour défendre le libre-échange.

 

Et peut-être même prendre un risque occasionnel en son nom.

 

____________

 

* John Rigolizzo, Jr, agriculteur, New Jersey, USA

 

John Rigolizzo, Jr est un agriculteur de cinquième génération qui produit des légumes frais et du maïs dans le sud du New Jersey. La ferme familiale alimente des marchés de détail et de gros. John fait du bénévolat en tant que membre du conseil d'administration du Global Farmer Network (réseau mondial d'agriculteurs) et a assuré le leadership de la Vegetable Growers Association du New Jersey (association des producteurs de légumes du New Jersey) et du New Jersey Tomato Council (conseil de la tomate du New Jersey). En tant qu'ancien président du New Jersey Farm Bureau, son intérêt et son soutien de longue date au libre-échange ont été confirmés par sa participation à 11 missions commerciales internationales et sa participation à des réunions de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle et à Genève.

 

Source : The World Needs Trade Leadership Now – Global Farmer Network

 

 

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