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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'affaire du rôti du dimanche...

13 Février 2022 Publié dans #Divers

L'affaire du rôti du dimanche...

 

Willi l'agriculteur*

 

 

 

 

Connaissez-vous aussi ces phrases ?

 

  • « Nous ne mangeons plus autant de viande maintenant. »

 

  • « Avant, il n'y avait que le rôti du dimanche. »

 

  • « Je trouve ça grave que les gens jettent autant de nourriture. »

 

C'est devenu des phrases standard auxquelles je ne réagis plus. Tout comme les sondages dans lesquels des réponses similaires sont données. Le comportement d'achat réel est tout à fait différent. C'est ce qu'on appelle le « citizen-consumer-gap », l'écart entre le citoyen et le consommateur.

 

C'est vrai qu'« avant », on ne mangeait généralement un rôti que le dimanche. Mais ce que l'on oublie, c'est que l'on trouvait aussi en semaine des morceaux de l'animal qui ne figurent pratiquement plus au menu aujourd'hui. Essayez donc d'acheter des rognons frais au rayon boucherie d'un supermarché. Il en va de même pour le mou. Pour le foie, on peut encore avoir de la chance. En revanche, le boudin noir est bien présent dans les brasseries typiques de Cologne. Le panhas (une soupe au sang épaissie avec de la farine de sarrasin) est en revanche plus une spécialité régionale. Tous ces plats étaient fréquents dans mon enfance. Surtout après l'abattage à domicile, qui avait alors lieu une fois par an. Résultat : un congélateur plein et beaucoup de saucisses. Tout cela était mangé jusqu'à ce qu'il n'y eût plus rien.

 

Ce que montre ce menu à gauche, c'est ce que l'on appelle aujourd'hui en français moderne « du museau à la queue ». Du museau à la queue, tout est utilisé de l'animal, rien n'est jeté. Dans la réalité, cela n'a toutefois plus lieu. Ce que l'on appelle les « parties non nobles » ou le « cinquième quartier » est exporté. En fait, on importe aujourd'hui du filet de porc alors que nous avons un taux d'autosuffisance de plus de 100 %. C'est absurde !

 

Ce que montre le menu à droite, ce sont des repas végétariens ou végétaliens, qui sont aujourd'hui à la mode. Comme on peut facilement le constater, la plupart des ingrédients sont des aliments qui doivent être importés. Leur culture nécessite souvent une irrigation par aspersion, ce qui fait que ces aliments ont un mauvais bilan climatique. Si ces aliments sont proposés en hiver, la situation est encore pire, car ils proviennent alors de l'hémisphère sud, où c'est l'été.

 

Qu'est-ce que je veux dire avec ce menu ? En fait, je veux seulement inciter à la réflexion. Et à discuter de la raison pour laquelle nous menons ce débat sur la nourriture, qui prend parfois des allures presque religieuses.

 

Mais peut-être est-ce là la raison...

 

Je vous souhaite à tous un bon dimanche.

 

____________

 

 

Source : Die Sache mit dem Sonntagsbraten... - Bauer Willi

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D
"on importe aujourd'hui du filet de porc alors que nous avons un taux d'autosuffisance de plus de 100 %. C'est absurde "<br /> Non, c'est simplement une conséquence des habitudes alimentaires.<br /> Tout comme en France, nous importons du beurre (100 à 150 000 t, quand même), alors que sur le papier, nous sommes exportateurs de lait, en oubliant que le lait n'est qu'un produit brut.<br /> Et cette ignorance fait faire des bêtises par des syndicalistes agricoles, telles que faire la chasse aux importations de produits laitiers auprès des industriels.<br /> C'est tout le charme du commerce.
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