La Chine promeut la culture d'OGM pour garantir la sécurité alimentaire
Joseph Maina*
Image : Des femmes repiquent du riz dans la province chinoise de Guizhou. Photo : Shutterstock/Grigvovan
Alors que la Chine s'apprête à développer la production de cultures génétiquement modifiées, elle prend des mesures pour contrer les poches d'opposition aux OGM qui ont entravé l'adoption de cette technologie.
Bien que la Chine ait été le premier pays à cultiver des plantes génétiquement modifiées à des fins commerciales, en commençant par du tabac résistant à des virus en 1988, elle a pris du retard par rapport aux autres Nations dans l'adoption de nouvelles cultures. Des variétés de maïs et de riz GM ont obtenu des certificats de biosécurité il y a plus de dix ans, mais n'ont jamais été commercialisées, en partie à cause de l'opposition des consommateurs. Le cotonnier est la seule culture génétiquement modifiée qui soit largement répandue.
Toutefois, la situation semble changer. L'agence de presse Xinhua a récemment rapporté que la Chine s'était engagée dans une feuille de route élaborée visant à renforcer la capacité d'innovation du pays en matière de sciences et de technologies agricoles afin de préserver sa sécurité alimentaire. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une directive quinquennale de développement de l'Académie Chinoise des Sciences Agricoles (CAAS).
Compte tenu de son influence géopolitique, et en particulier de sa contribution croissante au commerce alimentaire mondial, l'adoption des biotechnologies par la Chine revêt une importance économique et environnementale mondiale.
Mais alors même que les agences gouvernementales s'apprêtent à approuver de nouvelles cultures génétiquement modifiées, la Chine doit encore faire face à de violentes attaques anti-OGM propagées par les réseaux sociaux, des campagnes qui ont largement réussi à faire basculer le sentiment et les perceptions du public contre les OGM. La recherche en Chine met en évidence une conflagration d'autres facteurs qui ont entaché les OGM aux yeux du public, notamment un manque de connaissances et de compréhension des technologies GM.
Malgré le sentiment glacial de l'opinion publique, l'État s'est réchauffé aux cultures GM, comme en témoigne la mission confiée par le président aux scientifiques d'accélérer la recherche et l'innovation dans le but de « dominer les points culminants » de la biotechnologie.
Les cultures génétiquement modifiées ont été présentées comme un moyen possible de nourrir la population colossale de la Chine, qui compte un peu plus de 1,4 milliard d'habitants, tout en réduisant la dépendance du pays à l'égard des principaux exportateurs agricoles, en particulier les États-Unis.
Les exportations agricoles américaines vers la Chine se sont élevées à 26,5 milliards de dollars en 2020, marquant une hausse de 40 % depuis 2011 et positionnant la Chine comme le premier marché d'exportation agricole américain pour l'année.
Bien que le soja soit la première exportation agricole de la Chine, il est également sa principale importation en provenance des États-Unis, principalement pour l'alimentation du bétail. La Chine semble vouloir inverser cette tendance en adoptant du soja et du maïs génétiquement modifiés à rendement plus élevé.
Au début de cette année, les deux cultures ont obtenu des certificats de sécurité après un programme pilote de près de 10 ans, ouvrant ainsi la voie à la production commerciale. Les certificats de sécurité pour la production et l'application ont été accordés à quatre variétés de maïs GM et à trois variétés de soja GM qui ont fait l'objet de tests pilotes en 2021, selon l'ISAAA.
Les résultats ont montré que le soja et le maïs GM de la Chine présentent une excellente résistance à des insectes et des herbicides, des rendements élevés et des avantages écologiques, a déclaré Liu Peilei, directeur de la Division de la Gestion de la Sécurité des OGM Agricoles du Département de l'Éducation Scientifique et Technologique du Ministère de l'Agriculture et des Affaires Rurales.
M. Peilei a vanté les avantages du soja génétiquement modifié, notant qu'il suffit d'une seule pulvérisation d'herbicide pour obtenir un contrôle de plus de 95 % des mauvaises herbes. Les mauvaises herbes sont un facteur important de perte de récolte. Le maïs GM a été associé à des augmentations de rendement de 6,7 à 10,7 %.
À ce jour, la Chine a délivré des autorisations pour 11 cultures génétiquement modifiées présentant une série de caractéristiques, principalement la tolérance à des herbicides, la résistance à des parasites et la tolérance à la sécheresse. Ces cultures sont le canola argentin, le cotonnier, le maïs, le papayer, le pétunia, le peuplier, le riz, le soja, la betterave sucrière, le poivron et la tomate, selon la base de données des approbations d'OGM de l'ISAAA.
Compte tenu de l'ampleur de la production agricole en Chine, l'adoption généralisée de cultures génétiquement modifiées devrait également réduire de manière significative l'utilisation mondiale de pesticides. Par exemple, la Chine a bénéficié d'une réduction spectaculaire et durable de l'utilisation des pesticides associés à la culture du cotonnier depuis qu'elle a adopté le cotonnier GM en 1997, relève une étude publiée dans la revue PNAS.
À l'échelle mondiale, l'adoption de cultures GM résistantes à des insectes a permis de réduire les pulvérisations de pesticides de 775,4 millions de kg (8,3 %), selon un article publié dans GM Crops & Food. La technologie GM de tolérance à des herbicides a également contribué à réduire les émissions de gaz à effet de serre en raison de la diminution de l'utilisation de carburant et du travail du sol et de l'augmentation de la séquestration du carbone dans le sol.
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* Source : China pushes ahead with GMO crops to safeguard food security - Alliance for Science (cornell.edu)
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