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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'avenir de l'agriculture vu à travers le pare-brise ou dans le rétroviseur...

21 Février 2022 Publié dans #Politique

L'avenir de l'agriculture vu à travers le pare-brise ou dans le rétroviseur...

 

 

 

 

M. Robert Paarlberg, Sustainability Science, Harvard Kennedy School, a produit un article plutôt d'opinion dans Food Policy, « The trans-Atlantic conflict over “green” farming » (le conflit transatlantique autour de l'agriculture « verte »).

 

En voici le résumé (découpé) et l'introduction :

 

« Points forts

 

  • Le plan F2F [farm to fork, de la ferme à la table] de l'UE visant à développer l'agriculture biologique n'est pas "vert".

 

  • Le rejet des OGM par l'UE n'est pas "vert".

 

  • Les autres ne suivront probablement pas la décision de l'UE de réglementer les cultures CRISPR comme des OGM.

 

 

Résumé

 

Avec sa nouvelle stratégie "de la ferme à la table" (F2F), l'UE prévoit de développer l'agriculture biologique, une approche qui exclut à la fois les produits chimiques de synthèse et la biotechnologie moderne, et elle entend utiliser les politiques commerciales et d'assistance pour poursuivre cette stratégie non seulement sur son territoire mais aussi par le biais d'Alliances Vertes à l'étranger.

 

Les États-Unis, en revanche, mettent l'accent sur les innovations agricoles fondées sur les dernières avancées scientifiques – y compris l'édition de gènes – et organisent actuellement avec d'autres pays une Coalition pour la Croissance de la Productivité afin de contrer l'influence européenne.

 

Les écologistes européens pensent que leur nouvelle vision est "verte", mais à y regarder de plus près, elle ne l'est pas. Si l'agriculture biologique devait remplacer 25 % de l'agriculture conventionnelle en Europe, il faudrait convertir beaucoup plus de terres à la production alimentaire, ce qui aurait des conséquences néfastes pour l'habitat des espèces sauvages et le climat.

 

En rejetant les OGM, l'Europe a causé des dommages à l'environnement en renonçant à réduire l'utilisation d'insecticides et à adopter des pratiques sans labour [no-till]. L'exemple réglementaire de l'Europe a également découragé l'adoption de cultures alimentaires GM dans le monde entier.

 

L'Europe s'expose aujourd'hui à des dommages similaires en classant et en réglementant les cultures génétiquement éditées comme des OGM, mais cette aversion récente pour la science agricole est moins susceptible d'avoir une influence mondiale. »

 

Voici l'introduction :

 

« Une nouvelle dispute transatlantique a éclaté – sur des visions concurrentes de l'agriculture durable. L'UE veut développer la production biologique, une approche qui exclut les produits chimiques de synthèse et la biotechnologie moderne. Les États-Unis vont dans l'autre sens, en adoptant des innovations fondées sur les dernières avancées scientifiques.

 

Ces différences importantes ont fait surface lors d'une réunion des ministres de l'agriculture du G20 en Italie en septembre 2021, où le Secrétaire Américain à l'Agriculture Tom Vilsack a déclaré : "Il est assez clair qu'il y a deux voies différentes, et je pense que les États-Unis et de nombreux autres pays vont suivre une voie [tandis que] l'UE va suivre une voie différente" (Wax et Anderson, 2021). Le Secrétaire Vilsack a ensuite invité les Nations partageant les mêmes idées à se joindre aux États-Unis pour former une nouvelle Coalition pour la Croissance de la Productivité, afin de contrer l'influence de l'UE sur ces questions. En l'espace d'un mois, neuf pays non européens avaient publiquement adhéré à la coalition, dont les principaux exportateurs agricoles que sont l'Australie et le Brésil.1

 

Par le passé, Washington et Bruxelles se sont souvent affrontés en matière de politique agricole, notamment en ce qui concerne les politiques commerciales plus restrictives de l'Europe et ses politiques de sécurité alimentaire plus prudentes, qui peuvent toutes deux limiter les exportations de produits agricoles commerciaux des États-Unis. L'accès au marché est également en cause dans ce nouveau différend, mais il s'articule désormais autour de la durabilité environnementale de l'agriculture.

 

L'Europe souligne avec une fierté légitime ses politiques environnementales, qui sont plus fortes que celles des États-Unis dans de nombreux secteurs. Dans le domaine de l'agriculture, cependant, une histoire de politiques protectionnistes au XXe siècle a laissé la majeure partie de l'agriculture européenne loin d'être verte. Au cours du siècle actuel, les partis verts européens ont sagement tenté de corriger cette lacune, mais ils adoptent aujourd'hui une stratégie défectueuse pour y parvenir. »

 

__________

 

1  Ces neuf pays étaient l'Australie, le Brésil, le Ghana, le Honduras, le Liberia, les Philippines, la République de Macédoine du Nord, la République Dominicaine et les États-Unis. (USDA, 2021b). »

 

Sans grande surprise cet article très informatif s'articule avec les intertitres suivants :

 

« 1. Un secteur agricole européen pas si vert que ça

2. La voie scientifique de l'Amérique

3. Le rejet de la biotechnologie moderne par l'Europe

4. L'Europe et les cultures génétiquement éditées

5. Impacts au-delà de l'Europe

6. Un avenir plus prometteur pour les cultures génétiquement éditées ? »

 

Le dernier point porte sur la réglementation des cultures génétiquement éditées (des nouvelles techniques génétiques), et non sur les perspectives de succès agronomique, économique, nutritionnel, social, etc. des cultures.

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